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Edito : Le Mali transformé en ‘’Colonelbougou’’ !

La République des impitoyables a laissé place à celle des colonels affairistes qui ont accaparé tous les leviers du pouvoir après avoir usurpé la victoire du peuple contre le régime déchu IBK. Du coup, l’engagement pris le soir du 18 août 2020 (date du coup de force) pour la mise en place d’une transition concertée avec l’ensemble des citoyens en vue de bâtir une gouvernance démocratique, plurielle et égale a été trahi. Après avoir transformé le Mali en un ‘’colonelbougou’’, ces jeunes officiers putschistes, à leur tête Assimi Goïta, qui se sont révélés être des véritables « as en drible », jouent à la démagogie et au populisme.

 

Ils ont en premier lieu driblé le Mouvement du 05 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui s’est farouchement opposé au régime déchu. Ensuite, ils ont voulu faire le Mali sans les Maliens. Pour preuve, la gestion de la transition se passe de façon très opaque à travers l’exclusion tant des acteurs de la société civile dont la mission est le contrôle citoyen de l’action publique que la classe politique, à charge de l’animation du fait démocratique. Cette situation ne profite qu’a une minorité qui dirige de fait la Transition à travers une mainmise sur l’ensemble du pouvoir et tous ses leviers, constituant ainsi un frein à l’expression tant de la souveraineté du peuple. Et ce, malgré les appels, orientations multiples de la Cedeao que de toute la Communauté internationale.

L’administration malienne est malheureusement militarisée au moment où le pays fait face à une insécurité récurrente et grandissante et à une guerre contre les envahisseurs. 17 gouverneurs dont 13 militaires (colonels) ont été nommés pour les 20 régions que compte le pays. Ces nominations qui prennent en compte le nouveau découpage territorial du pays sont très militarisées. Décriées par la classe politique et les organisations des droits de l’homme, elles interviennent après l’occupation de presque tous les postes régaliens au sein du Gouvernement (Vice-présidence, défense, sécurité, administration territoriale, Réconciliation nationale) par les militaires putschistes et affairistes. Au moment où l’occupation des postes stratégiques du gouvernement de transition est de plus en plus contestée par la classe politique, les officiers sont encore nommés à la place des civils comme représentants de l’Etat dans 11 régions du pays. Il s’agit notamment des régions de Kayes, Koulikoro, Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal, Niono, Nara, Bougouni, Koutiala et San. Apparemment, les militaires (les colonels en majorité), censés être sur le terrain, occupent déjà tous les leviers du pouvoir. Même dans certaines structures ou on ne pas imaginer qu’ils soient gérés par un porteur uniforme, ils ont nommés des colonels. La Caisse nationale d’assurance maladie (Canam) et l’Office des produits agricoles du Mali (Opam), deux structures dont la direction a été confiée à des colonels. Cette forme de militarisation de l’Administration publique est source de frustration de la plupart des acteurs étatiques. En témoignent les contestations et grèves des syndicats de l’Administration.

Force est de constater que l’évolution de la situation sociopolitique nationale et de la marche de la Transition prend des tournures de plus en plus inquiétantes. L’espoir d’un changement véritable et d’un Mali nouveau s’est brisé. Les Maliens assistent impuissamment et désespérément aujourd’hui à l’apparition du pouvoir des colonels, qui ont usurpé leur victoire. Des véritables amateurs devant l’Eternel, ils perpétuent les pratiques d’une gouvernance chaotique combattues au prix du sang des martyrs tombés sous les balles assassines de la Forsat, le tout sur fond de propagation de l’insécurité et d’aggravation des risques de partition du pays.

Avec une frénésie, le régime des colonels de bureaux climatisés met à nue son incapacité à réussir la Transition, tant il peine à réunir les conditions d’une union sacrée des Maliennes et des Maliens, en adoptant seul des initiatives et démarches solitaires, notamment dans l’application de l’Accord issu du processus d’Alger et des manœuvres dilatoires pour donner l’impression d’inclusivité dans le processus d’adoption des réformes politiques et institutionnelles, et de tenue d’élections transparentes et crédibles.
Aliou Touré

Source : Le Démocrate

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