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Transition politique au Mali : Une Prorogation de 24h, c’est nager à contre-courant provoquant la noyade

Dans la suite logique de mes écrits du 04 juin, la transition est une période d’exception par essence budgétivore et opaque. Pire, elle est la convoitise de deux catégories d’acteurs : d’un côté les  tagnininaw (citoyens et associations qui pullulent) pour se regrouper et faire du bruit soi-disant soutenir les autorités alors qu’en fait, ils sont guidés par le seul but d’accéder aux ressources financières  pour dépecer la patrie Mali ; de l’autre côté des membres d’institutions de la République convaincus de leur propre incapacité à faire face au verdict des urnes, s’échinent à trouver voie et moyens à faire perdurer la transition, leur stratégie de faire main basse sur les finances, encore une fois.

 

Le souci pour le pays tant clamé n’est que poudre aux yeux. De grâce,  n’essayons pas, en usant d’astuce, de faire pire que le défunt régime décrié pour assouvir notre soif de pouvoir. Soumettons-nous au verdict électoral le plus vite possibleCar, ce débat est un faux divertissant le peuple. Il n’a aucune raison d’être pour la simple raison que les maliens ne partagent pas les manigances des clairons encore moins la communauté internationale fatiguée du cas Mali et prompte à le résoudre définitivement si dérapage il y a sur la durée de la transition.

Alors, sachons raison gardée en organisant les élections à date échue (février 2022) et renonçons aux projets inutiles et futiles avec des incantations tantôt de «  réglage du ciel, tantôt de nivelage de la terre  ou que sais-je encore ! » patati patata.

Le peuple dans son écrasante majorité dit ceci de façon claire et audible « Non et mille fois non, la transition est et reste pour la durée de 18 mois et ce, pour l’honneur des tenants du pouvoir et le bonheur des maliens » n’en déplaise aux :

  • illuminés qui pensent que leur heure est venue de s’installer frauduleusement au pouvoir sans passer par les urnes
  • oiseaux de mauvais augure qui voient les élections rimer avec le chaos
  • opportunistes de tout acabit s’agrippant indûment aux avantages que procure la transition au détriment de la normalité et
  • populistes auteurs d’initiatives stériles qui rendent tortueux le chemin que Dieu créa droit.

A la différence notable de ces magiciens susmentionnés en quête de notoriété, examinons l’état d’esprit de quelques patriotes, républicains, démocrates sincères et convaincus ci-dessous.

  1. Trois visionnaires, patriotes et démocrates œuvrant pour le Mali kura qui n’est l’apanage de personne : Maître Tapo, Dr Soumana Sacko et Monsieur Tiébilé Dramé

La sentinelle de veille pour dire stop à la tentative malveillante de prorogation de la transition se consolide par des hommes engagés pour l’avenir du Mali et non pour les délices du jour. Bravo à ces hommes et femmes, dignes du Mali de Modibo KEITA et soucieux de l’endiguement de l’extrême pauvreté des braves populations. Qui peut dire à ce jour que le Mali se porte bien ? Il se porte même pire.

Dans cette dynamique, seul un pouvoir constitutionnel normal (issu des urnes) peut faire évoluer irréversiblement la situation critique vers des lendemains meilleurs. Nul ne peut, raisonnablement disconvenir de cela à moins d’être atteint  de deux maladies incurables : cécité intellectuelle et rancœur politique. Et c’est le cas de ceux/celles qui s’accrochent aux périodes d’exception, incapables de s’affirmer politiquement sous le régime normal car comme le disait si bien Ronald Reagan, le 40ème Président américain, « la liberté, c’est le droit d’être stupide si vous en avez envie ».

De plus, selon Monsieur Tiébilé Dramé, un républicain, la transition doit se consacrer à l’essentiel et renoncer au subterfuge pour endormir les gens en favorisant  la tendance à la prorogation, initiative mortelle pour la transition et dommageable pour le Mali. Car le pays va mal et toute discorde naissante peut aller plus loin qu’on ne peut l’imaginer. Que Dieu nous en garde !

Et qui mieux que Dr Soumana SACKO, le patriote, pour donner conseils aux tenants du pouvoir actuel, car de l’expérience, il en a ; ayant été premier ministre de transition il y a trente (30) ans exactement (mars 1991-juin 1992). Son communiqué salutaire se résumant à cette phase choc « une transition plus elle est courte, mieux ça vaut » est sans équivoque pour arrêter la fausse espérance de ceux et celles qui piaillent comme des perroquets en faveur de la prorogation.

Enfin Maître Tapo, 3ème du trio susmentionné qui se fait du souci pour la conduite actuelle du pays. Il s’échine afin que le pays sorte de l’ornière, de la démagogie et du populisme pour traiter les vraies questions de sécurité, de développement et d’enracinement des principes et valeurs démocratiques. Il a le mérite de vouloir apporter sa plus-value à la réussite de la gouvernance quelque répulsion que puissent avoir des aigris et échoués qui lui en veulent pour sa réussite personnelle. L’homme a la carapace d’homme d’Etat.

