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Sans Tabou: sécurité au centre, l’aveu d’impuissance du Gouvernement

Longtemps considérée comme une question de souveraineté, le gouvernement du Mali a enfin avoué son incapacité à faire face à la crise du Centre, notamment dans la région de Mopti, en appelant la MINUSMA à accroitre sa présence dans cette partie du pays en proie à des violences intercommunautaires qui ont déjà coûté la vie à plusieurs centaines de civils. À la tribune du Conseil de sécurité de l’ONU, ce mercredi 12 juin 2019, le Gouvernement, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a appelé à une présence accrue de la mission de l’ONU dans les localités du centre.

 

Alors que le bilan de la présence de la Mission onusienne pour la stabilisation du Mali (MINUSMA), au Nord, est loin d’être satisfaisant, du moins pour l’opinion malienne, les autorités nationales viennent de solliciter sa présence accrue au Centre où s’est propagée la crise, depuis deux ans. Cette demande intervient une semaine après un nouveau massacre interethnique dans la commune rurale de Sangha, cercle de Bandiagara (Mopti) ayant fait officiellement 35 morts.

« Le gouvernement demande une présence accrue de la Minusma dans les régions du centre du Mali, aux côtés des forces de défense et de sécurité du Mali, afin de contribuer à protéger les populations civiles et leurs biens, afin de mettre un terme au cycle de la violence pour permettre le retour de l’administration et des services sociaux de base », a plaidé le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Tiébilé DRAME avant de soutenir que « cette présence accrue est la condition du succès du processus politique que nous allons engager dans les prochains jours ».

Selon le ministre DRAME, « la crise du centre du Mali est le prolongement de la crise du Nord et une conséquence directe de l’occupation d’une partie de cette région en 2012 et 2013 par les groupes terroristes », qui recrutent notamment dans la population locale.

Comment les Maliens, qui ont, de plus en plus, du mal à accepter la présence des forces étrangères sur leur sol vont accueillir cette nouvelle décision gouvernementale. En tout état de cause, nous pensons qu’elle s’apparente à une démission d’un gouvernement qui ne cesse d’assister impuissant à une succession de drames humains dans la région, malgré les moyens importants mobilisés.

Au préalable, l’émissaire de l’ONU pour le Mali, le Tchadien Mahamat Saleh Annadif, avait souligné : « le cycle infernal de la violence devait être arrêté » afin d’éviter que « chacun ne se fasse justice par lui-même ». Il est nécessaire d’avoir « une accélération de la maîtrise de l’action sécuritaire » notamment dans le Centre, a-t-il ajouté à l’intention du gouvernement.

En sera-t-il ainsi ? C’est en tout cas, le souhait des Maliens qui sont très jaloux de la souveraineté de leur pays.

Par Sidi DAO

Info-Matin

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