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Mali: l’Accord de paix d’Alger face à la transition

Des questions se posent sur l’avenir de l’Accord de paix d’Alger, censé ramener la paix. Que vont faire les

nouvelles autorités maliennes de cet accord?

Pour la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), la balle est dans le camp de Bamako. “Nous voulons des discussions avec les militaires et les autorités de transition et plus d’engagement, en vue d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord d’Alger“, dit Al Tanata Ag Ebalack, vice-président de la CMA à Menaka.

Le mouvement affirme tout mettre en oeuvre pour sauver cet accord. “Si cet accord ne marche pas, ce sera très grave pour le pays. Nous ne pouvons pas dire grand-chose en ce moment, car la transition n’a pas encore vraiment commencé. Nous gardons nos forces intactes sur le terrain. On maîtrise la situation sur le terrain. C’est à eux de voir ce qu’il y a lieu de faire. Nous souhaitons qu’ils prennent en compte cet accord et qu’il l’applique sérieusement pour nous permettre de sortir de cette situation difficile”, estime Al Tanata Ag Ebalack.

Un accord à réviser

L’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta en 2015 lors de la signature de l’Accord d’Alger

La CMA, qui  n’a pas pris part aux concertations nationales organisées il y a quelques jours, dit cependant prendre acte de la  nomination du colonel Bah N’Daw à la tête de la transition. Un colonel considéré par certains Maliens et analystes, comme réfractaire à la signature de  l’Accord d’Alger.

Pour Boubacar Salif Traoré, spécialiste des questions de sécurité et de développement dans le Sahel, les autorités de transition vont certainement avec la CMA, réviser certains points de l’Accord d’Alger. “En décembre 2019, il y a eu le dialogue national inclusif qui avait demandé de revoir l’accord de paix d’Alger. De 2015 à ce jour, il y a eu très peu d’avancées dans la mise en œuvre de cet Accord d’Alger et l’Algérie tente de relancer les choses et en l’espace d’un mois, des négociateurs algériens ont effectué deux voyages au Mali pour rencontrer la junte au pouvoir“, explique le chercheur.

“Si cet accord ne marche pas, ce sera très grave pour le pays”, (Al Tanata Ag Ebalack, vice-président de la CMA)

Pour le chercheur malien, au nombre des points qui pourraient faire l’objet de discussions,“il y a l’élection des présidents de région au suffrage universel direct. Le Mali est un pays très fragile avec des institutions très faibles et ce type de disposition peut  conduire à une déstabilisation plus poussée. Il y a aussi la création d’un Sénat, la question des Kaddi, ces juges religieux, sans oublier la question de l’intégration des anciens combattants dans l’armée.”

L’Accord d’Alger tarde à être appliqué et de vastes étendues du Nord du Mali demeurent sous le contrôle des ex-rebelles indépendantistes. La CMA contrôle Kidal, à 1.500 km au Nord-Est de Bamako.

En mai dernier, le gouvernement malien avait accusé la CMA “d’actes attentatoires à la souveraineté nationale” et lui avait reproché de violer l’Accord de paix d’Alger.

Source: DW
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