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Grève des évaluations de la COSES : LES QUATRE PILIERS DU DESACCORD

Arguments et contre-arguments renforcent la tactique de dispenser régulièrement des cours sans procéder à un quelconque contrôle de connaissances

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La grève de la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (COSES) porte déjà un coup dur à une année scolaire qui, écoulée aux deux tiers, n’a pas encore enregistré une seule évaluation. Même pas un simple devoir écrit ou oral pour la majorité des élèves des écoles secondaires publiques. Il y a lieu de se demander sur quels critères s’appuyer pour valider l’année si la situation ne change pas dans les jours qui viennent. Les militants de la COSES ont observé deux grèves de 72 heures chacune dès le début de l’année scolaire 2014/2015. La première du 28 au 30 octobre et la seconde du 10 au 12 décembre. Depuis, les enseignants insatisfaits ont opté pour la non évaluation. Une mesure médiane qui consiste, pour eux, à dispenser régulièrement des cours sans procéder à un quelconque contrôle de connaissances.
A l’origine de la protestation, 14 doléances dont 4 font toujours l’objet d’un désaccord total malgré de nombreuses rencontres et l’implication de toutes les bonnes volontés.
Le secrétaire général de la coordination, Adama Konaté, estime que ces 4 doléances sont « les plus importantes » pour ses militants. Ce qui explique en partie la persistance de l’absence d’évaluation. La COSES demande l’intégration de tous ses militants dans la Fonction publique de l’Etat conformément aux résolutions et recommandations du Forum national sur l’éducation de 2008. De prime abord, cela ne devait poser aucun problème puisqu’il s’agissait d’appliquer une décision nationale.
Interrogé sur la question, Mamadou Konta, le directeur des ressources humaines du ministère de l’Education nationale, souligne que les recommandations du forum exigeaient effectivement l’intégration des enseignants contractuels dans la fonction publique, sans autre précision. « Ce sont les différentes commissions mises en place par la primature pour l’application de ces résolutions et recommandations qui ont décidé de mettre les enseignants contractuels des collectivités dans la fonction publique des collectivités et ceux de l’Etat dans la fonction publique de l’Etat. Les enseignements fondamental et secondaire relevant des collectivités, on ne pouvait mettre les contractuels des collectivités, qui ne sont pas constitués des seuls enseignants, ailleurs », précise Konta.
Le directeur des ressources humaines ajoute que l’Etat s’était engagé à corriger les disparités qui existaient entre les deux fonctions publiques, (cf arrêté n° 3282 du 11 août 2011). Cette correction a permis aux personnes lésées par les déséquilibres entre les deux fonctions publiques, de bénéficier, comme leurs collègues, de la mobilité (mutation), des formations et des stages (plan de carrière), etc. La seule différence maintenant entre tous ces contractuels réside dans le fait que ceux de l’Etat peuvent changer de service alors que ceux des collectivités ne le peuvent qu’à la suite d’un détachement.
Le second point de friction est ce que les syndicalistes appellent « la réparation du préjudice » subit par leurs militants admis dans les fonctions publiques. Le secrétaire général de la COSES regrette qu’après des années de galère en qualité d’enseignants vacataires, ses militants admis dans les fonctions publiques en 2008 se sont retrouvés au bas de l’échelle comme de « vulgaires stagiaires » qui viennent juste de commencer. Adama Konaté exige pour eux un reclassement et rappelle que les intégrés de 2010 ont pourtant bénéficié, eux, de tous les avantages liés au reclassement. Il assure que ce point avait fait l’objet d’un accord, il y a trois ans, avant que les autorités ne se rétractent.
Sur ce second point aussi, le DRH du ministère de l’éducation a une opinion totalement différente de celle du syndicaliste. Mamadou Konta assure que l’intégration est désormais faite à concordance d’indice, mais que le cas évoqué par le responsable de la COSES concerne ses militants admis au concours d’entrée dans la fonction publique des années 1990. « Ceux-ci ne peuvent bénéficier de cette concordance d’indice dans la mesure où aucun acte juridique à l’époque ne les autorisait à faire le concours », se défend-il.

CRISE DE PROFESSEURS. La troisième revendication, objet d’un désaccord total, est la passerelle entre le secondaire et le supérieur. A la COSES, on a du mal à accepter qu’au lieu d’une passerelle, on exige des enseignants du secondaire détenteurs d’un master et d’un DEA, d’être obligatoirement admis à un concours pour accéder au supérieur. Ce n’est pas tout. Une fois admis, leur ancienneté compte pour rien puisqu’ils deviennent des assistants pendant des années dans un ordre d’enseignement qui se caractérise pourtant de façon récurrente par une crise de professeurs. Argument contre argument, Mamadou Konta précise que la passerelle ne peut pas s’appliquer aux contractuels de collectivités parce qu’ils ne relèvent d’aucune structure de la Fonction publique de l’Etat. « Néanmoins, ils peuvent faire le concours et à leur admission au supérieur, ils commenceront au plancher de l’échelle, ce que ne veulent pas entendre les syndicalistes de la COSES », souligne le DRH.
4è motif de casus belli : le rejet systématique de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), exactement comme au supérieur. Adama Konaté demande le remboursement intégral des sommes prélevées chez tous ses militants non adhérents. Ceux-ci après s’être opposés à leur adhésion ont formulé des demandes de non adhésion, comme leurs camarades du supérieur encore. Mais à leur grande surprise, seuls les réticents du supérieur et ceux des services centraux ont été remboursés. Cette fois DRH semble dire la même chose que les syndicalistes. Mamadou Konta, lui aussi, ne s’explique pas les raisons de l’omission des militants de la COSES dans ce remboursement et assure que la CANAM travaille à corriger la situation.
Le reste des doléances, au nombre de dix, englobe des paiements d’arriérés, des régularisations de situations administrative et financière, des octrois de primes etc. Certains ont fait l’objet d’un accord total. Pour d’autres, seul le principe de leur traitement est acquis. Pour ce lot de revendications, les syndicalistes exigent un chronogramme que personne, parmi leurs interlocuteurs, n’envisage d’établir avec eux. Méfiant, Mamadou Konta confirme qu’il ne peut être question d’un chronogramme car les revendications, qui ne relèvent pas d’un seul département, sont généralement d’ordre financier et non budgétisées. Il faut alors faire des demandes de crédits et patienter. « Dans de telles conditions, quel chronogramme peut-on établir ? Toutefois le ministre a montré sa bonne foi en mettant en place une commission de suivi en vue du règlement définitif de toutes ces doléances, une commission dans laquelle la COSES est représentée. Des décaissements ont été effectués et d’autres sont en cours de traitement, mais personne ne pourra dire à quelle date précise on pourra régler des arriérés de plusieurs années », souligne le DRH du ministère de l’éducation nationale.
C. DIAWARA

source : L Essor

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