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Ramadan 2020 : La pomme de terre se fait rare

Pendant le mois de carême musulman beaucoup de familles soignent leur alimentation. Elles dépensent plus que de coutume pour relever la qualité du repas servi après la rupture du jeûne. Durant le mois de ramadan, l’abstinence alimentaire est de rigueur. Le fidèle musulman se prive de nombreux besoins naturels et nécessaires,du lever au coucher du soleil. Après de longues heures de privations alimentaires l’estomac supporte mieux les fruits, les légumes, les tubercules, que les repas copieux. N’est-ce pas la raison qui pousse les fidèles maliens à se ruer sur la pomme de terre ? Elle est privilégiée pour ses vertus et son goût délicieux.

 

à Bamako, le marché de Medine est la bourse réservée au précieux tubercule : la pomme de terre. Ici fourmillent clients, grossistes, détaillants. La détaillante Safi vend des pommes de terre et des oignons au marché de la cité à Sirakoro. Chaque samedi, elle part s’approvisionner au marché de Médine. Elle revend le kg de la pomme de terre à 400 Fcfa . Les acheteurs trouvent que c’est cher. Mais ils n’ont pas le choix, compte tenu du fait qu’ils vivent dans les quartiers périphériques. Elle arrive à écouler 3 à 4 sacs pendant la semaine. `Le bénéfice est de 50 Fcfa/ kg. Le produit est apprécié et s’écoule rapidement.

Le commerçant Ba Vieux occupe un des magasins du marché au bord de la voie principale qui traverse l’aire de vente. Il écoule tous les jours un gros stock pour satisfaire les demandes de ses clients. Cet après-midi le grossiste écoute attentivement une cliente qui se plaint de la cherté de la pomme de terre. « Depuis que le mois de ramadan a commencé, ce produit est devenu cher. Le prix ne fait que flamber, dit-elle. Au début, c’était 250 Fcfa le kg. Il y a eu la période de 300 Fcfa. Maintenant, le kilo vaut 350 Fcfa», déplore la cliente.

Le commerçant explique les raisons de la hausse du prix. La pomme de terre locale tend vers la fin de saison. Ce tubercule est récolté au cours du premier trimestre de l’année. à l’heure actuelle, la quantité qui peut couvrir les besoins n’arrive pas sur le marché. Cette cherté ne nous arrange pas. La mévente n’arrange pas les affaires d’autant plus que ce tubercule est difficile à conserver. II ne tire pas un grand bénéfice de cette activité. C’est la rapidité d’écoulement sur le marché qui compte.

Le vendeur Ba Vieux s’approvisionne à Kati, Sikasso, Markala . Dans ces zones, soutient-il, nous avons des cultivateurs auprès desquels nous passons des commandes avant la récolte. Le produit est cédé à des prix différents selon la production des saisons. Un moment, les vendeurs se sont frottés les mains. Aujourd’hui, ils craignent une baisse des achats sur leur marché . Bientôt la pomme de terre importée du Maroc et du Sénégal envahira le marché. Le kg grimpera pour se stabiliser entre 500 et 700 F cfa. « En ce moment, les gens n’achètent plus une grande quantité. Les jeûneurs se contentent de 2 kg, voire 4 kgs».

L’utilisation d’une grande quantité d’engrais altère le goût et rend difficile la conservation de la pomme de terre. L’absence de conditions idoines de conservation est un problème chronique. Les conséquences de ce casse-tête sont visibles. La canicule actuelle complique la tâche, se plaint Ba vieux. Il est obligé d’étaler son stock pour retarder la détérioration. Quand la pomme de terre commence à se faner, elle finit par pourrir.

Maïmouna Sow

Source : L’ESSOR

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