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Éditorial : le retrait malien et l’avenir incertain du G5 Sahel

Le Mali se retire du G5 Sahel, non sans exposer à la face du monde le boxon que c’était devenu en son sein. Prévue depuis plusieurs mois, la conférence des chefs d’État qui devait marquer le début de la présidence malienne ne s’est jamais tenue. Et Bamako y voit une violation des « textes de base ».

 

 La décision malienne, qui ne surprend personne et alors qu’on ignore si elle est réellement définitive, sonne peut-être le glas de ce mécanisme bâti autour de bonnes raisons et intentions mais grippé par moult difficultés, y compris la confiance troublée entre les pays membres dans une région malade des coups d’état, des conflits locaux et de la menace jihadiste qui déborde des frontières sahéliennes pour s’étendre de plus en plus aux pays côtiers.

Le communiqué lu par le porte-parole du gouvernement, colonel Abdoulaye Maïga, fait un réquisitoire caustique de l’organisation régionale, présentée comme sans autonomie de décision et instrumentalisée qui plus est. Par qui ? Il ne fait pas de doute qu’en parlant de « puissance extrarégionale », le gouvernement malien de transition jette des pierres dans le jardin de la France, avec laquelle les relations se sont dégradées depuis un an et qui est accusée de déstabilisation dans cette région ouest-africaine francophone par la rue, de Bamako à Niamey en passant par N’Djamena.

D’autant plus que l’une des tares congénitales que le G5 Sahel traine est d’avoir été présenté, notamment par ses contempteurs, comme une initiative de la France, en raison des efforts déployés par celle-ci dans les instances internationales pour son opérationnalisation. Cet activisme cachait, pour n’ombre d’observateurs, l’espoir caressé par Paris de partager, à court terme, le fardeau de la lutte anti-terroriste au Sahel avec la force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S) et, à long terme, de se désengager du bourbier sahélien. Mais ce dispositif, considéré comme « une addition de faiblesses [qui] ne fait pas une force », n’a pas apporté de plus-value face à l’ampleur de la conflictualité. Pire, déplorent souvent des observateurs avertis, les relations bilatérales avec la France ont au contraire plus évolué au détriment de la coordination entre les pays membres du G5 Sahel.

Le communiqué du colonel Maïga vise certains d’entre eux sans les nommer, à savoir le Niger et le Tchad accusés, à mots couverts, de mener un travail de sape contre les autorités maliennes. La balle est maintenant dans le camp des quatre autres pays pour travailler à sauver ce qui reste de l’organisation, sans le Mali de plus en plus isolé et sous sanctions de la Cedeao, alors que la violence y fait encore des ravages en dépit des discours triomphalistes sur la « montée en puissance de l’armée ».

Source : Benbere

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