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Pas d’assises, de prorogation et d’organe unique: Le Cadre d’échanges des partis et mouvements politiques tire la sonnette

Après les concertations sur les termes de référence des Assises nationales de Refondations (ANR), la mise en place d’un Organe unique de Gestion des Elections et la sortie médiatique du Premier ministre pour annoncer la possible prorogation de la transition au Mali, le cadre d’échanges des partis et mouvements politiques pour la réussite de la transition alerte. Il rejette en bloc toutes les propositions et invite au respect du délai des élections.

 

Mercredi dernier, Me Kassoum Tapo du Morema, Tiémoko Sangaré de l’Adema, Bocary Tréta de l’EPM, El Hadj Baba dit Sandy Haïdara ont animé une conférence de presse pour tracer leurs lignes rouges et inviter les autorités actuelles à aller vers les élections pour la réussite de la transition.

« Ne pas accepter que les gens qui ne peuvent pas venir au pouvoir par les élections, se maintiennent au pouvoir ». « Le délais de la transition, c’est 18 mois. Il faut le respecter ». « Le retour rapide à l’ordre constitutionnel ». Sont entre autres les propos clamés par le pôle politique regroupé en cadre d’échanges pour la réussite de la transition, composé de l’EPM, Espérance-Nouvelle (Jigiya-Kura), l’APR, l’Adéma, l’Asma, l’UM-RDA et Yelema.

Lors de la conférence, Ils ont tiré la sonnette d’alarme sur la transition par une déclaration liminaire lue par El Hadj Sandy Haïdara afin d’éclaircir leur position. Le cadre a invité au respect de la durée de 18 mois de la transition et l’organisation des élections générales (présidentielle et législatives), conformément au chronogramme déjà publié.

A en croire les membres du pôle de contestation, aucun cadre formel de concertation n’a été établi entre les partis politiques et le gouvernement autour de la conduite de la transition politique au Mali. Une transition non inclusive et non participative, selon leur déclaration. A leurs dires, les Assises nationales de la Refondation ne sont plus opportunes pour le temps restant de la transition. Ils ont décidé de ne pas participer ni à la préparation, ni à l’organisation desdites assises. Ils rejettent aussi l’Organe unique de Gestion des Elections (Ouge) préconisé par le gouvernement. Ils ont sur ce point demandé au gouvernement de revenir aux recommandations du Dialogue nationale et aux conclusions de l’atelier de relecture de la loi électorale organisé par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, les 29 et 30 juin 2021

« Le Chef du gouvernement, Dr. Choguel Kokalla Maïga, est le seul responsable pour tout dérapage éventuel relatif au respect de la durée de la transition », affirme Me Kassoum Tapo, avant de promettre que des actions légales seront entreprises si le gouvernement proroge unilatéralement le délai de la transition.

Koureichy Cissé

ILS ONT DIT

A l’issue de la conférence de presse du cadre de concertation des partis et regroupements politiques pour une transition réussie, nous avons recueilli quelques réactions.

 

Moussa Oumar Diawara (président de Mali Emergence et Directeur exécutif de l’ARP)

« Nous ne sommes pas partisans de ces Assises 

« Notre position est claire. Nous ne sommes pas partisans de ces Assisses parce que nous pensons que c’est une perte de temps pour le Mali, une perte d’énergie et surtout c’est du gaspillage pour les finances publiques. Donc nous avons décidé de ne pas participer. La solution est ailleurs. C’est juste pour nous distraire. Cet Organe unique de Gestion des Elections date de 2006, les gens ont dit qu’ils sont d’accord pour la mise en place d’un Organe unique, mais pas dans la forme que le Premier ministre souhaite ».

Mme Coulibaly Korotimi Diallo (Présidente des femmes  de Yelema)

« Pas question de proroger la transition »

« Le délai de la transition est clair, le Président de la transition a été très clair sur la durée de la transition et ça été affirmé dans la charte de la transition. Le Premier ministre lui-même l’a dit devant le CNT. Pour le moment, pas question de la prorogation. Aujourd’hui, le bilan de la transition est catastrophique. Il n’y a pas de consensus, trop de confusion. Les gens sont énormément divisés et la cacophonie règne».

Abdina Karambé (Asma)« Le Premier ministre a tenu un discours médiocre aux Nations unies »

« Le Premier ministre Choguel K. Maïga s’est exprimé à la tribune des Nations unies, mais on a surtout entendu le président du comité stratégique du M5-FRP, qu’il était. La tribune des Nations-Unies n’est pas faite pour des plaidoyers de ce genre, pour aller critiquer nos partenaires. Il faut tenir des discours diplomatiques, parler vrai mais pas dans ce sens-là. En un mot, le Premier ministre de la rue a tenu un discours médiocre aux Nations unies».

Elhadji Baba dit Sandy Haïdara (président du parti UM-RDA)« Les Assises sont inutiles »

« La transition est en train d’aller dans les tous sens parce que les missions assignées à la transition au tout début y compris la charte ne sont pas prises en compte. Ce qui a amené la transition à dévier de sa trajectoire. Nous recommandons la tenue des élections. Je ne sais pas comment on va refonder le Mali. Est-ce que vous allez transforme le Mali en une république en empire… ? De quelle refondation on parle ? A moins que les gens ne comprennent pas la définition de refondation. Ce n’est pas possible de refonder un Etat déjà installé qui est une République, la République du Mali. Donc les Assisses sont inutiles, mais les Assisses sont objectives pour changer la trajectoire ce qui permet malheureusement d’aller dans les dilatoires. Les objectifs c’est le report des élections, ceux qui savent qu’ils ne peuvent pas être élus qui veulent garder leur fauteuil. Ce sont des situationnistes qui préfèrent garder la situation ».

Zoumanan Ntji Doumbia (RPM)« Il est important de respecter le délai de la transition »

« Nous ne sommes pas opposés à quoi que ce soit, nous ne sommes pas à une opposition à la transition mais nous sommes pour des principes. Vous savez, la transition c’est une période d’exception, cette période d’exception doit être cantonnée dans le délai pour permettre le retour à l’ordre constitutionnel normal. Les dispositions dans lesquelles se trouve notre Etat, les difficultés que nous traversons, nous avons besoin en tout cas des autorités légitimes, légales pour pouvoir mener à bon port le pays. Ce sont ces autorités légitimes et démocratiquement élues qui pourront avec nos partenaires aider notre pays à sortir de l’ornière dans laquelle elle se trouve. « Il est important de  respecter les délais contenus dans cette charte de la transition ».

Amadou Koïta (président du PS Yelen Kura)« La prolongation de la transition est contestée par la classe politique

« Cette idée de prolongation est vivement contestée au sein de la classe politique dans sa majorité. Elle s’oppose à toute idée de non-respect du délai de la transition tel qu’indiqué dans la charte de la transition”.

Propos recueillis par

Tidiane Bamadio

(stagiaire)

SourceMali Tribune

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