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Formation du Gouvernement restreint : une décision qui ne sert pas la crise

Aussitôt la réunion des chefs d’Etat de la CEDEAO, sur la crise sociopolitique que traverse notre pays, bouclée, le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, sur proposition de son Premier ministre, Dr Boubou Cissé, n’a pas tardé à procéder à la nomination de six hommes, à des postes « régaliens » appelés par d’autres, des « postes stratégiques », ou encore « ministères de souveraineté ».

Si la formation de tout gouvernement restreint pourrait susciter des commentaires, celui du 27 juillet dernier pose d’autres interrogations, à savoir : le gouvernement d’union nationale sera-t-il formé avec ou sans les six ministres clés déjà nommés ?

Au-delà du timing serré dont dispose ce gouvernement restreint pour accomplir son cahier de charge, qui consiste en la lancinante question de la stabilité politique et institutionnelle du pays, il se pose aussi des questions de choix des personnes. Toutefois, certaines indiscrétions laissent entendre, au lendemain de sa formation, que ce gouvernement restreint laisse planer des nuages sur le prochain gouvernement.

En effet, ils sont nombreux les maliens qui se demandent s’il s’agit là de la préfiguration du gouvernement d’union nationale qui devra logiquement « compléter » ce gouvernement de six membres dont les portefeuilles (Défense, Affaires étrangères, Finances, Sécurité et Administration territoriale) sont des choix du Président de la République et de son Premier ministre.

Quel serait alors le positionnement de l’opposition et du M5-RFP s’il leur venait enfin d’accepter d’intégrer ce gouvernement d’Union ? Accepteraient-ils de batailler pour des ministères de second ordre ?

Déjà, au sein du M5 RFP, des langues commencent à se délier pour dénoncer le choix du Président IBK de préconfigurer son gouvernement sans attendre une conclusion du dialogue en cours. Bien que toutes les missions de la CEDEAO aient, dans leurs recommandations, notifier leur souhait de voir le Président garder ses prérogatives constitutionnelles, ce cheminement de la nomination unilatérale pose question.

Cette position de la CEDEAO fait écho à Bamako, notamment chez IBK et son Premier ministre Dr Boubou Cissé. Cependant, il y a péril en la demeure, estiment d’autres observateurs de la scène : « Les chefs d’Etat de la CEDEAO cherchent, par tous les moyens de, non seulement sauver IBK, mais aussi le conforter dans ce sauvetage, à travers un gouvernement d’union nationale qui ne sera pas une gêne pour lui, et une menace à sa souveraineté », analyse un homme politique malien, opposant au régime.

Toutefois, il est aujourd’hui incontestable que le gouvernement d’union est attendu avec urgence. Le Premier ministre, Dr Boubou Cissé dira lors du premier conseil de ce gouvernement restreint : « je lance un appel sincère à nos sœurs et à nos frères du M5-RFP et d’autres regroupements, qu’ils sont attendus et même fortement désirés dans ce prochain attelage gouvernemental ». Cependant, ce cri de cœur de Boubou Cissé sera-t-il entendu ?

Ce qui n’est pas sûr. Et pour cause, le Premier ministre a rendu une visite nocturne le lundi dernier, chez l’imam Mahmoud Dicko, lors de laquelle, ce dernier lui a demandé plutôt de démissionner au lieu de vouloir chercher des solutions à quelque chose qui est « déjà gâtée ».

Toujours dans la logique de ne point adhérer à ce gouvernement d’union nationale, le M5-RFP se propose de reprendre dès aujourd’hui les actes de désobéissance civile, suspendue en raison de la fête de Tabaski.

Ainsi, les maliens assisteront à une nouvelle phase de la crise sociopolitique dont personne ne pourra présager l’issue.

Ousmane Tangara

Source: Bamakonews

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