Le gouvernement gabonais a menacé de poursuivre en justice l’opposant Jean Ping, candidat à la présidentielle de 2016, pour avoir déclaré qu’il voulait « se débarrasser des cafards »
Dans un extrait vidéo datant de mars, qui a créé une large polémique dans la presse gabonaise, et relayé il y a quelques jours par la télévision nationale (proche du pouvoir), l’opposant lance: « Quand on s’en va dans une bataille comme la présidentielle, on va au cimetière, on dit aux morts on s’en va à la guerre, levez-vous et accompagnez-nous! »
« Il s’agit d’une véritable expédition pour nous débarrasser des cafards », a-t-il poursuivi.
Les partisans de M. Ping, ancien président de la Commission de l’Union africaine, ont qualifié la vidéo, tournée lors d’une rencontre en province avec des villageois, de « montage grossier ».
Pour le gouvernement, M. Ping « appelle clairement à la guerre civile et à l’élimination d’une partie de la population gabonaise, qualifiée de cafards ».
« M. Ping emploie des termes guerriers. Ce sont des termes sans équivoque, qui rappellent certaines tragédies de l’histoire de l’humanité », précise le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Alain-Claude Bilie By Nzé, qui n’hésite pas à rapprocher ces propos à Hitler et au génocide rwandais.
« Adolf Hitler traita les Juifs de cafards. Plus près de nous, au coeur de l’Afrique centrale, des extrémistes hutu insultèrent les Tutsi de cafards: il y eut le génocide rwandais ».
Le gouvernement « condamne avec la plus grande fermeté » ces propos, qui « sont l’expression d’une violence verbale sans précédent dans notre pays ».
« Ces propos prouvent également les limites d’une opposition en manque de projets et de crédibilité, qui n’a que la guerre et le chaos à proposer aux populations gabonaises », a ajouté le porte-parole, précisant que le gouvernement « explore toutes les voies de droit pour donner une suite judiciaire à ces propos ».
L’élection présidentielle, qui doit avoir lieu entre août et octobre, opposera le président sortant Ali Bongo Ondimba, candidat à un deuxième mandat, à plusieurs personnalités de l’opposition comme Jean Ping, l’ex-président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, ou l’ex-Premier ministre Raymond Ndong Sima.
Source: bbc afrique