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Koro : Le trafic toujours bloqué sur la RN 15

Depuis le sabotage du pont de Bih sur la route nationale 15 (RN15) entre Koro et la frontière avec le Burkina Faso, le trafic routier est interrompu entre les deux pays à partir de Koro. Cette route qui est la principale voie de ravitaillement de toute la Région de Mopti est fermée depuis plus de 7 mois, rendant pratiquement
impossible les échanges commerciaux entre les localités situées de part et d’autre de la frontière.

 

Et la situation n’est pas sans conséquence pour les populations qui se retrouvent privées de nombreuses marchandises, notamment les denrées alimentaires. Les commerçants, les transporteurs, les transitaires et les voyageurs, chacun, à son niveau souffre des effets néfastes de cette situation. A.G, le président du syndicat des transporteurs routiers de Koro se lamente : «nous ne savons plus à quel saint se vouer. Nous avons tapé à toutes les portes, en vain».

Selon lui, toutes les autorités du pays sont informées de l’interruption du trafic sur ce tronçon depuis plus de 7 mois. «Un moment, on avait eu un peu d’espoir quant à la reprise du trafic avec le début des travaux de réparation du pont.

Malheureusement, les terroristes ont piégé le site du chantier avec une mine qui a fait des victimes parmi les travailleurs de l’entreprise chargée de la réparation du pont. Depuis cette attaque, les travaux sont arrêtés», a expliqué le responsable syndical. Aujourd’hui, les seuls moyens de transport opérationnels entre le Mali et le
Burkina Faso à partir de Koro sont les tricycles communément appelés «Katakatani». Ce sont eux qui assurent le transport des marchandises et des personnes dans des conditions souvent très dangereuses. Le prix du billet entre Koro et Ouahigouya au Burkina Faso qui était de 2.500 Fcfa oscille aujourd’hui entre 4.500 à 7.000 Fcfa. M. S est propriétaire de tricycle et fait la navette entre Koro et Ouahigouya. Il explique que son business marche bien, même s’il est conscient du danger que courent les usagers du tronçon. «On n’emprunte pas la RN15, nous passons par des pistes rurales entre les villages. Dès fois, nous croisons des hommes armés. Au début ils ne s’opposaient pas, mais maintenant, ils n’acceptent plus de voir les hommes et les femmes ensemble dans un même tricycle.

Emprunter ce trajet pour un homme sans être conducteur de tricycle est très dangereux, il y a plusieurs groupes armés et certains sont hostiles à la présence
des hommes dans la forêt», témoigne notre interlocuteur. Cette solution alternative de voyager avec les tricycles risque de s’arrêter aussi avec l’arrivée de  l’hivernage. En effet, il y a des zones marécageuses et des rivières qui rendent impossible le trafic pendant la saison des pluies.

À cause de l’interruption du trafic, la douane et les services de transit sont au chômage technique. Y. O. un transitaire explique que face à la situation qui perdure, son service a trouvé une alternative, en délocalisant le Bureau à Bénéna dans le Cercle de San. Même si avec le temps les populations commencent à s’adapter peu à peu à la situation, force est de reconnaître que l’interruption du trafic touche tous les secteurs et entraîne la hausse du prix de certaines denrées. Aussi, plusieurs personnes se retrouvent aujourd’hui au chômage et il y a une baisse de recette pour les services des douanes et des impôts. Les populations de Koro ne savent
plus où mettre la tête et attendent avec impatience la reprise du trafic sur ce tronçon, ô combien important pour les localités situées de part et d’autre de la frontière.

Moussa NIANGALY
Amap-Koro

Source : L’ESSOR

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