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Ousmane Oumarou Sidibé, président de la CVJR : « Les audiences publiques ne sont pas des audiences judiciaires, la CVJR n’est pas un tribunal ! »

La 4ème audience publique de la commission vérité, justice et réconciliation(CVJR) a eu lieu, samedi 18 septembre, au centre international de conférence de Bamako. Un espace qui permettra aux victimes des différentes crises de partager leurs souvenirs avec la nation. Le président de la CVJR, Ousmane Oumarou Sidibé, a saisi cette occasion pour préciser le contexte de l’évènement.

Depuis son accession à l’indépendance, le Mali  a connu des rébellions armées voire des crises politiques qui, selon le président de la CVJR, se sont soldées par des violations graves des droits de l’homme. Lesquelles violations ont débouché sur des meurtres, des exécutions extrajudiciaires, des arrestations, des violences sexuelles, des enlèvements, des pillages, des vols et destructions des biens privés, des tortures… L’ouverture de cette 4ème audience de la CVJR a été rehaussée par la présence du Dr, Choguel Kokalla Maïga, chef du Gouvernement, du colonel Ismaël Wagué, ministre de la Réconciliation nationale, de la Paix et de la Cohésion nationale, Chargé de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale etc. En sa qualité de premier responsable de la structure, Ousmane Oumarou Sidibé a, pour la circonstance, précisé que l’assemblée plénière de la CVJR a décidé de consacrer la séance de cette audience à trois thématiques. La première porte sur les atteintes à la liberté (arrestations, détentions, enlèvements, séquestrations).La deuxième thématique concerne, a-t-il ajouté, les atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique (assassinats, les meurtres, les tortures, les traitements inhumains, cruels et dégradants). Quant à la troisième, explique le président, elle porte sur des disparitions forcées.

Au cours de l’audience, ces thématiques qui ont fait l’objet de témoignages ont permis d’illustrer à suffisance, la gravité  des violations des droits de l’homme et leurs conséquences sur les victimes, les proches et le vivre ensemble dans le pays, a confié Ousmane. Dans son discours, M. Sidibé a fait allusion à l’article 3 de la déclaration universelle des droits de l’homme pour dénoncer les violations que subissent les citoyens. Lequel article dispose que « tout individu a droit à la vie, à la liberté, et à la sûreté de sa personne ».Et de déclarer : « Il faut reconnaitre qu’à des degrés différents, chacune des crises que notre pays a connue a été marquée par des atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique (assassinats, meurtres, tortures, traitements inhumains…) ».D’après lui, les assassinats et les meurtres sont des crimes graves, mais les traitements inhumains, cruels et dégradants sont également considérés comme des crimes au regard du droit international humanitaire et des textes du Mali. A lire le discours de l’intervenant, seule la manifestation de la vérité peut parvenir à apaiser les victimes et réconcilier les gens. Il estime que les proches des victimes ne peuvent avoir une paix intérieure que lorsque la vérité brise le manteau du mensonge. Mettant la circonstance à profit, Ousmane Oumarou Sidibé a voulu clarifier une chose au public : « Les audiences publiques ne sont pas des audiences judiciaires. La CVJR n’est pas un tribunal. Elle ne cherche à établir ni la culpabilité, ni l’innocence des auteurs présumés. C’est le travail de la justice malienne ».Ici, poursuivra-t-il, seules les victimes seront entendues. La CVJR « offre aux victimes un cadre digne et sécurisé où elles pourront raconter les souffrances vécues », a-t-il argué. L’audience publique est un espace d’écoute respectueuse où les victimes ont un rôle de premier plan. C’est aussi un cercle de solidarité qui construit autour du récit. La CVJR permet, surtout, de rendre aux victimes leur dignité, d’intégrer leurs récits à la mémoire nationale, et de faciliter un début de guérison, selon les propos du président de la CVJR. Puis de finir par ceci : « Il s’agit donc d’une contribution concrète à la promotion du dialogue, du pardon, de la réconciliation nationale, de la paix ».Au nom des victimes, Fatoumata Touré a déploré que la même crise continue d’affecter les gens au Nord, au centre, et partout dans le pays. Tout comme Ousmane Ousmarou, elle a confirmé que cette audience offre l’opportunité aux victimes de s’exprimer afin d’apaiser les cœurs. Déclarant la disponibilité des victimes, Fatoumata demandera aux nouvelles autorités « de mettre les victimes aux premiers rangs dans l’organe qui s’occupera de la réparation des dommages résultant des crises ».Aussi, a-t-elle invité, le président de la transition à  mettre fin à cette insécurité qui perdure dans le  pays.

Mamadou Diarra

Source: LE PAYS

 

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