Mille fois merci à cet illustre trio, dignes fils du Mali : Dr Sacko, Maitre Tapo et Monsieur Dramé pour se soucier de la patrie qui est un corps gravement malade que certaines personnes s’évertuent à dépouiller pour se faire la poche même au prix d’achèvement du malade.

  1. Gouverner le Mali, une équation si difficile à résoudre depuis l’indépendancecar l’histoire politique malienne est truffée d’opportunisme et de traitrise de la confiance du peuple à double titre :
  • Une fois que l’on occupe un poste électif, on refuse de quitter le siège en favorisant le report sine die des élections prétextant mille et une raisons en affirmant tantôt que la pluie est abondante, tantôt que le soleil est ardant ou encore que la sécheresse empêche les électeurs d’accomplir leur droit de vote ; bref des politiciens qui ont une peur bleue des élections, le comble du paradoxe et du ridicule sous le ciel malien !
  • On tend le micro à n’importe qui pour parler de gouvernance qui une fois de plus« n’est pas un sujet de conversation pour dîner mondain », en majorité des individus se servant de leur position dominante soit au sein d’une communauté religieuse soit dans un groupement social pour s’ériger en expert spontané et auto proclamé de la gouvernance, voilà comment prend forme la tragédie dans ce pays.

En occurrence, que savent ces profanes  de la matière pour dire qu’il faut rallonger la durée de la transition ignorant superbement les conséquences désastreuses d’une telle posture visant uniquement à plaire au prince du jour alors qu’en réalité ils le poussent mortellement dans le trou. Bon sang ! Quelle mouche  pique ce groupuscule de maliens décidé de faire le saut  continu dans l’inconnu par la tentative honteuse de contraindre la majorité attachée à l’ordre constitutionnel républicain ? Allez-y savoir.

Vouloir proroger la durée de la transition est contre-productive et c’est même une sorte d’escroquerie du peuple qui ne dit pas son nom dans le seul dessein de s’inviter illégalement au banquet de la république car en violation des dispositions de la Convention des 18 mois  établie et acceptée par la Communauté internationale.  D’ailleurs, cette dernière est fortement interpellée pour mettre fin définitivement aux actes ignobles de vendeurs d’illusions par un avertissement et signal forts  en faveur du respect sans condition du délai des 18 mois.

Au plan national,  outre l’engagement des trois ténors susmentionnés, il y a plus d’une quarantaine de partis politiques, plus les voix symboliques de Boubeye, de Ras Bath et des millions d’anonymes comme votre serviteur à travers cette plume pour servir de sentinelle et barrer la route  aux aventuriers tentant de casser le consensus autour de la transition par des manipulations, combines et manigances visant à étouffer les maliens dans une période interminable d’exception. Ces aventuriers trouveront les démocrates sur leur chemin et la bataille démocratique en sortira gagnante à coups sûrs.

Et c’est le lieu d’inviter tous les démocrates à s’engager résolument à croiser le fer avec les initiateurs opportunistes et leurs soutiens d’éventuelle prorogation liberticide et démocraticide. Ce combat est loin d’être anodin.

Enfin, il y a le constat amer et général que  des hommes visionnaires de la trempe de notre cher ATT national et de Nelson Madiba Mandela (l’icône africaine) sont en voie de disparition hélas sur cette terre tant la soif et l’ivresse du pouvoir nous tiennent tous et toutes.

En effet, le soldat de la démocratie, ATT (que son âme repose en paix éternelle),  a refusé en son temps d’écouter les mêmes courtisans lui soufflant d’aller au-delà des 14 mois de la transition en les envoyant simplement se balader. Et l’histoire lui donna raison à travers la suite de son parcours atypique et honorable. Quelle belle source d’inspiration !

Su ce, j’invite solennellement l’Occupant du fauteuil présidentiel à ne pas prêter oreille attentive aux sirènes de circonstance voulant rendre agréables leurs sauces sur son dos en gesticulant  et scandant des slogans du genre plus de temps pour la transition.

Souvenons-nous que c’est le type d’accommodage et de raccommodage qui grippa le régime d’IBK, allant de report en report des élections, causant la frustration des citoyens épris du renouvellement des mandats électifs. Et le réveil fut brutal.

N’oublions jamais qu’en gouvernance, grandeur et décadence se côtoient en permanence.

 Vive le Mali démocratique, uni, pacifié et prospère !

Bamako, le  16 août 2021

 

Mamadou Fadiala KEITA, Juriste

Coordonnateur  de l’ONG AJCAD

Président de COMED

Président de COPER

Organisateur en chef et Conseiller Permanent Cri-2002

Source : L’Alerte

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