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Concrétisation de l’AES : Ce nouveau ensemble ne justifie t-il pas l’échec des organisations africaines ?

Le 25 mai 1963 ce jour là dans une atmosphère de fierté collective toute l’Afrique debout comme un seul  homme saluait la naissance de l’Organisation de l’unité africaine(OUA). Le jeu en valait la chandelle car pour la première fois les nations noires   d’Afrique tournaient le dos au congrès de Berlin qui a partagé le continent comme s’il était occupé par du bétail. Ironie du sort c’est 14 pays européens qui de novembre 1884 à  février 1885  allait se mettre d’accord sur le  dépeçage et le partage de cette terre berceau de l’humanité épicentre de grandes civilisations.  Voir des anciennes colonies qui avaient déjà été ravagées par l’esclavage parvenir à former un ensemble plus fort capable de discuter avec les plus grandes puissances du monde c’était inacceptable pour la race « aryenne » terme utilisé pour justifier la lutte féroce contre Adolphe Hitler  qui avait de la haine pour les juifs, les noirs, les Roms ou Tziganes. Histoire de faire savoir que la politique du chef nazi était aussi l’apanage des autres dirigeants occidentaux pour la petite anecdote lors d’une conversation Churchill a dit à Roosevelt : nous sommes pires qu’Hitler.

