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Oumou Sangaré : « J’encourage les malien.ne.s à renouer avec les croyances ancestrales ».

Cette semaine dans La Potion, une véritable icône africaine : Oumou Sangaré ! À l’occasion de la sortie de Timbuktu, nouvel album à paraître le 29 avril, la diva malienne se dévoile sous un jour inédit au micro de Jeanne Lacaille, des cérémonies des chasseurs donso à sa fascination pour les vibrations mystiques de Bob Marley.

 

“Je ne voulais même pas enregistrer un disque” dira Oumou Sangaré au sujet de Moussolou, son premier enregistrement studio en 1989. Pourtant, trois décennies et douze albums plus tard, la chanteuse rayonne comme une voix cardinale du Mali et du continent africain, une star internationale, une femme d’affaires accomplie et une sœur de luttes dont l’intégrité, la constance et la liberté de ton demeurent éminemment respectées. En deux mots comme en mille : Oumou Sangaré, une artiste majeure qui inspire aujourd’hui Aya Nakamura, Beyoncé ou encore Alicia Keys avec laquelle elle a chanté en duo pour la télé américaine. True story !
Amazone d’Afrique, Oumou Sangaré est aussi une véritable ambassadrice pour le Wassoulou, poumon forestier du sud-ouest du Mali, dont elle soutient l’économie en y orchestrant notamment l’ambitieux FIWA Festival depuis 2017. Le Wassoulou, c’est aussi la région de sa mère, “une battante” à laquelle elle rend hommage en s’exprimant en wassoulou n’ke et en chantant les rythmes de la région, hérités pour partie des rituels ancestraux des chasseurs donso. Si elle ne trahit jamais ses fondations ni ses racines, Oumou Sangaré est une femme de son temps, en témoignent sa collaboration afro-house avec le duo Synapson en 2017 ou le disque Mogoya paru la même année, dont les synthés pop et les guitares psychédéliques croisent le beat avec les rythmes du regretté Tony Allen – réédité en version acoustique il y a deux ans.

Et puis il y a eu la pandémie, pendant laquelle Oumou Sangaré s’est retrouvée coincée, en exil, aux Etats-Unis. Là, la diva malienne s’est arrêtée et s’est retrouvée seule pour la première fois depuis 30 ans. Le résultat de cette introspection un peu contrainte, c’est un nouvel album intitulé Timbuktu, en hommage à la ville aux 333 saints, ville du nord du Mali malmenée par les attaques djihadistes depuis quelques années. Timbuktu, c’est donc un disque introspectif, féministe, militant comme toujours et résolument blues, qui met en dialogue les instruments traditionnels du Mali avec les guitares du blues américain, petites filles des instruments d’Afrique de l’Ouest qui ont suivi comme des milliers de personnes les routes de l’esclavage.

Source : Radio Nova
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