La bataille de Kidal n’a pas fini de révéler tous ses secrets. Après la démission du tout puissant ministre de la défense Soumeylou Boubeye Maiga et de son chef d’Etat Major Général, le Général Mahamane Touré, et les boucans qui y sont colmatés, les langues se délient sur les raisons de la débâcle du 21 mai. Parmi ces raisons le manque d’engagement des jeunes militaires, dont la plupart n’ont pas connu l’épreuve du feu. Ce jeune sous-officier du camp militaire de Sévaré que nous avons rencontré, témoigne. « On nous a embarqué à bord d’un camion militaire en nous faisant croire qu’on va à Bamako, mais à notre grande surprise nous avons pris la direction du nord. Nous sommes d’accord qu’un militaire risque sa vie tous les jours et que la tenue est un sacerdoce. Mais un jeune militaire qui n’est pas habitué au feu à besoin de préparation psychologique. Le haut commandement aurait pu nous faire suivre par des vétérans. Pendant qu’on combattait nos parents appelaient pour nous dire de décrocher » a-t-il affirmé. Une preuve que l’armée malienne n’est plus la grande muette.
D’ailleurs des officiers Français se plaignent des FAMA, ils disent qu’ils veulent bien se faire accompagner par des militaires maliens, mais là où la bat blesse est que lors d’une opération militaire d’envergure certains appellent leurs parents à Bamako pour demander des bénédictions, dans le pire des cas ils informent leurs copines, or dans une guerre asymétrique, le silence est roi.
Badou. S. Koba
SOURCE: Tjikan