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Gao : sous la loi des djihadistes, enlèvements de bétail et prélèvement de la zakat

Dans certaines localités de la région de Gao, les groupes dits terroristes demandent aux éleveurs de payer la « zakat » pour éviter qu’ils n’emportent leur bétail.

 

Les enlèvements de bétail sont fréquents dans la région de Gao. D’Ansongo à Bourem en passant par Gao, des populations de presque toutes les communes rurales de la région sont passées à la caisse auprès des groupes terroristes pour pouvoir récupérer leur bétail enlevé. C’est la situation désolante à laquelle les populations rurales assistent impuissantes.

Selon le mode opératoire utilisé dans la région, excepté la commune urbaine de Gao, beaucoup de spécialistes s’accordent à dire que les auteurs de ces enlèvements de bétail et des prélèvements de la « zakat » appartiennent à des groupes qualifiés de terroristes. « Certains éleveurs nous ont rapporté que ceux qu’ils ont croisés seraient des éléments de Abdoul Hakim al-Sahraoui [figure importante du mouvement connu sous le label de l’État islamique dans le grand Sahara (EIGS)]. Il s’agit d’un ancien chef du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), bien connu des populations de Gao », nous explique un défenseur des droits humains.

Nous savons que plusieurs groupes terroristes sont signalés dans la région, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et la branche de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (EIGS). Pour le défenseur des droits humains, « ces enlèvements et prélèvements de zakat peuvent venir de tous ces groupes dans une zone échappant au contrôle des forces régulières. »

« 800.000 francs CFA pour une centaine de têtes de bœufs »

Les groupes dits terroristes envoient toujours des messages pour demander aux éleveurs de s’acquitter de la « zakat » auprès d’eux. La «zakat », troisième pilier de l’Islam, est l’aumône légale que tout musulman est tenu de donner à plus nécessiteux que lui ou aux services de prélèvement.

Pour chaque troupeau de bœufs, il y a un montant précis à payer. « Ils ont demandé dans mon village de payer 800.000 francs CFA comme zakat pour un troupeau d’une centaine de têtes de bœufs », témoigne M. Diallo, fils d’éleveur, vivant à Gao. Lorsque les éleveurs refusent de passer à la caisse pour s’acquitter de la « zakat » que les terroristes viennent enlever les animaux.

Dans certains cas aussi, les terroristes ont purement et simplement enlevé les animaux sans demander aux propriétaires de s’acquitter de la « zakat ». Il s’agit là des animaux de propriétaires identifiés comme collaborant avec des représentants de l’État ou des forces armées étrangères.

Source : benbere

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