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Ressources humaines : LE REAO-MALI ASPIRE A LA QUALITE

Les échanges lors de la rentrée annuelle du Réseau ont permis de poser le diagnostic des difficultés dont souffre le marché de l’emploi et d’esquisser des pistes de solution

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Le Réseau des entreprises en Afrique de l’Ouest a signé sa rentrée annuelle, samedi par un diner gala. L’événement présidé par le ministre de la Promotion des investissements, et du Secteur privé, Mamadou Gaoussou Diarra, s’est déroulé en présence de ses collègues de l’Economie et des Finances, Mamadou Igor Diarra, et de l’Emploi, de la Jeunesse et de la Construction citoyenne, Mahamane Baby. On notait aussi la présence du chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaïla Cissé, qui répondait en sa qualité d’ancien président de la Commission de l’UEMOA. Un parterre de personnalités étaient invitées parmi lesquelles les anciens ministres Salikou Sanogo et Habib Ouane.
Les entrepreneurs ont recouru aux services de l’économiste Koniba Sidibé pour animer un débat sur la problématique des ressources humaines (RH) dans les entreprises au Mali. Les discussions ont permis aux ministres présents de préciser les actions menées, les chantiers en cours et les perspectives d’avenir d’un secteur privé sérieusement malmené par la crise politico-sécuritaire de ces dernières années. Elles ont également offert l’occasion aux acteurs économiques de mettre en exergue d’autres difficultés qui plombent l’essor de notre secteur privé.
Koniba Sidibé a introduit son exposé par l’énoncé de trois indicateurs qui corroborent la problématique des RH dans les entreprises au Mali : les RH comme enjeu majeur pour l’entreprise ; le déficit chronique de RH de qualité comme contrainte majeure pesant sur les performances et le développement des entreprises et le remède au déficit chronique de RH qualifiées.
Au cours des échanges, le conférencier a déploré la focalisation des débats sur la seule problématique de la formation des RH aux dépens d’autres questions essentielles comme l’effectivité du temps réel consacré au travail au sein de l’entreprise. Parlant de la mauvaise qualité des RH, Koniba Sidibé a noté que faute de personnel qualifié local, les entreprises sont parfois amenées à faire recours à des expatriés. Ce qui est parfois mal perçu par des nationaux qui les voient en concurrents. Cette situation est à l’origine de nombre de conflits dans les entreprises. Les raisons de ces conflits sont au tant salariales que culturelles, a-t-il analysé. Koniba Sidibé a, par conséquent, plaidé pour une reprise en main de la formation de la jeunesse, notamment l’implication des entreprises dans l’élaboration des programmes de formation pour résoudre le récurrent problème d’adaptation du produit de l’école aux besoins des entreprises.
Cette analyse a été partagée par ministre Mamadou Igor Diarra qui, outre la formation de la jeunesse, insistera sur le goût du risque de l’entrepreneur. Selon son constat, notre pays se borne à importer. Parfois même des produits qui peuvent être fabriqués sur place. Or la manufacture permet de créer à la fois de la richesse et de l’emploi. Il suffit que nos opérateurs économiques croient en eux-mêmes. Car les ressources sont disponibles avec des banques en surliquidité. Plus de 2 000 milliards Fcfa de dépôts dorment dans les coffres de ces banques. Cette manne autorise les banques à soutenir les projets d’investissements de nos acteurs économiques, a souligné le ministre de l’Economie et des Finances. Le dynamisme de l’activité économique, assure Mamadou Igor Diarra, est une garantie contre l’insécurité et un frein à l’immigration clandestine, qui décime la jeune malienne et africaine dans le Sahara et la Méditerranée.
Le ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et de la Construction citoyenne a, lui, expliqué les projets et les programmes en chantier pour corriger la mauvaise qualité de nos RH. La batterie de réponses mise en place permet à court terme de renforcer la compétence de nos techniciens dans un certain nombre de domaine, a indiqué Mahamane Baby. C’est dans ce cadre que le Fonds d’appui à la formation professionnelle et l’apprentissage (FAFPA), l’un des sponsors de l’événement, propose une démarche nouvelle dans ses relations avec les entreprises.
La FAFPA souhaite qu’à l’avenir, les entreprises proposent des plans de formation assortis d’un budget bancable et non une simple requête de formation comme ils en ont l’habitude, a précisé le directeur du fonds, Mohamed Albachar Touré. Evoquant les activités déjà réalisées en direction des entreprises, il a indiqué que l’institution avait financé en 2014 la formation de 17 900 personnes et plus de 400 projets. Le fonds a aussi conduit plusieurs programmes de suivi-évaluation dans différentes entreprises. Dans l’avenir, le FAFPA envisage de mettre un fort accent sur la qualité de la formation à proposer aux employés des entreprises et l’équipement des centres de formation.
En sus du FAFPA, plusieurs autres structures du département de l’Emploi de la Formation professionnelle, de la Jeunesse et de la Construction citoyenne interviennent pour cerner les besoins et formuler des propositions d’amélioration de l’offre afin de rehausser la qualité des RH. Au premier rang de ces structures : l’Observatoire de l’emploi et l’Institut national d’ingénierie de formation en apprentissage professionnel (INIFAP).
Pour le président du Comité transitoire de la Chambre de commerce et d’industrie, Mamadou Tiéni Konaté, créer des structures n’est pas nécessaire pour agir, on peut redresser les choses rien qu’en changeant de façon de faire.
Le ministre Mamadou Gaoussou Diarra a, pour sa part, invité les entreprises à aider le gouvernement à les aider en faisant de propositions concrètes d’amélioration de la situation. Le gouvernement est déterminé à stimuler le secteur privé, créateur d’emplois et de richesses mais à condition que celui-ci accompagne les réformes du gouvernement pour permettre à ce secteur privé d’être plus compétitif et de booster la croissance et l’emploi.
Auparavant le député Soumaïla Cissé avait pointé des travers sociaux comme freins à l’amélioration de la qualité des RH. Le relationnel empiète beaucoup sur la compétence, constate-t-il, et l’employé est choisi non en fonction de ce qu’il sait faire, mais à cause des relations de ses ascendants dans la sphère décisionnelle des entreprises. Avec un tel réflexe, l’on ne saurait faire la promotion à la performance dans les entreprises. Mamadou Igor Diarra a embrayé sur cet argumentaire en préconisant de changer de mentalité pour améliorer la compétitivité des entreprises.
Les contributions de l’ambassadeur du Maroc et de son homologue du Canada ont été particulièrement appréciées du public.
A. O. DIALLO

source : L Essor

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