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Après le retrait du Mali : Quel avenir pour le G5 sahel ?

Le Mali s’est retiré de tous les organes et instances, y compris la force conjointe du G5 sahel. L’annonce a été faite par le gouvernement de la transition dans un communiqué qui dénonçait l’instrumentalisation de l’organisation par un État extra-régional. Avec cette décision, que sera le G5 sahel devenu « G4 », surtout qu’elle était non opérationnelle depuis le début des crises politico-diplomatiques entre le Mali et certains pays voisins également membre de l’organisation ?

Le Mali s’assume de nouveau. Après avoir expulsé le représentant spécial de la CEDEAO et de l’ambassadeur de la France, le Mali vient de s’assumer à nouveau. La dernière décision des autorités saluée à Bamako, c’est le retrait du Mali de tous les organes et instances, y compris de la force conjointe du G5 sahel. Le refus de confier la présidence de l’organisation au Mali est la raison avancée par les autorités maliennes pour justifier cette décision.

En effet, dans son communiqué, le gouvernement malien a dénoncé le refus des dirigeants actuels du G5-sahel de confier la présidence de l’organisation au Mali, conformément aux textes. Pour le Mali, la non tenue à Bamako de la 8ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’État des pays membres du G5 sahel et toutes les autres violations des textes de l’organisation est due à la manœuvre d’un État extrarégional. Les arguments avancés pour refuser la présidence malienne ne tienne pas, selon le gouvernement malien. « Le gouvernement de la République du Mali rejette fermement d’un État membre du G5 sahel qui avance la situation interne nationale pour s’opposer à l’exercice par le Mali de la présidence du G5 sahel », indique le communiqué qui ajoute qu’« aucun texte juridique du G5 sahel ne prévoit des restrictions contre un État membre, sur la base de sa situation politique nationale ».

Même si elle n’a pas été citée nommément, c’est la France qui est accusée d’être à la base de la non tenue à Bamako de la 8ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’État des pays membres du G5 sahel. « L’opposition de certains États du G5 Sahel à la présidence du Mali est liée aux manœuvres d’un État extra-régional visant désespérément à isoler le Mali » indique le communiqué du Gouvernement malien qui dit en déduire de cette situation « une perte d’autonomie de décision, une instrumentalisation et un dysfonctionnement grave des organes du G5 Sahel, notamment la Conférence des Chefs d’État et le Secrétariat exécutif dont le Programme de travail annuel et le Budget 2022 ne sont toujours pas adoptés par le Conseil des Ministres de l’Institution ».

Pour le Mali, « l’instrumentalisation » d’une Institution comme le G5 Sahel dont le mandat est de mutualiser les moyens pour garantir des conditions de développement et de sécurité dans l’espace des pays membres, « est fondamentalement contraire aux intérêts des différents pays et de leurs peuples qui font face à d’importants défis dans le domaine de la lutte contre le terrorisme ».

Le retrait du Mali

Après avoir dénoncé les violations, le Mali annoncé son retrait de tous les organes et instances, y compris la force conjointe du G5 sahel. « En conséquence, le Gouvernement de la République du Mali décide de se retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel, y compris la Force conjointe » précise le gouvernement malien qui a ajouté que « cette décision sera notifiée aux États membres de l’organisation conformément à la procédure prévue en la matière ».

Quel avenir pour le G5 sahel ?

Avec le retrait du Mali, le G5 devient le G4 sahel. Cette organisation a-t-elle encore un avenir sans le Mali, surtout qu’elle était presqu’inoperationnelle depuis près deux ans ? En tout cas, selon le chercheur Ibrahim Maïga, « en se retirant du G5 Sahel, le Mali n’a fait qu’accélérer l’issue d’une structure à bout de souffle. Les bouleversements intervenus ces 2 dernières années & les tensions entre le Mali et certains de ses voisins ont paralysé la machine ». Selon lui, le G5, depuis sa création a fait l’objet d’hostilité de la part de la CEDEAO et de l’Algérie qui y voyaient surtout un cadre d’expression de l’influence française. La présence de cadres français dans certains organes du G5 (Secrétariat permanent, Collège de défense) a accentué cette perception.

En tout cas, sans le Mali, cette organisation va difficilement durer. Elle tend d’ailleurs vers sa fin, car les populations des différents la désavouent, faute de résultat.

Pour sa part, Dr Brehima Fomba a indiqué que cette décision du Mali « va probablement exiger de tordre carrément le cou à la France pour qu’elle passe de vie à trépas, la dépecer, la cramer pour la réduire en cendre, afin qu’elle disparaisse à jamais de la surface des terres du Mali et de toute l’Afrique. L’objectif ultime étant de réduire définitivement à néant, c’est à dire à zéro, la capacité de nuisance néocoloniale française au Mali et en Afrique ».

Boureima Guindo

Source: LE PAYS

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