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YORO SOW, JOURNALISTE RESSORTISSANT DE DIOILA : « Capitaine Soungalo Samaké était un véritable monument pour le cercle de Dioila »

Selon le journaliste de l’hebdomadaire malien, L’Inter de Bamako, Yoro Sow, le décès de capitaine Soungalo Samaké, ancien compagnon du général Moussa Traoré et auteur du célèbre livre « Ma vie de soldat » ; est une immense perte pour le cercle de Dioila et tout le Mali. Très proche du capitaine Samaké durant les dernières décennies de sa vie, M. Sow retient de lui un homme juste, équitable et très engagement pour le maintien de la fibre patriotique et de la cohésion sociale.   

 

30minutes : Qu’est-ce que Soungalo Samaké représentait pour les habitants de Dioila et environnants ?

Yoro Sow : Pour le cercle de Diola, Soungalo était un véritable monument. Il a été l’un des initiateurs de la création du lycée de Dioila. Ce lycée a ouvert ses portes en 1976. Parmi la première promotion de cet établissement scolaire figure Dr. Oumar Mariko, président du parti Sadi et député à l’Assemblée nationale du Mali. Il a fait sa 10e année là-bas avant de venir suivre le reste de ses études au lycée Badala de Bamako. Donc Soungalo, ses camardes, les pères de Dioila à Bamako et les parents qui étaient dans le cercle ont réfléchi ensemble pour créer ce lycée. Ils avaient constaté que les admis au DEF, une fois orientés à Bamako dans le temps, étaient directement renvoyés au bout d’une année ou deux ans. Les enfants de Dioila étaient confrontés, principalement, au problème de logement à Bamako. Du coup, ils (Soungalo et ses camarades) ont décidé de créer un lycée afin que les enfants restent auprès de leurs parents. La création a été une bonne occasion pour les populations de Dioila, Bougouni, Yanfolila, etc. Ce lycée a été construit par populations. En ce moment, l’Etat malien n’était pas engagé à investir un seul sous dans la réalisation de ce projet. Donc, Soungalo et ses camarades ont mobilisé le fonds pour que les travaux de la construction du lycée démarrent au su et aux yeux de tout monde. Les ressortissants de Dioila seraient éternellement reconnaissants à Soungalo et à sa famille.

30minutes : Quel témoignage faites-vous sur son parcours ?

Yoro Sow et Feu Capitaine Soungalo Samaké à l’occasion du 40e anniversaire du Lycée de Dioila.

M. Sow : Feu Soungalo Samaké était un polygame. Il avait quatre femmes, l’une est décédée il y a environ deux ans. Après sa retraite, il vivait à Dioila, une ville qu’il a beaucoup aimée. Il était comme un père pour nous tous. Je suis même ami avec un de ses fils. Nous avons fréquenté l’école A de Dioila ensemble. Après l’arrestation de Soungalo en 1978, sa famille a été envoyée à Dioila. C’est ainsi qu’on s’est connu. Depuis lors, nos familles entretiennent de bonnes relations. Aussi, le frère de ma maman et Capitaine Soungalo ont combattu ensemble. Donc, c’était des frères d’armes aussi. Nos liens sont très forts. Je l’ai connu quand il est sorti de prison et je l’ai beaucoup côtoyé. A chaque fois que je rendais visite à ma famille à Dioila, je lui rendais visite également. Soungalo était un militaire très aguerri. Ses compagnons d’arme et ses amis lui reconnaissent ses mérites militaires partout au Mali. Ses qualités militaires étaient incontestables. Avant son arrestation, chaque fois qu’il partait à Diola, il partait avec des bérets rouges et généralement ça coïncidait avec le jour de la foire de Dioila. C’était les samedis et ça donnait un attroupement autour des bérets rouges. C’est grâce à cet homme, qu’on a tous aimé le corps bérets rouges. Il était très élégant dans sa tenue.

30minutes : Qui était-il réellement ?

Y.S. : Capitaine Soungalo est un acteur du coup d’Etat de 1968 contre le premier président du Mali, Modibo Keita. Il n’était pas dans le Comité militaire de la libération nationale (CMLN), mais il a participé quand même aux préparatifs du coup d’Etat. Car, le CMLN a été réservé uniquement aux officiers, composé des lieutenants et des capitaines dont Moussa Traoré a pris la tête. Soungalo n’était pas sous-officier en ce moment. Donc, il a été mis à l’écart. Après ce coup d’Etat, on lui a confié le Camp Para militaire de Djicoroni. C’est là-bas, qu’il est devenu capitaine et chef de commandement. D’ailleurs, c’est eux qui ont assis le soubassement du CMLN à travers la répression et l’intimidation parce que le camp Para était devenu un camp de détention des opposants, des élèves et tous ceux qui avaient un avis contraire au CMLN y étaient détenus et torturés. On ne peut pas nier cet aspect dans son passé.

30minutes : Un message à sa famille ?

Y.S. : Que ses enfants arrosent l’arbre qu’il a planté.  C’est-à-dire qu’ils restent soudés et solidaires. Qu’ils renforcent davantage le lien et la cohésion sociale dans la famille. Soungalo a toujours cherché à rassembler ses enfants. Dans les familles polygames aujourd’hui dans notre pays, on sait comment ça se passe après le décès du Papa. Qu’ils comprennent que leur père a pu gérer et guider sa famille. Donc, je demande aux enfants du capitaine de rester sur cette lancée. Sinon les 10 années de Soungalo en prison à Taoudéni, au Nord du Mali, avaient complètement détruit sa famille. Après, quand il a été libéré, il est parvenu à rassembler les membres de sa famille et les à gérer à sa manière. Donc, il était et il demeure un exemple pour tous les ressortissants de Dioila.

Que son âme repose en paix !

Propos recueillis par Hamissa Konaté

30minutes

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