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Situation « chaotique » des péagistes maliens : Les syndicalistes dénoncent, alertent et menacent !

Pour dénoncer les conditions de vie et de travail de leurs militants, les syndicalistes de la section syndicale des péagistes du Mali (SSPM) se sont exprimés, samedi 2 juillet, au cœur de la centrale démocratique des travailleurs du Mali (CDTM). Ténu à la faveur d’un point de presse, l’évènement a été mis à profit par les conférenciers pour tirer la sonnette d’alarme et lancer « un ultimatum appel aux plus hautes autorités ».

« On est là et travaille pour l’Etat. Ça fait quinze(15) ans que nous sommes aux péages. Les péages tendent vers leur 16ème année. Mais cela nous fait 15 ans de discrimination administrative, d’injustice et d’inégalité », déplore le secrétaire général de la SSPM, Seydou Diallo. Accompagné par des syndicalistes dont Yacouba Konaté, secrétaire administratif, Mme Koné Awa Diallo, péagiste, le secrétaire général de la section a précisé que leurs militants restent confrontés à de nombreuses difficultés. Cela, dit-il, depuis le 1er décembre 2007 (l’avènement de la structure ‘’autorité routière’’ et le démarrage effectif du travail). Dans un document qu’il a lu, Seydou Diallo maintient que la corporation syndicale a tenu ce point de presse suite à des échanges et négociations qui n’ont pu déboucher sur l’amélioration des conditions des travailleurs. La SSPM est affiliée à la CDTM. Elle a mené des négociations avec le gouvernement soit de façon directe, par correspondance ou par l’entremise de la CDTM. « La seule réaction qui a été la prise de la décision N°0100/2021/MTI-AR concernant la transposition dans la grille de salaire (classement) n’a été que de nom », selon le document. Les rémunérations ne sont toujours pas à la hauteur des sacrifices consentis nuit et jour. Elles sont incompréhensibles à tel point qu’un coursier se trouve mieux payé qu’un agent péagiste, dénoncent les conférenciers. Aussi, les syndicalistes déplorent l’inapplication des mesures relatives à l’octroi des primes aux agents péagistes maliens. « La transposition souhaitée, logique et légitime qui prendrait en compte la prime de zone, celle de caisse et de l’ancienneté reste inappliquée. Cette transposition avait été défendue et obtenue par la centrale syndicale (CDTM). Elle avait même fait l’objet de procès-verbal de conciliation », ont-ils exprimé.

Outre cela, « les commodités requises pour des conditions de travail optimales font défaut. A titre illustratif, ajoutent les syndicalistes, les péagistes font recours à des lampes torches ou à la lumière de leurs téléphones pour pouvoir continuer à travailler dans le noir. Il n’y a pas de lumière. Cela est source d’insécurité ». Une autre difficulté est qu’un seul agent est appelé à s’occuper de la caisse du péage (encaisser et décaisser l’agent), délivrer les reçus aux conducteurs et chauffeurs qui passent. Le même péagiste s’occupe de la barrière. Une condition de travail faisant que des files d’attente sont malheureusement constatés dans les péages. Chose qui, parfois, suscite des tensions voire beaucoup de stress chez les usagers de routes, expliquent les conférenciers. À cela s’ajoute l’inamovibilité de certains péagistes. « Les mutations ne répondent pas à la logique administrative. Ce qui fait beaucoup de frustrations et de démotivations », confiera le secrétaire général de la section syndicale. De 2017 à 2022, des attaques menées contre les différents postes ont abouti à des morts d’hommes parmi les péagistes maliens. En poursuivant son propos, Seydou Diallo rappelle à l’opinion nationale et internationale que trois (3) péagistes ont trouvé la mort, en octobre 2017, suite à l’attaque du poste de Sanakoroba. En juillet 2018, des blessés graves ont été listés suite à l’attaque du poste de Douentza.

L’attaque du poste de Bla, en février 2020, a elle-aussi fait des blessés graves. Ainsi, les syndicalistes dénoncent les conditions sécuritaires chaotiques de leurs militants. D’après eux, l’attaque du poste de Diéma, en janvier 2020, a également fait deux (2) morts parmi les péagistes, de même que celle de Yangasso, en mars 2021 (2 morts)… Ces évènements douloureux ont affecté les péagistes et leur famille. Ils ont suscité, au sein de la SSPM, une inquiétude constante et entamé le moral des travailleurs, exposent le secrétaire général et ses camarades. Il est exigé du péagiste des résultats dans des conditions matérielles et sécuritaires décriées sans une quelconque compensation en matière de prime, fustigent ces derniers. Via ce point de presse, il s’agissait alors de dénoncer les conditions de vie et de travail des péagistes, voire de tirer la sonnette d’alarme quant à l’ampleur de la situation. En clair, les syndicalistes disent lancer, via la présente sortie médiatique, un ultimatum aux plus hautes autorités du pays. « Il était de notre devoir et responsabilité de partager ces réalités et de lancer un ultimatum appel à l’endroit des plus hautes autorités pour toute fin utile », ont-ils conclu.

Diarra Mamadou

Source: Le Pays

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