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L’armée française face au défi des « engins explosifs improvisés »

Explication

En moins d’une semaine, cinq militaires de la force française Barkhane sont morts au Mali, touchés par des engins explosifs improvisés (IED).

► Que représente la menace des IED ?

« Les terroristes utilisent l’arme des lâches, ces engins explosifs glissés sous le sable du désert ou sur les axes routiers et qui se déclenchent au passage des militaires français ou des véhicules civils », a déclaré lundi 4 janvier la ministre des armées, Florence Parly, dans Le Parisien. Ce sont des « méthodes pernicieuses de guérilla », a-t-elle ajouté, à propos de ces engins explosifs improvisés (improvised explosive device, IED, en anglais), apparus lors du conflit en Afghanistan. Le site du ministère des armées en donne une définition : « Toute bombe artisanale, entièrement fabriquée maison ou en partie seulement, à partir de produits chimiques disponibles librement sur le marché (engrais par exemple) ou de munitions conventionnelles détournées de leur usage premier, est un IED ».

Ces engins constituent l’une des principales menaces pour les soldats de Barkhane au Mali. Trois d’entre eux ont ainsi été tués par une bombe artisanale, sur une escorte de convoi le 28 décembre, puis deux autres, lors d’une mission de reconnaissance le 2 janvier. Leur décès porte à 51 le nombre de militaires français « morts pour la France » depuis 2013 au Sahel. Sur ce total, une quinzaine est décédée par IED. Des engins qui engendrent aussi des blessures – lésions dues au souffle, de criblage, amputations – mais aussi des blessures psychiques invisibles. Selon un rapport de deux députées en 2019, 20 soldats en opérations ont été blessés par armes ou engins explosifs l’an passé et 52 en 2018.

► Comment l’armée française fait face ?

À défaut de combat direct, les terroristes cherchent à déstabiliser les forces françaises par les IED, qui sont difficiles à détecter et donc efficaces dans la guerre psychologique. « Le phénomène n’est pas nouveau et toutes les mesures sont prises pour réduire la menace, en amont, pendant, et après chaque déplacement », assure le porte-parole de l’état-major, le colonel Frédéric Barbry. Sur le terrain, « les troupes sont accompagnées par des équipes du génie qui peuvent effectuer des recherches » et « il existe aussi des moyens électromagnétiques de brouillage » pour empêcher les déclenchements.

Tout dépend de la charge explosive. L’armée française n’ignore pas cependant la fragilité de ses véhicules blindés légers (VBL) qui datent du début des années 1990 et souffrent de la chaleur et du sable. Les cinq soldats décédés étaient à bord de tels blindés. « Près de 30 % des engins blindés au Sahel sont des VBL, engins de reconnaissance incontournables en opération, aujourd’hui insuffisamment protégés », a admis le général François Lecointre, chef d’état-major des armées, le 15 octobre, devant les députés. « Cette vulnérabilité a malheureusement entraîné un certain nombre de blessés et de morts parmi nos hommes. » Un programme est en cours pour rénover le parc de 800 engins : 14 véhicules au nouveau standard de lutte contre les IED ont été déployés au Sahel, en attendant la livraison de 45 supplémentaires.

► Les bombes artisanales font-elles d’autres victimes ?

« La part des IED qui touche les militaires est faible par rapport à la population civile », fait valoir le colonel Barbry. Paru en novembre 2020, le rapport annuel de l’Observatoire des mines relève : « Les cinq États qui ont déploré le plus de victimes en 2019 sont l’Afghanistan (1 538 morts), le Mali (345), l’Ukraine (324), le Yémen (248), et le Nigéria (239). » Selon lui, le Mali a subi « une augmentation significative des incidents causés par des IED ».

Source: la-croix.

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