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Mali : créer et opérationnaliser des écoles de formation au sein des partis politiques

Au Mali, la lourde tâche de formation politique des citoyens a été dévolue en priorité aux partis politiques. Ils doivent créer les conditions pour former et faire adhérer leurs militants à la cause publique et politique.

 

« Si un militaire sans formation politique est un criminel en puissance », selon la célèbre phrase de Thomas Sankara, alors, un citoyen tout court, sans formation politique, est une perte et même un danger pour un État à régime démocratique comme le nôtre. La démocratie fait du citoyen le pivot central d’un État. Et c’est la politique qui s’occupe de tout sous ce régime.

Sans la formation, le citoyen ne saura pas jouer pleinement son rôle. De l’acte de vote au contrôle des dirigeants politiques, en passant par la connaissance des institutions, des règles civiques, la préparation et la formation idéologique des acteurs politiques d’avenir, les notions de respect et d’utilisation efficiente des biens publics, le don de soi à la cité et l’esprit de conscience et de responsabilité envers son pays, la formation politique a une portée générale.

Faillite des partis politiques

La loi portant Charte des partis politiques dispose, en son article 35, que « les partis politiques ont vocation à contribuer à l’édification de l’État de droit et à la consolidation de la démocratie, et assurent par cette voie une fonction éducative ». L’article 36 explicite : « Les partis politiques ont l’obligation d’assurer la formation civique de leurs membres, en conformité avec les principes moraux et sociaux aptes à forger des citoyens conscients de leurs devoirs envers la collectivité nationale, par la stimulation de l’esprit de solidarité, de tolérance et de dialogue, la promotion de la participation démocratique et pacifique à la vie nationale, et le respect de l’intérêt général ».

C’est tout ce qui a manqué d’être fait dans ce pays. En dehors des périodes de mobilisation électorale, la plupart des partis politiques disparaissent de la scène politique et publique. A tel point que le militantisme politique s’est réduit aux actions de promotion de son parti pour accéder au pouvoir et, ainsi, gagner des postes et faire la mainmise sur l’appareil d’État.

Les citoyens ou les militants des partis politiques ne bénéficient pas de formations aptes à faire d’eux des citoyens imprégnés de leurs devoirs civiques et de futurs cadres politiques éduqués et prêts à assumer pleinement des responsabilités au sommet de l’État. Résultat : le citoyen souffre d’un défaut de culture politique et s’intéresse de moins en moins à la vie publique.

Faire fonctionner les écoles de partis

Avoir une école de formation politique fonctionnelle en son sein doit être une des conditions impératives pour pouvoir créer et faire exister un parti politique au Mali. Cette école doit servir à former les militants du parti sur la base d’un programme pédagogique bien défini. Chaque militant doit désormais être cultivé et imprégné des valeurs politiques et civiques, afin qu’il soit engagé pour la cause de son pays et de ses concitoyens.

Au cours d’un café politique organisé par l’Institut néerlandais pour la démocratie multipartite (NIMD), qui a d’ailleurs mis en place des écoles politique et démocratique pour former des jeunes, l’ancien Premier ministre Moussa Mara a suggéré qu’il faut que les écoles de partis déjà existantes « se concertent pour travailler sur plus d’approfondissement de la citoyenneté » et, certainement, convenir d’un programme unique pour assurer l’uniformité dans l’enseignement.

Déjà, des partis politiques comme l’Adema-PASJ, l’ADP-Maliba ou Yelema se félicitent d’avoir une école politique en leur sein. Encore faudrait-il, cependant, qu’elles soient fonctionnelles, comme l’a signalé M. Mara au cours de la rencontre.

Si nous voulons véritablement faire fonctionner la démocratie dans notre pays, il faut former les citoyens à tous les niveaux. Et les partis politiques doivent jouer pleinement leur rôle. L’école classique aussi devra assurer sa part de mission sans oublier les communautés de base que sont nos familles. Il faut d’ores et déjà se mettre à la tâche pour l’atteinte de cet objectif.

Source : BENBERE

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