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Covid-19 : la difficile survie des travailleuses du sexe

La pandémie de Covid-19 a aussi mis à mal l’activité des travailleuses du sexe, qui tentent de survivre.

 

Cet article a d’abord été publié par le journal Mali Tribune.

Selon certaines organisations, la pandémie de Covid-19, comme toute autre crise sanitaire, a révélé au grand jour les inégalités existantes et touché de manière disproportionnée les populations déjà précarisées, marginalisées, et souvent ne bénéficiant pas des mécanismes de protection sociale. La riposte des gouvernements à la crise liée à la Covid-19 ne prend pas en compte les travailleuses du sexe. Leur clientèle étant aussi confinée, les travailleuses du sexe perdent toute protection et leur vulnérabilité augmente au point de ne plus être en mesure de subvenir à leurs besoins, ni à ceux de leurs familles.

Ecpat-Luxembourg est une ONG qui a pour mission, au Luxembourg et dans les pays où elle intervient dont le Mali, de lutter par tous les moyens légaux contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales ainsi que de sensibiliser et informer l’opinion publique sur les droits de l’enfant. « Nous luttons contre la prostitution, la traite des enfants à des fins sexuelles et le mariage précoce et forcé », explique-t-on à l’ONG. De son côté, l’Association de soutien au développement des activités de population (ASDAP), très impliquée dans la formation sur le genre au Mali, travaille dans plusieurs districts sanitaires et intervient dans l’autonomisation de la femme. Sa mission primaire est de promouvoir une meilleure qualité de vie pour les groupes vulnérables.

Reprise des activités

« Avant la Covid-19, confie S. C., travailleuse du sexe, je pouvais facturer l’heure jusqu’à 50 000 francs CFA. Mais, avec la pandémie et la rareté des clients, il m’arrive de faire l’heure à 30 000 francs CFA, 20 000 francs CFA ou même 15 000 francs CFA ». Elle a 18 ans et dit s’épanouir dans ce travail. Elle exerce cette activité depuis quelques années. Cette jeune dame a amélioré « son travail ». Elle a pris un appartement avec d’autres filles. Elles vivent en groupe.

Pour elle, les premiers mois de l’avènement de la Covid-19 ont été pires, car les revenus ont baissé. La baisse des tarifs s’adaptait aux conditions des clients qui, désormais, ont également perdu une grande partie de leur revenu. « Certains de nos clients n’avaient plus de travail. D’autres, par contre, travaillaient et continuaient de nous fréquenter mais, chose bizarre, ne nous demandaient pas le sexe, juste une oreille attentive. Ceux qui voulaient le sexe ne pouvaient pas respecter leur rythme habituel, n’ayant pas les moyens de payer ».

« Protéger la santé et les droits des professionnelles du sexe »

Pour notre interlocutrice, certains clients voulaient juste des escort girls pour leur tenir compagnie. « Avec la fermeture des boites de nuit, des clubs et même des chambres de passe, cela a beaucoup joué sur nous financièrement ». Elle poursuit : « Personnellement, cela m’a permis de comprendre la gravité de cette maladie et les difficultés qu’elle a occasionné, notamment la réticence des clients, soit par faute de moyens, soit par peur. Il m’arrivait d’appeler certains de mes clients réguliers. Leur réponse était toujours invariable : c’est compliqué avec la pandémie ». S. C. garde espoir. Les activités ont d’ailleurs repris leur cours normal.

S., un client, de son côté, avoue qu’il ne peut se passer des travailleuses du sexe.

« Elles assouvissent tous mes fantasmes et me procurent un plaisir indescriptible. Quand la Covid-19 a commencé au Mali, j’étais très inquiet que la maladie ne soit transmissible par voie sexuelle. Au moment où j’ai pu avoir cette certitude, je continuais à les fréquenter et au même rythme sinon pire », dit-il.

Le réseau mondial des projets sur le travail du sexe (NSWP, Global Network of Sex Work Projects) et Onusida ont publié récemment une déclaration commune invitant les pays à prendre des actions fondamentales et immédiates en vue de protéger la santé et les droits des professionnelles du sexe pendant la pandémie de Covid-19.

Source : Benbere

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