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Cour d’assises : peine maximale pour trafic de drogue

Elle a été interpellée avec une quantité importante de drogue dans ses bagages. Face aux juges, elle a choisi la dénégation systématique comme moyen de défense et se confond en excuses. Mais hélas

 

Ressortissante du Malawi, quadragénaire et mère de deux enfants BD a écopé de dix ans de réclusion criminelle à la suite de son jugement tenu à l’audience de la Cour d’assises de Bamako. Elle a été accusée de « traite de personne, trafic illicite de migrants et trafic international de drogue à haut risque ».

La dame a été appréhendée à l’aéroport international Président Modibo Keita Bamako-Sénou, en possession de 10 kilos et demi d’héroïne qu’elle avait dissimulé dans des sacs de voyage.

La Malawite avait voyagé par un vol de la compagnie éthiopien Air Line, en provenance de Blantyre (Malawi) après avoir pris le départ à Addis Abeba (éthiopie). En dépit des précautions qu’elle avait prises avant d’embarquer, elle n’a pas pu échapper aux contrôles des policiers à son arrivée à l’aéroport de Bamako. C’est là où son voyage a pris fin avant qu’elle ne soit interpellée et inculpée pour être jugée en assises après la procédure judiciaire normale en l’espèce. Dès son interpellation, elle est tombée sous les coups de l’article 95 de la loi n°01-078 du 18 juillet 2001 sur le contrôle des drogues et précurseurs en République du Mali.

Dans l’espoir de ne pas compliquer sa situation, à tous les niveaux de l’instruction de son dossier, elle a reconnu les faits. Pour se justifier l’inculpée a avancé son ignorance quant à la présence des produits incriminés dans ses bagages. Si face aux juges elle a pu donner le nom de celui qui lui a remis le colis suspect au départ, en revanche, elle a dit ne rien connaître de l’identité de celui à qui la drogue était destinée à Bamako.

La tête couverte de foulard face aux jurés, l’inculpée a soutenu mordicus ne pas être propriétaire de la drogue découverte dans ses bagages. Elle a avoué ignorer que le produit prohibé s’y trouvait. Cela a paru insuffisant comme argument pour convaincre les jurés. Ces derniers ont pensé que cette stratégie de dénégation systématique bien élaborée par l’inculpée n’était qu’un moyen de défense dans l’espoir de se sortir d’affaire.

Curieusement malgré qu’elle ait nié les faits en bloc, la dame s’est adressée aux juges en ces termes. « Je regrette ce qui s’est passé. Pardonnez-moi pour que je puisse retourner auprès de mes deux enfants restés
au pays ». Dans sa réquisition, le parquet a levé toute équivoque sur la culpabilité de l’inculpée. Sans autre forme de procès, pour le défenseur des citoyens, elle est coupable. « Cette dame est impliquée dans plusieurs cas de trafic à travers la sous région. C’est au Mali que son projet a échoué », a précisé le magistrat. Face à la culpabilité quasiment avérée de sa cliente, la défense a préféré plaider pour le pardon de la Cour. Dans la foulée, elle a plaidé coupable et sollicité la clémence de la Cour pour de larges circonstances atténuantes.

Mais la Cour l’a reconnue coupable et ne l’a accordée aucune circonstance atténuante. Le parquet a requis 10 ans de réclusion criminelle avec le paiement d’une amende de 50 millions. La défense n’était pas de cet avis, elle a déploré que sa cliente n’ait pas bénéficié de circonstances atténuantes. « Une faute avouée est à moitié pardonnée » a-t-elle plaidé. Mais l’inculpée a écopé de 10 ans de réclusion criminelle. En plus, elle devra payer une amende de 50 millions de francs CFA.

Tamba CAMARA

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Proxénète et ignorante de la gravité de son acte

Apparemment, ce jour là, les femmes semblaient être à l’honneur à la Cour d’assises de Bamako. Après le passage de la ressortissante du Malawi, ce fut le tour d’une Nigériane que nous désignons par son initiale « A » de se présenter à la barre. Si celle qui l’avait précédée face aux juges y était pour trafic de drogue. « A » quant à elle, devait répondre d’accusations relatives à « incitation à la débauche et proxénétisme ».

Certainement que cette ressortissante du Nigéria ignorait que l’acte qu’elle a posé était puni par la loi n°2012 du 12 juillet 2012. Elle est relative à la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées qui sont prévues et punies par et l’article 229 du code pénal avec possibilité de donner lieu à l’application de peines criminelles.
Nous sommes courant août 2018. Celle qui a été identifiée plus tard comme une ressortissante Nigériane n’arrêtait pas de se démener pour faire venir de son pays natal vers le Mali, une compatriote nommée « Princesse ».

Pour mieux appâter sa victime, « A » lui a miroité un bon travail, bien rémunéré dans une boutique de la place. Cette proposition était suffisante pour qu’elle parvienne à convaincre « Princesse » qui, de son côté, ne s’est pas donnée la peine de chercher à comprendre quoi que ce soit. Elle a, dans le feu de l’action, réuni les conditions pour répondre à cet appel de sa compatriote résidant au Mali. Par la suite, c’est une « Princesse » joyeuse qui a atterri au Mali pour s’adonner au travail que lui avait proposé « A ».

Mais une fois au Mali, la jeune Nigériane va déchanter. Le temps passe et elle comprend que sa compatriote l’avait trompée. Elle verra tout sauf une quelconque échoppe dans laquelle elle devrait être employée pour une quelconque rémunération. Plus tard, la pauvre comprendra que sa « Sœur » l’avait fait venir pour qu’elle se prostitue. Avec ce job, elle devrait non seulement se prendre elle- même en charge, mais aussi payer celle qui l’a fait venir au Mali. Au départ, ce travail a paru nécessaire pour elle afin qu’elle puisse avoir de l’argent dans son porte feuille. Au bout de quelques mois de « travail », son hôte lui réclame une somme de 1.200.000 francs CFA.

Une fois que sa patronne a obtenu ce qu’elle voulait, elle a mûri un plan machiavélique pour se débarrasser d elle. « A » invoque des raisons de maladie pour rentrer au Nigeria. De retour, elle a pris le soin de confier « Princesse » à GI, une autre compatriote pour le même travail. Aussi, cette dernière continuait à exploiter la jeune fille en tirant un maximum de profit du fruit de son « travail » nocturne. Il est arrivé un moment où le travail de Princesse n’était plus un secret pour personne dans le voisinage. C’est ainsi qu’un informateur anonyme a pris contact avec les gendarmes de Kangaba, localité où les faits se déroulaient pour les informer de cette sordide histoire.

Dans la foulée, en l’absence de la première patronne de « Princesse », les pandores ont interpelé GI. Ils lui ont clairement notifié le caractère illicite de l’acte qu’elle a posé. Coincée, GI a reconnu les faits sans ambages. Elle a avoué ignorer le caractère infractionnel de son acte. Durant toute la procédure, elle est restée constante jusqu’à la barre. Dans cette même logique, elle a sollicité la clémence de la Cour. Après délibération, elle a écopé de 3 ans de prison dont 1 avec sursis.

TC

Source : L’ESSOR

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