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L’agence française de lutte contre les ingérences numériques sur les rails

Détecter et identifier des attaques, repérer les productions des “fermes à trolls”, favoriser l’intégrité de l’élection présidentielle de 2022. L’agence de lutte contre les ingérences numériques étrangères en France, Viginum, commence ses travaux dans quelques jours.

 

Gabriel Ferriol, un conseiller à la Cour des comptes, a été choisi par le Premier ministre Jean Castex pour la piloter “à compter du 15 octobre”, selon l’arrêté paru au Journal officiel mercredi. Soit quatre mois après l’annonce de la création de cette agence, qui dépendra du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), placé sous l’autorité du chef du gouvernement.

Les ingérences numériques, tentatives de manipulation des opinions sur les réseaux sociaux ou actions de piratage, se sont multipliées dans les campagnes électorales occidentales ces dernières années.

“C’est très positif que l’État se dote de ce type de structures pour qu’on puisse avoir une collaboration vraiment forte”, a réagi Anton Battesti, le responsable des Affaires publiques du géant Facebook, qui a ajouté que son groupe allait travailler avec Viginum.

Avec cette agence, “il ne s’agit pas de corriger ou rétablir la vérité, mais d’arriver à détecter les attaques quand elles viennent de l’étranger, pouvoir les caractériser et d’une certaine manière les attribuer pour pouvoir permettre aux hommes politiques, aux diplomates, à la justice et la presse de constater que sur 400.000 tweets de reprise de telle ou telle information, 200.000 viennent d’une ferme à bots (des comptes automatisés, NDLR) dans une région hors de notre pays ou que tel débat provient d’une ferme à trolls”, avait-il expliqué devant la Commission de la défense de l’Assemblée nationale.

Parmi les cas les plus emblématiques : les ingérences en provenance de Russie pendant la présidentielle américaine de 2016, qui ont fait l’objet d’une enquête approfondie des autorités américaines.

Début septembre en Allemagne, à quelques semaines des élections législatives, la justice a ouvert une enquête pour cyber espionnage de députés, derrière lequel Berlin soupçonnait la main du Kremlin.

​ Mais la Russie n’est pas le seul pays soupçonné de tenter de manipuler les opinions.

​ “Comité éthique et scientifique”

​ Viginum sera un outil de détection, il ne sera pas chargé de “faire du renseignement. Ce qui nous intéresse c’est ce qui est en train de devenir pandémique sur le plan informationnel”, avait déclaré le Secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, Stéphane Bouillon, en juin.

​ Outre la campagne présidentielle française de 2022, le référendum d’autodétermination du 12 décembre prochain dans l’archipel français de Nouvelle-Calédonie constituera un point de vigilance, dans une région sous influence chinoise.

​ D’autres pays ou groupes d’États se sont d’ores et déjà dotés de telles structures. L’Union européenne par exemple a créé en 2015 “East Strat Comm”, spécifiquement consacrée à lutter contre les manipulations en provenance de Russie. Au Royaume-Uni, le programme NSCT, rattaché aux services du Premier ministre, est chargé de ces missions, tandis qu’aux États-Unis, c’est un organisme rattaché au département d’État, le GEC, qui en est chargé.

​ Ces organismes ne sont généralement pas très connus du grand public, contrairement à ce qui se passe en Russie, où les autorités exercent un contrôle serré d’internet, allant jusqu’à la censure de certains sites.

​Le Service fédéral de supervision des communications, des technologies de l’information et des médias de masse, ou Roskomnadzor, est très présent dans la vie politique. Il dépend du ministère des Télécommunications et sa mission officielle est de “vérifier la conformité avec les lois protégeant le respect des données personnelles des internautes”.

​ En France M. Ferriol sera secondé par le lieutenant-colonel Marc-Antoine Brillant, nommé en juillet. Il a notamment dirigé la Task Force “Honfleur”, une cellule mandatée par l’exécutif pour enquêter sur une campagne de désinformation antifrançaise apparue sur les réseaux sociaux après l’assassinat en octobre 2020 de l’enseignant Samuel Paty par un islamiste. Ce bruit de fond s’avérera d’origine turque. Cette expérimentation est à l’origine de la création de Viginum.

​ Pour encadrer le travail de ce service, les autorités ont installé un “comité éthique et scientifique” composé de huit “personnalités qualifiées dans les domaines de compétences du service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères”.

​ L’ancien ambassadeur de France en Chine et en Russie Jean-Maurice Ripert et la magistrate Marie-Christine Tarrare en font notamment partie, ainsi qu’une journaliste de l’AFP, responsable du service d’investigation numérique, Pauline Talagrand.

Source : voaafrique

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