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Alioune Ifra N’Diaye : « Pour la refondation, il faut investir dans l’humain »

Selon l’opérateur culturel Alioune Ifra N’Diaye, la refondation du Mali passera par un investissement conséquent dans le capital humain.

 

Alioune Ifra N’Diaye est dramaturge, operateur culturel à la tête de Blonba. Cette institution culturelle, qu’il a cofondée, figure parmi les plus importantes. Au Mali, la refondation est au cœur des débats qui auront lieu tout au long des assises nationales en cours. A Bamako, où nous l’avons rencontré, Alioune Ifra N’Diaye nous donne sa vision de la refondation au Mali.

Benbere : Quelle perception avez-vous de la crise qui secoue les régions du centre du Mali ?

Alioune Ifra N’Diaye : Je pense que la crise au centre du Mali soit une crise économique et sécuritaire. Ce n’est pas non plus une crise intercommunautaire, comme on essaie de nous le vendre. Il y a un dysfonctionnement de l’État. L’absence de l’État a créé un vide et une économie criminelle s’y est installée. Des entrepreneurs d’une certaine forme de religion en ont profité pour s’installer. Et, avec la crise mondiale, il y a énormément de choses qui se sont greffées et cela a pris une dimension nationale et internationale. C’est la simple explication de ce qui se passe dans cette partie du pays.

Comment mettre la diversité culturelle du Mali au service de la refondation ?

Il existe une fiction de diversité. Il y a trois grandes ethnies auxquelles les Maliens s’identifient : l’école coranique, scientifique et traditionnelle. Chacun essaie de vivre et d’exister à sa manière à partir de ces écoles. L’une des choses que toutes les cultures maliennes prônent, c’est le « dambé ». Et il n’y a qu’un seul « dambé » au Mali : le travail. C’est pourquoi, il n’y a pas d’ethnie en tant que telle. Il existe plutôt une lignée professionnelle. Par exemple, quand on dit qu’un (e) numu (forgeron) ne doit pas se marier à un peulh, c’est juste pour ne pas briser cette chaine de transmission du savoir sur le métier de la forge ou de l’élevage. Une bonne compréhension de ces éléments sera un bon pas pour poser les soubassements d’une refondation.

Quel rôle les acteurs culturels peuvent jouer dans la refondation du Mali ?

En tant qu’acteur culturel, Il faut qu’on travaille ensemble sur une offre. Nous pensons que ce n’est pas par la guerre que nous allons régler la crise qui secoue notre pays mais plutôt par le développement. Et, aujourd’hui, nous avons énormément d’opportunités pour réinventer le développement du Mali. Pour la refondation, je pense qu’il faut investir dans l’humain. Parce que l’humain est la première matière du développement. Au Mali, nous définissons notre présent par le passé. Il est temps qu’on crée un univers symbolique commun aux Maliens. Et qu’on travaille à reconceptualiser la notion de citoyenneté, de « horonya ». Il faut aussi réinventer le service public. Que les citoyens se sentent à l’aise avec le service public de base. Je pense que c’est ainsi qu’on peut construire le Malien du XXIe siècle.

Source : Benbere

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