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Contre leur exclusion du CNT: la menace des députés de la 6e législature

Des députés de la 6e législature, dont le mandat a été écourté, à cause du putsch militaire du 18 août 2020 n’excluent pas de se rebeller à Bamako et dans leurs différentes circonscriptions électorales jusqu’à la prise en compte de leurs doléances par les autorités de la Transition.

 

À défaut d’être dédommagés, des députés de la 6e législature ont dénoncé leur exclusion dans la mise en place du Conseil national de la Transition, lors d’un point de presse ce mercredi matin. Devant les journalistes à la Maison de la presse, ces élus de la nation ont durci le ton contre les autorités de la Transition, après, selon eux, avoir épuisé de toutes les voies d’apaisement. « Les autorités de la Transition doivent rectifier le tir pendant qu’il est temps. Le peuple malien ne va jamais accepter cela », relève-t-on dans leur déclaration lue par Ely Diarra, vice-président du collectif mis en place, à cet effet. Pour l’occasion, il était entouré d’autres élus, dont le mandant de 5 ans a été écourté suite à la dissolution de l’Assemblée nationale par le président IBK dans la nuit du 18 août à Kita.
Dans leur document de plaidoyer, ils soutiennent que le CNT a des limites dans la continuité des affaires publiques.
« Le CNT proposé dans la charte de la transition ne peut en aucun cas remplacer l’Assemblée nationale sur le plan sous régional, régional et international », a insisté le vice-président Ely DIARRA.
Aussi, soutient-il, le CNT n’a pas la légitimité de se saisir de certains dossiers comme le vote d’une loi d’amnistie en faveur des acteurs du coup d’État du 18 août pour se mettre à l’abri d’éventualité de poursuite judiciaire.
« L’adoption d’un accord politique et social par l’ensemble des forces politiques et sociales du pays et son approbation par l’Assemblée nationale est nécessaire pour réguler la période transition afin de combler le vide constitutionnel dans la conduite des affaires publiques à l’instar de la crise de 2012 », estime le collectif.
D’où, explique-t-il, la demande de reprise du décret de nomination des membres du CNT en y incluant les 147 députés de l’Assemblée nationale sortante.
« Nous refusons d’être ignorés dans la construction de notre pays alors que nous avons été élus par ce peuple au nom duquel tout le monde parle », déclare-t-il. Avant d’annoncer la possibilité de manifestations du collectif, à Bamako et dans toutes les circonscriptions électorales pour revendiquer les droits du peuple. Il s’agit, insiste-t-il d’exigeant qu’ils soient associés de façon inclusive aux grands débats de la nation.
Ensuite, Hamidou Djimdé intime les autorités de la transition de revenir sur leur décision.
« Ils ont intérêt à le faire parce que nous n’allons plus nous asseoir et regarder les choses », fulmine-t-il, tout en affirmant que le CNT mis en place n’est pas représentatif de l’ensemble des circonscriptions.
« On n’a l’impression que le Mali se résume à Bamako et à Kati », a-t-il déploré.
Mme Dicko Belco Samassekou est, pour sa part, écœurée que des Maliens, qui ont manifesté contre l’élection d’une trentaine de députés, restent insensibles à la désignation controversée de 121 membres du CNT, l’organe chargé de débattre les grandes questions de la nation.
« Les personnes comptées dans les rues ne peuvent pas conduire les réformes attendues », a-t-elle dénoncé.
Par ailleurs, elle fait savoir que certains députés sont décédés du chagrin de la dissolution de l’Assemblée nationale pour avoir injecté leur économie dans leur campagne.
« Des élus sont menacés d’être déguerpis de leur maison qu’ils ont hypothéquée », a-t-elle souligné. D’où, son plaidoyer en faveur d’un mécanisme de dédommagement.

Par Sikou BAH

Source : INFO-MATIN

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