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Fmi-Gouvernement du Mali : La guerre est terminée

« Les problèmes relatifs aux dépenses extrabudgétaires, liées à un avion présidentiel et à un contrat militaire, ont été résolus », affirme une déclaration publiée par le Fmi hier après-midi.

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Hier, en début d’après-midi le Fonds monétaire International et le gouvernement malien ont finalement signé un accord, qui met fin à la crise qui couvait entre les deux parties depuis le mois de juin dernier et qui avait amené à la suspension momentanée du programme approuvé et mis en place par elles en décembre 2013. La crise, on s’en souvient, était née de la contestation par le Fmi de l’achat, de façon extra-budgétaire, d’un avion présidentiel et la conclusion d’un contrat d’achat de fournitures militaires.

 

En tirant sur cette contestation, le Fmi avait décidé de suspendre ses décaissements au profit du Mali, avait retardé la première revue du programme économique du pays appuyé par la Facilité Élargie de Crédit (Fec) du Fmi, avait exigé l’audit des deux contrats d’achat d’un avion présidentiel et de fournitures militaires, et finalement avait exigé des modifications dans le texte relatif aux marchés publics en ses dispositions relatives aux dépenses dites de souveraineté ou classées secret défense.

 

Il y a quelques jours, le gouvernement a adopté un texte modificatif desdites dispositions. Aussi, après près de deux semaines (du 11 au 25 septembre 2014) de chaudes discussions entre une délégation du Fmi et les experts maliens du Ministère des Finances, les deux parties ont-elles réussi à taire leurs dissensions et à sauver le programme qui les lie. Mettant ainsi fin à près de quatre mois de guerre intense qui a mis l’économie malienne au ralenti.

 

Après la signature de l’accord intervenu hier, le Fmi a publié un communiqué dans lequel il affirme que “Les problèmes relatifs aux dépenses extrabudgétaires, liées à un avion présidentiel et à un contrat militaire, qui avaient retardé la première revue, initialement programmée pour juin, ont été résolus. Cette résolution s’est déclinée comme suit : publication des rapports indépendants d’audit sur ces tractations ; communication relative aux processus de sanctions ; correction de la surfacturation des contrats militaires ; application de contrôles rigoureux aux futurs marchés militaires ; et incorporation de toutes les dépenses extrabudgétaires au budget de l’État et leur élimination à l’avenir.

 

« Le Gouvernement va très bientôt soumettre une nouvelle Loi de finances rectificative à l’Assemblée nationale pour régulariser les dépenses extrabudgétaires pour un montant de 30 milliards de Fcfa à financer par un recours au marché financier régional. Cet ajout portera le déficit budgétaire global à 5,8% du Pib, à comparer à 5,2% dans la Loi de finances rectificative approuvée en août.” Nous y reviendrons.

Baba SANGARÉ

 

 

Fonds monétaire international (FMI) :

Déclaration au terme d’une mission de Fmi au Mali

Une mission du Fonds Monétaire International (Fmi) dirigée par M. Christian Josz a séjourné à Bamako du 11 au 25 septembre pour mener des entretiens dans la perspective des première et deuxième revues du programme économique des autorités appuyé par la Facilité Élargie de Crédit (Fec) du Fmi et approuvé en décembre 2013.

 

La mission a été reçue en audience par le Président de la République, M. Ibrahim Boubacar Kéita, et a rencontré le Premier ministre, M. Moussa Mara, le Ministre de l’Économie et des Finances, Mme Bouaré Fily Sissoko, le Directeur national de la Bceao, M. Konzo Traoré, le Président de la Cour suprême, M. Nouhoum Tapily, le Président de Section des comptes de la Cour Suprême, M. Kloussama Goïta, le Vérificateur général, M. Amadou Touré, et des représentants de l’Assemblée nationale, de la société civile, des syndicats du secteur privé et des partenaires techniques et financiers du Mali.

 

            Au terme de la mission, M. Josz a rendu publique la déclaration suivante :

« En 2014, l’économie malienne renoue avec sa trajectoire de croissance normale, avec un Produit Intérieur Brut (Pib) réel qui progresse de 5,8%. En 202, le taux de croissance avait été nul en raison de la crise sécuritaire et en 2013, il n’avait été que 1,7% par suite des mauvaises récoltes. L’inflation reste faible, se situant à 1%, après un niveau de -0,6% en 2013. Les projections pour 2015 misent sur une croissance réelle qui devrait se maintenir aux alentours de 5,5% et sur une inflation qui devrait rester nettement inférieur à l’objectif de 3% de l’Uemoa.

 

La mission est parvenue à un accord qui permettra de proposer la conclusion des première et deuxième revues du programme Fec. Ces revues seront soumises à l’approbation du conseil d’administration du Fmi en décembre 2014. Les problèmes relatifs aux dépenses extrabudgétaires, liées à un avion présidentiel et à un contrat militaire, qui avaient retardé la première revue, initialement programmée pour juin, ont été résolus. Cette résolution s’est déclinée comme suit : publication des rapports indépendants d’audit sur ces tractations ; communication relative aux processus de sanctions ; correction de la surfacturation des contrats militaires ; application de contrôles rigoureux aux futurs marchés militaires ; et incorporation de toutes les dépenses extrabudgétaires au budget de l’État et leur élimination à l’avenir. »

 

« Le Gouvernement va très bientôt soumettre une nouvelle Loi de finances rectificative à l’Assemblée nationale pour régulariser les dépenses extrabudgétaires pour un montant de 30 milliards de Fcfa à financer par un recours au marché financier régional. Cet ajout portera le déficit budgétaire global à 5,8% du Pib, à comparer à 5,2% dans la Loi de finances rectificative approuvée en août.

 

La mission salue le budget que le Gouvernement entend déposer à l’Assemblée nationale en octobre. Ce budget qui contiendra la base du programme Pib pour 2015, vise un déficit global de 4,4% du Pib. le déficit est financé pour trois quarts par l’appui des bailleurs de fonds, le reste étant couvert par le marché financier régional. La mission se réjouit en outre du renforcement des réformes structurelles, notamment celles qui visent à améliorer l’administration fiscale, la maîtrise des dépenses et la gestion de la dette et de la trésorerie.

La mission souhaite remercier les autorités de l’excellente organisation des échanges, de la fourniture d’un ample volume d’informations et de l’esprit franc et productif qui a animé les entretiens. »

 

Département Communication du Fmi

SOURCE: Nouvel Horizon
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