Comme une répétition du 25 mai 1963, en Avril 1955 lors de la conférence de Bandung  en Indonésie les peuples de couleurs réaffirmaient le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Depuis cette époque les grandes figures de la lutte anti-coloniale  ont compris la nécessité de s’unir à l’image des Etats Unis pour peser dans les relations internationales. Certes l’OUA était déjà une avancée pour une future intégration totale du continent. Si, elle a permis de limiter les différends  avec la politique de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation et si elle a permis de lutter pour  débarrasser l’Afrique des derniers vestiges de la colonisation  il n’en demeure pas moins qu’elle a été minée par des contradictions internes et externes. Pour bon nombre d’africains elle a plutôt servi les intérêts des puissances qui l’on utilisé comme opportunité pour servir leurs intérêts. L’argent étant le nerf de la guerre, même pour ses sommets , elle était obligée de solliciter l’aide des grandes puissances qui ont sauté sur l’occasion pour en faire le paramètre du néocolonialisme. Les dirigeants de l’époque étaient profondément divisés  au sujet du type d’intégration par lequel passé  pour une Afrique unifiée. Pour pallier les faiblesses de l’organisation panafricaine certains chefs d’Etats ont jugé nécessaire de mettre l’accent sur les organisations sous-régionales. Cela était prévisible quand on sait qu’au delà des frontières artificielles, la langue du colonisateur  a été un facteur handicapant. Ce faisant les anciennes possessions  coloniales dans un souci de corriger les erreurs de l’OUA ont utilisé la langue comme une aire géographique.  Partant, le continent africain s’est retrouvé avec des pays francophones liés à la francophonie, des pays anglophones avec le Commonwealth, des pays de langue portugaise liés au Lusophone et les anciennes colonies espagnoles lié à l’hispanophone. Cette dispersion a malmené l’Afrique   sur le plan économique au point de permettre au  capitalisme international de disposer de ses matières à des prix défiants toute concurrence. C’était une bonne opportunité  pour ces puissances qui ont mélangé la chèvre et le chou en empêchant le continent de se doter d’une industrie puissante pour transformer cette richesse fabuleuse et mettre à l’abri du chômage   cette jeunesse nombreuse. C’est dans ce contexte de confusion que les pays de l’Afrique de l’Ouest décidèrent  de porter sur le toit de l’intégration, la CEDEAO. Le paradoxe  ce que l’initiative est venue des militaires qui étaient au pouvoir. Rappelons qu’à l’exception du Sénégal,  de la Côte d’Ivoire, du Liberia et de la Gambie, c’était la période glorieuse des Kakis avec son cortège incontesté du culte de la personnalité. C’est dans ce contexte que par le traité de Lagos signé le 28 mai 1975, le Benin, la Haute Volta (Burkina Faso),la  Côte d’Ivoire, la Gambie, le  Ghana, la   Guinée,  la Guinée Bissau, le Liberia, le  Mali, le  Niger ;  le Nigeria, le Sénégal,  la  Sierra Leone, le Togo adhérèrent à la CEDEAO.  L’idée géniale  de cette belle initiative avait pour but une intégration économique  des Etats de la région qui devait aboutir à une intégration politique pour enfin exaucer  les vœux des grands panafricanistes qui continuent à prier dans leurs tombes pour que l’Afrique soit enfin unie dans une solide alliance politique et économique. Les pays de l’Afrique Australe  suivront en mettant en place la SADCC en 1980 qui deviendra la SADC en 1990.  La CEDEAO   pouvait se vanter déjà  d’être plus active que l’ancêtre de l’Union africaine. On a  pas besoin de le savoir pour que dans un  espace les ambitions se concrétisent, il faut la paix  et le président ATT le disait sans paix, il n’ya pas de développement. La CEDEAO a œuvré dans ce sens mieux que l’OUA, elle s’est impliquée pour que les frères  du Mali et du Burkina Faso fassent taire les armés lors du malheureux conflit de 1985 appelé guerre de noël. Elle a engagé des pourparlers de paix pour que le conflit sénégalo mauritanien ne dégénère en une guerre ouverte. Un événement qui restera mémorable pour la CEDEAO, l’intervention de sa branche armée au Liberia en 1990 pour s’interposer entre les forces gouvernementales dirigés par le président Samuel Doe et les rebelles du Front national  patriotique du Liberia de Charles Taylor. Sur le plan international, elle a accordé une audience à la CEDEAO. Pour le monde occidental cette action relevait simplement du miracle. Ce qu’il faut comprendre ce que l’organisation sous-régionale ouest africaine évoluait au même rythme que la Communauté économique européenne (CEE) aujourd’hui union européenne. Cela les « blancs » ne pouvaient l’admettre. Et pour envoyer vers le précipice la CEDEAO, ils ont commencé par imposer la démocratie aux pays africains avec des reformes bidons qui empêchaient les pays de payer leurs cotisations. Toute chose qui les a permis de s’engouffrer dans la brèche et d’imposer des conditions pour débloquer les fonds   Pire à la faveur du vent de la démocratie, des reformes mal inspirées ont été imposées avec des textes inadaptés qui ne servaient plus les intérêts des populations. Mais des textes taillés sur mesure pour maintenir un chef d’Etat même s’il est despotique en bannissant les coups d’état et ceux qui modifient les constitutions pour se maintenir au pouvoir, une manière de couvrir toutes les dérives. Mais les temps ont bien changé et les peuples de la CEDEAO ont compris toute l’importance de cet outil d’intégration. C’est pour toutes ces raisons que les révolutions de palais et les insurrections populaires ont refait surface. Le hic qui fait tilt  ce que c’est toujours le médecin après la mort. Pour le Malien lambda qui souffre  depuis 2012  des horreurs de la guerre par la faute des indépendantistes et des terroristes, la CEDEAO n’a pas bougé le petit doigt pour faire  face à la tempête. Pire toutes les décisions prises au nom des populations sont prises à hui clos en présence des officiels des chancelleries occidentales. Faut-il le rappeler l’outil de l’intégration ouest africaine a été voué aux gémonies lorsqu’elle a  pris la décision    d’imposer un embargo sur le Mali sur ordre de Bruxelles, de Paris, de Londres et de Washington. Pour faire barrage à cette  funeste aventure  le peuple africain      du Cap au Caire s’est mobilisé pour dire ça suffit.  Suite à ce mépris les pays du Sahel à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont pris  la courageuse décision de mettre en place l’Alliance des Etats du Sahel une alliance militaire qui a abouti à la création de la Confédération des Etats du Sahel(AES). Les dirigeants des trois pays ont compris que personne ne fera le boulot à la place de ces pays. Et l’expérience de la RDC est là pour prouver que  des forces régionales comme la SAMI RDC ne peuvent  pas réussir sans une solidarité africaine.

Badou S. Koba  

Source: Le Triomphe

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