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Inauguration du tribunal de grande instance de Ségou : “…Pour que le plumage puisse ressembler au ramage”

Ségou a désormais son tribunal de grande instance relevant de la Cour d’appel de Bamako. Cette juridiction a été inaugurée le lundi 14 octobre 2019 par le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Garde des sceaux, Me Malick Coulibaly, en présence du gouverneur de Ségou, Biramou Sissoko et du chef de la Délégation de l’Union européenne, Barth Ouvry, et d’une foule nombreuse.

D’un coût total de 662 621 882 Fcfa et financée par l’Union européenne, l’infrastructure est composée de 11 bureaux au rez-de-chaussée, 16 bureaux à l’étage, 3 salles d’audience, 2 salles de délibération, 2 salles pour les témoins (hommes et femmes), 2 salles pour les détenus (hommes et femmes), des locaux techniques, des toilettes internes et externes.

Avant de procéder à l’inauguration de ce joyau par la coupure symbolique du ruban, Me Malick Coulibaly, le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Garde des sceaux, a exprimé sa gratitude à l’Union européenne dont l’appui, dans le cadre du 10e FED, a permis la réalisation des infrastructures modernes avec des commodités, pour le compte des juridictions du pays pour un coût total de 4 283 170 443 Fcfa. Ces réalisations ont concerné les tribunaux de Grande instance de Ségou (qui a coûté 662 621 882 Fcfa), de Sikasso, de Koutiala (643 967 733 Fcfa), de Kignan, de Bla, de Tominian, de Bafoulabé, de Nioro du Sahel, tous logés désormais dans de nouveaux palais de justice. Il a signalé que toutes ces infrastructures seront équipées en mobilier de bureau et en matériel informatique avec une dotation en ouvrages juridiques pour une enveloppe globale estimée à environ 850 millions Fcfa.

Aux dires du ministre, en termes de niveau d’investissement dans le domaine des infrastructures du secteur de la justice, le nouveau palais de justice de Ségou occupe la 3e place après la Cour suprême et la Cour d’appel de Bamako. “Par ce financement de l’Union européenne, le ministère de la Justice et des Droits de l’homme a franchi un pas important dans la mise en œuvre de la nouvelle carte judiciaire dont l’une des conditions reste la construction de nouveaux palais pouvant accueillir les personnels judiciaires nécessaires au fonctionnement des nouvelles juridictions. La qualité des travaux réalisés et la valeur des réalisations peuvent nous permettre d’affirmer, sans risque de nous tromper, que ces investissements sur le 10e FED font partie des plus gros investissements pour le secteur de la justice, ces 5 dernières années”, a-t-il souligné.

“Les acteurs de la justice

doivent œuvrer inlassablement pour que de ce beau Palais de Ségou sorte des bonnes décisions de justice, pour que le plumage puisse ressembler au ramage”

Pour le ministre Malick Coulibaly, la justice est d’abord un cadre. Et l’accent doit être mis sur les infrastructures. Car, a-t-il estimé, “l’état de délabrement de la juridiction en dit long sur la qualité des décisions de justice. Et la majestuosité du Palais de justice participe de l’impérium du juge. Grand merci à l’Union européenne pour ce cadre magnifique”. Il a exhorté les acteurs de la justice à œuvrer inlassablement pour que de ce beau Palais de Ségou sorte des bonnes décisions de justice, pour que “le plumage puisse ressembler au ramage”. Parce que, selon lui, le cadre ne suffit pas ! La justice est aussi un état d’esprit fait de redevabilité, un état d’esprit fait d’éthique et de conscience professionnelle.

“Du bon accueil des justiciables à la ponctualité au service en passant par la rédaction des factums dans des délais raisonnables et la célérité dans le traitement des dossiers, rien ne doit être négligé dans le bon accomplissement du service public de la justice. Les valeurs de conduite liées à la déontologie et à l’éthique doivent constituer des garde-fous pour éviter des excès et des abus de toutes sortes qui déshonorent les professions judiciaires et expliquent, en grande partie, le fossé existant entre la justice et les justiciables. La justice, c’est la paix ! La paix, c’est la justice ! J’exhorte également les différents responsables, aussi bien au niveau des juridictions concernées qu’au niveau du département, à prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’entretien régulier des bâtiments”, a-t-il conseillé.

