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Emmanuel Macron, un président “caméléon” qui bouscule en France comme en politique étrangère

Ses positions clivantes sur certains sujets et son exercice vertical du pouvoir ont heurté une partie des Français, jugeant Emmanuel Macron déconnecté de leurs réalités, mais sur le plan international, sa ténacité et son volontarisme ont fait avancer des sujets mémoriels et des enjeux européens.

“Le président caméléon”, comme l’a qualifié le quotidien Le Monde, a changé, adapté sa politique durant cinq ans de pouvoir, en bousculant et décontenançant les Français, qui l’ont souvent taxé d’arrogance.

Plus jeune président que la France ait connu, jamais élu auparavant, l’ancien ministre de l’Economie du socialiste François Hollande, a été propulsé au sommet en 2017 à seulement 39 ans, en utilisant avec maestria son image d’outsider ni de droite ni de gauche, et en surfant sur le délitement des partis traditionnels.

Entouré d’une équipe fidèle de trentenaires passés par la publicité, les cabinets de consultants ou la haute administration, M. Macron, diplômé de la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA), pur produit du système, ex-banquier d’affaires, a constamment montré une volonté de surprendre, quitte à choquer.

“Président des riches”

Il s’est vu très tôt qualifié de “président des riches” et des élites urbanisées, notamment après deux décisions parallèles de son début de mandat que la gauche n’a jamais acceptées: suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et baisse des aides au logement.

Pour un certain nombre de Français, son parcours et ses sorties maladroites, voire méprisantes – les gens “qui ne sont rien”, les “fainéants” réfractaires à toute réforme ou la prétendue possibilité pour les chômeurs de “trouver du travail en traversant la rue” – l’ont fait apparaître trop déconnecté de leur réalité quotidienne.

Emmanuel Macron s’est alors aliéné définitivement une partie de la gauche, dont il est pourtant issu, et des milieux populaires.

En décembre, il assurait pourtant lors d’un entretien télévisé avoir “acquis (…) beaucoup plus de respect pour chacun”, condition sans laquelle “on ne fait rien bouger”, reconnaissait-il, tout en revendiquant “une volonté de bousculer” dans l’exercice du pouvoir.

Paris risqués

A l’heure de l’urgence du changement climatique, assurant que “la France va prendre le tournant de la 5G”, M. Macron a aussi balayé en 2020 les critiques des écologistes en ironisant sur ceux qui préfèreraient le “retour à la lampe à huile”.

Sa proximité avec les cabinets de consultants, auxquels il a largement eu recours, ont encore écorné son image à la fin d’un mandat indélébilement marqué par le mouvement populaire des “Gilets jaunes” dénonçant sa politique sociale et fiscale en 2018-2019. Les violences ont profondément choqué une partie des Français.

Il a également pris des paris risqués, notamment celui de refuser en pleine pandémie un nouveau confinement réclamé par experts et ministres en janvier 2021, mais cette décision sera au final portée à son crédit.

“Quoi qu’il en coûte”

Emmanuel Macron termine d’ailleurs son mandat plus populaire que ne l’étaient à la même période ses deux prédécesseurs, le socialiste François Hollande et le conservateur Nicolas Sarkozy.

Délaissant finalement ses habits de réformiste libéral, le chef de l’État a opté pour des aides sociales et économiques massives pendant la pandémie, résumées par la formule “quoi qu’il en coûte”.

Ces dernières semaines, il a aussi mis en avant les mesures sociales de son projet, au moment où le report des voix de gauche s’annonce crucial.

“Nos vies valent plus que leurs profits”, a-t-il ainsi osé lors d’un meeting à Nantes (ouest), en reprenant un slogan d’extrême gauche.

Credo pro-européen

Mouvant sur certains terrains idéologiques, il ne s’est en revanche jamais départi d’un solide credo pro-européen. Il a fait de l’Europe le pilier central de sa diplomatie depuis cinq ans. Il plaide notamment pour le renforcement de l’Europe de la défense.

Aucun dirigeant n’a autant parlé au président russe Vladimir Poutine ces dernières semaines que M. Macron, en position d’intermédiaire pour les autres alliés occidentaux et pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Son quinquennat a été marqué par un spectaculaire réchauffement entre Paris et Kigali, après la publication en 2021 d’un rapport d’historiens – demandé par Emmanuel Macron – reconnaissant les “responsabilités accablantes” de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994.

Sur l’Algérie, avec laquelle les plaies sont encore vives soixante ans après la fin de la guerre (1954-1962), il a choisi de multiplier des “actes symboliques”, souvent critiqués, pour réconcilier les deux pays.

Il a par exemple reconnu la responsabilité de l’armée française dans la mort de l’avocat nationaliste algérien Ali Boumendjel en 1957.

Emmanuel Macron a aussi demandé “pardon” aux harkis, supplétifs algériens de l’armée française, qui furent “abandonnés” par Paris.

En février 2017, Emmanuel Macron, alors candidat à l’élection présidentielle, avait provoqué un tollé à droite et parmi les Français rapatriés d’Algérie en déclarant que la colonisation “c’est un crime contre l’humanité”.

Le premier président français né après la décolonisation a aussi pris des mesures pour apaiser les relations avec l’Afrique, comme la restitution d’œuvres d’art.

SOURCE: https://www.7sur7.be/
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