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Liberté de la presse: le tableau s’assombrit

Aujourd’hui 3 mai 2017, notre pays à l’instar de la communauté internationale, célèbre la Journée mondiale de la Liberté de la Presse. La Journée mondiale de la liberté de la presse permet de célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse, d’évaluer la liberté de la presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leur profession. Cette année, les organisations de défense des droits de l’homme tirent la sonnette d’alarme, tant la carte de la liberté de la presse dans le monde s’obscurcit. L’indice de référence calculé par RSF n’a jamais été aussi élevé, ce qui signifie que la liberté de la presse n’a jamais été aussi menacée. Regard critique sur la situation !

siege maison presse journaliste

Selon Reporter sans frontière (RSF), en 2017, trois nouveaux pays font leur entrée dans les bas-fonds du Classement : le Burundi (160e, -4), l’Égypte (161e, -2) et le Bahreïn (164e, -2). Ils sont désormais ainsi, 21 pays classés « noirs », à travers le monde, c’est-à-dire où la situation de la presse est considérée comme « très grave ». Cinquante-et-un pays (contre quarante-neuf l’an dernier) sont en « rouge », cela signifie que la situation de la liberté de l’information y est considérée comme « difficile ». Au total, près des deux tiers (62,2 %) des pays répertoriés ont enregistré une aggravation de leur situation. Ainsi, l’indice mondial, à 3719 points l’an dernier, s’inscrit cette année à 3857 points, soit une détérioration de 3,71 % et de 13,6 % par rapport à la situation de 2013.

Le paradoxe
RSF a rendu public, le 20 avril dernier, son « Classement mondial de la liberté de la presse 2017 ». “Médias Bashing “ : conflits d’intérêts, lois liberticides, ce sont là les grandes lignes du rapport tirant la sonnette d’alarme sur la situation de la liberté de la presse qui continue de subir des entorses à travers le monde, surtout dans les pays brandis comme des modèles.
Dans le classement, sur 180 pays, six ans après avoir occupé la 1re place, la Finlande a été détrônée par la Norvège à cause de pressions politiques et de conflits d’intérêts, note le rapport 2017 RSF. Même dans les pays qui, chaque année, publient des rapports sur les droits de l’homme où ils distribuent les bonnes et les mauvaises notes au monde entier, la liberté de l’information est mise à mal, notamment à travers l’obsession de la surveillance et le non-respect du secret des sources. Comme c’est le cas aux États-Unis (43e place) où l’arrivée au pouvoir de Donald J. Trump a mis en branle le « média bashing », le dénigrement à l’encontre des médias et fait basculer le monde dans « l’ère de la post-vérité, de la désinformation et des fausses nouvelles».
Le même constat vaut pour le Royaume-Uni qui arrive à la 40e place (-2 points).
En France (39e place), le problème qui se pose est celui de l’indépendance des journalistes, à cause du risque de conflits d’intérêts, avec des propriétaires de médias qui pèsent sur les contenus éditoriaux, déplore le rapport.
En Afrique où il est devenu une coutume de couper Internet lors des élections et des mouvements sociaux, la situation n’en demeure pas moins inquiétante. Même si le classement indique que le score de l’Afrique a évolué de 10,4 %.
Sur notre continent, après le départ de ‘’l’autocrate Yaya Jammeh’’, la Gambie gagne 2 points et remonte dans le classement à la 143e place.
Sur ce rapport, notre pays, le Mali, occupe la 116e place après le Niger et le Burkina Faso.

La presse malienne au cœur du combat
La Journée de la liberté de la presse est commémorée, dans notre pays, depuis son institution en décembre 1993 par l’Assemblée générale des Nations Unies, par la Maison de la presse, à travers des semaines thématiques animées par des experts du domaine. Comme à l’accoutumée, plusieurs activités sont au menu, des conférences-débats, formations, des regards croisés et des partages d’expériences entre professionnels, le tout finit en beauté par une soirée gala.
Pour rappel, le 3 mai a été proclamée Journée mondiale de la liberté de la presse par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, suivant la recommandation adoptée lors de la vingt-sixième session de la Conférence générale de l’UNESCO en 1991. Ce fut également une réponse à l’appel des journalistes africains qui, en 1991, ont proclamé la Déclaration de Windhoek sur le pluralisme et l’indépendance des médias.
La date du 3 mai permet d’informer les citoyens sur les atteintes portées à la liberté de la presse. Dans des dizaines de pays à travers le monde, des publications sont censurées, condamnées, suspendues ou tout simplement n’ont plus le droit de paraître, alors que des journalistes, des rédacteurs en chef et des éditeurs sont harcelés, attaqués, détenus ou même tués. La Journée sert aussi de rappel aux gouvernements sur la nécessité de respecter leurs engagements en faveur de la liberté de la presse, de moment de réflexion pour les médias professionnels sur les questions relatives à la liberté de la presse et à la déontologie, de soutien pour les médias qui font l’objet de restrictions ou dont la liberté d’expression est muselée.
Clé de la bonne gouvernance
La liberté de l’information est une liberté fondamentale et un droit humain, intrinsèquement liée à la liberté d’expression. Le droit de chercher, recevoir et partager de l’information est englobant et définit le degré d’ouverture et de transparence au sein de la société. Toute limitation quant à la transmission des communications influence la réception de celles-ci et vice versa. La liberté de l’information peut généralement être définie comme le droit d’accéder à l’information détenue par les instances publiques et est propice à la mise en place de démocraties participatives, d’un développement durable, ainsi qu’une bonne gouvernance, sous la surveillance du public et la supervision d’acteurs (non) gouvernementaux. En ce sens, le journalisme a un rôle majeur à jouer. La mise en application de la liberté de l’information pose la question de savoir si les lois sont bien connues, en termes de forte sensibilisation du public ; si les requêtes sont traitées de manière efficace, si les demandeurs doivent s’acquitter de frais élevés ; et si l’information est publiée automatiquement ou seulement sur demande. Un autre problème est que même dans les pays où des lois et des dispositions légales existent en ce qui concerne la liberté de l’information, les journalistes peuvent avoir des difficultés à accéder, comprendre et par conséquent utiliser les données ou informations brutes. Actuellement, environ 90 pays ont adopté une législation relative à la liberté de l’information.

À l’ère du numérique
La liberté d’expression est un droit d’une grande importance pour d’autres droits, ainsi que pour un développement durable. Elle fait partie, avec l’accès du public à l’information, d’un objectif plus large (numéro 16), qui est de : « Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes aux fins du développement durable, assurer l’accès de tous à la justice et mettre en place à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes ». La liberté de la presse et la sécurité des journalistes lui étant affiliée, influencent directement l’environnement informationnel auquel le public a accès. Inversement : plus le public a accès à l’information, plus le respect des libertés fondamentales, y compris de la sécurité des journalistes, est grand. Ces perspectives se développent grâce à l’émergence de l’ère du numérique. Alors que l’information et le droit à l’information deviennent de plus en plus nécessaires au développement durable, la sécurisation de la liberté de la presse et la garantie d’une sécurité des journalistes se révèlent d’une importance croissante.

Par Sidi Dao

 

Source: info-matin

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