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PAU: le sommet de la certification

Convoqué à l’initiative du Président MACRON, le sommet de Pau, initialement prévu pour le 16 décembre 2019, réunira aujourd’hui autour de lui les 5 chefs d’État des pays du G5 Sahel. Quelles sont les certitudes et la presqu’incertitude ?

 

Il faut tout d’abord rappeler le contexte de ce sommet reçu par une large partie des opinions nationales comme une ‘’convocation’’ de nos présidents par le Président français. C’est en effet suite à une série de manifestations réclamant le départ des Forces internationales que le Président MACRON, excédé et certainement affecté par la mort de 13 soldats français au Mali, a exigé des présidents des pays du G5 Sahel une ‘’clarification’’ de leur position quant à l’opportunité de la présence de la Force française de lutte anti-terroriste. Interrogé lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet de l’OTAN, à Watford, près de Londres, le chef d’État français a conditionné mercredi 4 décembre, le maintien de l’Opération française Barkhane à une clarification des pays du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) concernant la présence militaire de la France dans la région sur fond de «mouvements anti-français».

«J’attends d’eux qu’ils clarifient et formalisent leurs demandes à l’égard de la France et de la communauté internationale», a déclaré le chef de l’État français. «Souhaitent-ils notre présence et ont-ils besoin de nous ? Je veux des réponses claires et assumées sur ces questions.»

Au moment où des réponses claires sont attendues, il y a une certitude : les 5 Présidents des pays du G5 Sahel répondront présents à l’invitation du chef de l’État français. Ce, d’autant plus que ce dernier a eu la délicatesse de dépêcher auprès d’eux des émissaires pour formaliser son invitation. Il s’est personnellement rendu à Niamey, au Niger, le 22 décembre dernier.

Mais, le niveau de dégradation de la situation sécuritaire au Sahel peut également sous-tendre une telle rencontre avec un partenaire historique.

Une autre certitude : les chefs d’État des pays du G5 Sahel plaideront pour le maintien de l’Opération anti-terroriste Barkhane. Le sommet extraordinaire du G5 Sahel tenu à Niamey le 15 décembre 2019 n’a fait aucun mystère de la position de nos chefs d’État : le maintien de l’Opération Barkhane, mieux, l’intervention d’une coalition internationale comme c’est le cas ailleurs pour venir à bout des Groupes armés terroristes (GAT). Le Président Mahamadou Issoufou a déclaré en effet à l’ouverture : « dans le combat contre le terrorisme, nous avons besoin non pas de moins d’alliés, mais de plus d’alliés ».

L’hôte du sommet, a par ailleurs mis en exergue : « les terroristes sont devenus de véritables professionnels de l’art de la guerre. Tout en s’attaquant à nos troupes, les terroristes s’attaquent parallèlement à nos alliances. Ils s’activent à trouver des relais au sein des populations pour dénoncer la présence des troupes alliées à nos côtés. Ceux qui jouent leur jeu de manière consciente ou inconsciente, ceux qui s’attaquent à nos alliances, ceux qui veulent les défaire font pire que de s’attaquer aux hommes. L’opinion publique de chacun de nos pays doit en prendre conscience ».

Le Président en exercice du G5 Sahel, Roch Marc Christian KABORE, a abondé dans le même sens : « c’est le moment, pour nous, de réitérer notre engagement à combattre, par tous les moyens, ce fléau et de lancer un appel à la mobilisation générale de nos énergies, ainsi que celles de la communauté internationale (…) ».

Au plan national, le Président IBK, dans son adresse à la Nation s’est montré en parfaite phase avec ses homologues du G5 Sahel : « nous n’avons aucune raison de nous glorifier d’avoir tendu la main à ceux qui en avaient besoin hier. Mais nous n’avons non plus aucune raison de mordre la main de ceux qui nous tendent les leurs aujourd’hui. L’humilité et la gratitude sont des valeurs de ce pays ; il importe de ne pas les jeter dans le torrent de nos récriminations personnelles ».

Ainsi, pour la ‘’clarification’’ attendue par le Président MACRON, l’on ne devrait s’attendre à aucune surprise.

Alors quel pourrait être l’enjeu de ce Sommet de Pau qui fait tant jacasser dans certains milieux ? Une phrase prononcée par le Président Roch Marc Christian KABORE lève un coin du voile : « cette alliance que nous devons avoir doit se faire en toute responsabilité, en toute bonne coopération, dans LE RESPECT DES UNS ET DES AUTRES ».

La presqu’inconnue est le contenu que les chefs d’État du G5 Sahel donnent au « RESPECT DES UNS ET DES AUTRES ». Presqu’inconnue, parce que les chefs d’État africains du G5 Sahel ne peuvent et ne doivent nier la pluralité d’opinions dans nos pays comme c’est le cas en France au sujet des la réforme des retraites depuis plusieurs semaines. Ils ne peuvent par conséquent censurer l’expression plurielle de l’opinion qui reste une des valeurs démocratiques. Cela doit être ‘’clarifié’’ à Pau.

Un autre enjeu, c’est évidemment la mobilisation générale pour vaincre les barbaries qui endeuillent nos pays au quotidien. Une bonne coopération avec la France, dans ce sens, ne serait nullement de trop, au contraire.

Pour le reste, les arcanes du pouvoir dicteront les ‘’clarifications’’ qui s’imposent.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : Info-Matin

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