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HCME : Ni institutionnel, ni constitutionnel

Le Haut conseil des Maliens de l’extérieur (HCME) est dans tous ses états depuis que l’autre association de défense des Maliens de l’extérieur, à savoir le CSDM (Conseil supérieur de la diaspora malienne), à force de se battre pour la représentation des Maliens de la diaspora à l’Assemblée nationale, a fini par avoir gain de cause, avec le report officiel des élections législatives de 2018.

«Au regard de tout ce qui précède, nous avons estimé pertinent de devoir rencontrer les institutions maliennes, en rapport avec le sujet. Parmi celles-ci, les Commission des affaires  étrangères et des Lois de l’Assemblée nationale, le Médiateur de la République. Tous ont estimé recevable notre demande de faire élire des Maliens issus de la diaspora à l’Assemblée nationale. Cette unanimité de vision a permis que notre préoccupation figure dans la loi qui a rendu possible le projet de révision constitutionnelle avortée », avaient alors déclaré les responsables du CSDM, qui sollicitent 10% des sièges de députés à l’Assemblée nationale. « C’est pourquoi nous demandons au gouvernement du Mali et à l’ensemble des partenaires institutionnels d’user de toutes leurs influences pour parvenir à un report pur et simple des élections législatives, afin de prendre en charge la représentation des Maliens de l’étranger comme députés ». Chose faite aujourd’hui, et depuis, c’est le branle-bas de l’autre côté où subitement on sort du sommeil, du copinage et du compagnonnage d’avec le prince du jour pour jaser un peu partout ! Et on se souvient illico que la question de la représentation des Maliens de l’extérieur à l’Assemblée nationale a toujours été au cœur des actions de lutte du Haut conseil des Maliens de l’extérieur depuis 27 ans !

Ces questions qui méritent réponses

Le HCME est certes l’émanation de la conférence nationale, il siège au niveau du Conseil économique, social et culturel et au niveau du Haut conseil des collectivités, mais pourquoi a-t-il eu des difficultés à faire siéger les Maliens de la diaspora à l’Assemblée nationale, et cela depuis 27 ans ? On a aussi souvent attendu le président du HCME dire que même une loi organique pouvait permettre de trouver une solution à la représentation des Maliens de la diaspora à l’Hémicycle, si cela est vrai, autant en déduire que la question n’a jamais été au cœur des préoccupations du Haut conseil, occupés que sont ses responsables à toujours transformer la structure en officine de campagne au profit des princes du jours…

En réalité, la vérité dans cette histoire se trouve ailleurs : le président du HCME, Habib Sylla, qui a toujours fait croire aux gens que sa structure est une institution émanant de la constitution, n’a apparemment jamais eu à cœur la représentation des Maliens de l’extérieur à l’Assemblée nationale, sa conviction ayant toujours été que cela aurait un impact sur sa propre visibilité et sur son influence auprès des acteurs politiques et au sein de la diaspora malienne. En conclusion, si le CSDM, aujourd’hui vilipendé par ceux-là qui sont mus par la défense de leurs propres intérêts et à les mettre avant les intérêts des Maliens de la diaspora, a gagné un combat, ce n’est pas seulement celui du report des élections pour la prise en compte de la représentation de nos compatriotes basés à l’extérieur à l’Assemblée nationale, mais aussi celui d’avoir réussi à montrer à l’opinion nationale et internationale que le HCME n’est ni institutionnel, ni constitutionnel, mais une simple association dédiée à la défense des Maliens de l’extérieur, détournée de sa mission au profit d’intérêts particuliers ! En effet, organisme consultatif à caractère associatif, apolitique (même si cela reste aujourd’hui sujet à caution), laïc, non discriminatoire et à but non lucratif, créé à la suite de la Conférence nationale de 1991, le HCME a été reconnu d’utilité publique par un décret adopté en Conseil des ministres le 14 octobre 2009. Mais rien de tout cela ne fait de lui une institution !

Correspondance particulière

La rédaction

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