Le Ministre a exhorté l’Union européenne à faire en sorte que le Programme d’appui à la justice II (PAJIM II) puisse être la consolidation des acquis du PAJIM I. Il a promis que le soutien aux infrastructures demeure une priorité des plus pressantes de son département. Pour le Ministre, l’assurance de l’inauguration du Palais de justice de Ségou, au-delà de la symbolique, constitue un événement qui entre en droite ligne de la vision imprimée par le président Ibrahim Boubacar Kéita pour une justice totalement débarrassée de palais délabrés, exiguës, insalubres, ternissant l’image de l’institution judiciaire et offrant un spectacle désolant à la fois pour ceux qui ont la charge d’y rendre la justice et ceux pour qui cette justice est rendue.

“En clair, il s’agit d’une justice revalorisée dans son environnement et dans son organisation afin qu’elle soit dans des conditions de rendre un service public de qualité. C’est la raison pour laquelle le chef de l’Etat a instruit le gouvernement d’engager des moyens conséquents par l’élaboration d’une Loi d’orientation et de programmation pour le secteur de la Justice qui sera examinée très prochainement par le Conseil des ministres. C’est pour dire que les efforts du gouvernement vont se poursuivre dans le sens de l’amélioration des conditions de travail et de vie des personnels judiciaires”, a-t-il indiqué. Il a espéré la poursuite de la belle coopération entre le Mali et l’Union européenne.

Bart Ouvry (chef de la Délégation de l’Union européenne) : “Notre appui sera constant car la justice, c’est la stabilité pour le rétablissement du contrat social entre les citoyens et l’Etat. J’espère que le nouveau Palais répondra à cette attente des citoyens”

Auparavant, le chef de la Délégation de l’Union européenne, Bart Ouvry (qui participait à son premier événement après son accréditation en tant qu’ambassadeur de l’Union européenne auprès du Mali) a salué l’attachement du ministre de la Justice Malick Coulibaly à trois piliers qui augure de la stabilité de l’Etat malien et dont le département de la Justice joue un rôle essentiel. Il s’agit, selon lui, de la démocratie, des Droits de l’Homme et de l’Etat de droit. Il a salué le partenariat de l’Union européenne avec l’Etat malien qui compte par l’engagement de l’Etat et du gouvernement malien. “Notre préoccupation est l’amélioration de l’accès à la justice. C’est une préoccupation forte du gouvernement malien partagée par l’Union européenne. Parce que les trois piliers de l’Etat sont des valeurs fortes de l’Union européenne, de l’Etat malien et de l’Union africaine. Ce sont des valeurs universelles”, a-t-il dit.

D’après lui, la construction des Palais de justice contribue à l’opérationnalisation de toute la carte judiciaire du Mali. Et cela dans le but d’aboutir à un système de justice accessible, efficace et performant. Et cela a la conviction de rétablir le contrat social entre le citoyen malien et l’Etat qui peut être le garant de la justice. Il a demandé au ministre de la Justice une bonne gestion des ressources humaines nécessaires des magistrats, des greffiers, des auxiliaires de justice pour qu’ils se dédient à leurs tâches. “Le Palais de justice ne sera fonctionnel et opérationnel qu’une fois que les ressources humaines nécessaires de magistrats, des greffiers, des auxiliaires de justice seront en place et pourront se dédier à leurs tâches. Le rôle de l’Union européenne est un appui à la justice malienne. Mais le gouvernement malien doit faire en sorte que les Maliens aient leur sort en main pour amener le changement d’une justice plus performante. Car le secteur de la justice est un pilier de l’Etat de droit qui protège le citoyen dans l’exercice de sa liberté. Notre appui sera constant car la justice, c’est la stabilité pour le rétablissement du contrat social entre les citoyens et l’Etat. J’espère que le nouveau Palais permettra de répondre aux attentes des citoyens”, a-t-il déclaré.

Pour Nouhoun Diarra (le maire de la Commune urbaine de Ségou), la construction du Palais de justice de Ségou constitue un motif de satisfaction et une opportunité d’inviter les professionnels de la justice de Ségou à mériter la confiance placée en eux car ce sont des centaines de millions de Fcfa qui ont été injectés pour leur offrir un cadre approprié de travail dont l’objectif recherché est une justice saine, équitable au service du peuple.

Il a invité l’ensemble des travailleurs et des usagers de la justice à faire bon usage de l’infrastructure qui donne un nouveau visage à la ville de Ségou qui en avait tant besoin. Il a fondé l’espoir sur une justice résolument engagée dans la promotion la paix, la stabilité sociale et le développement.

Après ce cérémonial, le ministre de la Justice a procédé à la coupure symbolique du ruban avant de visiter les installations.

Siaka DOUMBIA – envoyé spécial

Source: Aujourd’hui-Mali

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