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Cour d’Assises : Pour avoir tué un inconnu qu’il a rencontré nuitamment dans la cour de sa maison, Souleymane Koné condamné à sept ans de réclusion

Souleymane Koné a été situé sur sort, hier mardi, à la Cour d’Appel de Bamako où se déroule la première session de la Cour d’Assises. Comparu pour meurtre commis sur un homme qu’il a rencontré nuitamment dans la cour de sa propre maison, il a écopé de sept ans de réclusion grâce au bénéfice des circonstances atténuantes.

Les faits, à proprement parler, se sont déroulé dans le cercle de Kolondiéba il y a un peu plus d’un an selon la chambre d’accusation. Cette nuit-là, Souleymane Koné a quitté, entre 2 heures et 3 heures du matin, son poste de gardien de l’antenne locale d’Orange Mali pour se rendre à son domicile où sa volaille a été la cible plusieurs fois de vols. Il a coïncidé avec un homme qui sortait de la cour de sa maison sur la pointe des pieds. Il le poursuivit et parvint à le poignarder avant de courir à l’hôpital et auprès de certains habitants pour chercher du secours. Mais à son retour, la victime avait déjà rendu l’âme.

«  Je l’ai tué, mais ce n’était pas intentionnel et ce n’était pas à cause du vol de mes volailles « , a affirmé l’accusé devant la Cour. Selon lui, l’homme en question profitait de son absence pour venir harceler et menacer sa femme.  » La première fois où il est venu, il a juste tapé à la porte, mais ma femme n’a pas ouvert et la deuxième fois, il a menacé de tuer ma femme si elle n’ouvrait pas « , explique l’accusé.  » Quand ma femme m’en a informé, j’ai prévenu la mairie, le chef de village et le préfet de la situation et j’ai même demandé que le message soit passé à la mosquée lors de la prière du vendredi. Malgré tout il est revenu encore pour introduire et cassé une clé dans ma serrure bloquant ainsi ma famille à l’intérieur « , poursuit-il.  » Pourquoi n’avez-vous pas informé la gendarmerie « , a demandé le juge. L’homme de répondre: «qu’ Il n’y a pas de gendarmerie dans notre localité « . C’est ainsi que, selon Souleymane Koné, la nuit des faits, a croisé la victime dans sa cour alors que, selon lui, il était revenu de son travail pour nourrir ses vaches. C’est ainsi qi’une bagarre s’engagea entre les deux hommes et le couteau que portait Souleymane Koné l’a accidentellement atteinte au niveau du ventre. » Ce n’est pas vrai  » a décrié, le parquet ajoutant que c’était dans l’intention de venir guetter sa proie.

Seulement, cette version n’a été soutenue par l’accusé que devant la Cour, hier matin. Toute la procédure durant, il a soutenu la thèse du vol de volailles. A l’instruction aussi bien qu’à l’enquête préliminaire, il a affirmé avoir poignardé la victime pour le vol de ses poulets, sans mentionner une quelconque bagarre.  » Quand il est venu chez moi, il m’a dit : »je  viens de tuer un homme qui tentait de voler mes poulets « , a témoigné l’homme qui est resté près du cadavre jusqu’au matin.

Du côté du conseil de l’accusé, on est convaincu qu’il ne saurait s’agir de vol de poulets, mais bien de question de femme. «  Au regard des moyens financiers de Mamadou Koné (la victime, ndlr), cette thèse ne tient pas « , a plaidé son avocat. Par ailleurs, le témoignage de la femme de l’accusé laisse croire qu’elle entretenait des rapports extra-conjugaux avec la victime. La défense a déclaré, du reste, qu’à aucun moment on n’a pu établir l’intention de son client d’aller tuer la victime vu qu’ils ne se connaissaient même pas et que cette dernière habite à cinq kilomètres du lieu des faits.   En plus,  » qu’est-ce que la victime faisait à 2 heures du matin dans la maison de mon client  » ?, s’interroge la défense.

Avait-il l’intention de donner la mort à cet homme qu’il a rencontré une nuit de 2014 dans la cour de sa propre maison ?  » Oui  » selon ministère public vu qu’il a quitté son lieu de travail pour venir le guetter.   » Non  » selon l’accusé et son avocat, il ne s’agit que d’une coïncidence entre le voleur de poulets,  la femme et le  propriétaire. Mais c’est la réponse de la Cour, composée d’un président, de deux conseils et de quatre assesseurs qui compte. Et, après des heures de débats, celle-ci a délibéré que l’accusé était effectivement coupable du crime de meurtre pour lequel il comparaissait tout en lui accordant des circonstances atténuantes.

Comme quoi nul n’a le droit de donner la mort à quelqu’un, même s’il vient harceler nuitamment sa femme ou voler ses poulets.

 Aboubacar DICKO

source : L Aube

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