Les forces de sécurité congolaises ont eu recours mercredi à des tirs de sommation et à des gaz lacrymogènes à Brazzaville pour disperser les centaines de manifestants qui défilaient pour protester contre l’organisation dimanche d’un référendum qui vise, selon eux, à maintenir indûment au pouvoir le président Denis Sassou Nguesso.
La veille, quatre personnes ont été tuées dans la capitale congolaise lors d’affrontements entre policiers et manifestants qui réclamaient le départ de Denis Sassou Nguesso.
Mercredi, la foule s’est dirigée vers un commissariat de Makelekele, un arrondissement de Brazzaville, scandant des slogans hostiles au gouvernement.
Des barricades ont été érigées et des pneus brûlés alors que des renforts militaires étaient dépêchés sur place pour soutenir la police.
Des habitants fuyaient la zone, emportant avec eux leurs effets personnels dans un nuage de gaz lacrymogène, a constaté un journaliste de Reuters.
A 71 ans, Denis Sassou Nguesso, qui depuis 1979 est resté tout le temps au pouvoir à l’exception de cinq années, ne peut, en vertu de la Constitution, briguer un nouveau mandat.
Le référendum de dimanche doit porter sur des amendements constitutionnels qui pourraient englober un relèvement de l’âge maximum des candidats à la présidentielle et la suppression de la limitation à deux mandats.
L’opposition a rassemblé des milliers de manifestants en septembre dernier pour protester contre ces projets, mais le gouvernement a également mobilisé des milliers de partisans le 11 octobre dernier dans les rues de la capitale.
(Emma Farge,; Nicolas Delame, Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le service français)