Au cimetière d'Hamdallaye: ATT dans sa dernière demeure

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…Ainea Ibrahim Camara, président du Mouvement républicain (MR) : “La transition au Mali doit être dirigée par un civil. Et le Président doit être une personne neutre aux capacités avérées”

“J’appelle les chefs d’Etat de la Cédéao à suspendre les sanctions car le Mali a plus besoin d’aide que d’étranglement”

Dans cet entretien exclusif qu’il a bien nous accorder, le président du Mouvement Républicain (MR), Ainéa Ibrahim Camara, livre ses impressions sur la démission du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, le 18 août dernier, la solution pour une sortie de crise, la durée et la personne pour la transition politique au Mali, les sanctions de la Cedeao… Selon lui, cette Transition doit être dirigée par un civil et inclusivement. Et le futur président de cette transition doit être une personne neutre aux capacités avérées tant sur le plan national qu’international. Il propose aussi la mise en place d’un Comité de suivi comme ce fût le cas en 1991.

 

Aujourd’hui-Mali : Quelle appréciation faites-vous de la démission du président de la République, IBK ?

Ainéa Ibrahim Camara : Cette démission du président IBK est issue d’un coup de force des militaires même si après, il a lui-même assuré avoir démissionné sans pression, sans contrainte ! Ce qu’on doit retenir, c’est qu’il y a rupture constitutionnelle car cette démission a entraîné la dissolution du Gouvernement et de l’Assemblée nationale…

Aviez-vous envisagé cette issue, l’intervention des militaires ?

C’est regrettable qu’on soit arrivé là ! Rappelons que depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, le pays connaissait une crise politique, institutionnelle sans précédent. La gouvernance de l’ancien régime a montré ses limites. Ce qui a favorisé un mécontentement populaire illustré par de grands rassemblements à l’intérieur et dans la diaspora.

Les pistes de propositions de sortie de crise par les bonnes volontés et par les différentes missions de médiation de la Cédéao se sont heurtées à un mépris. Ce qui a créé un statu quo et un enlisement de la situation qui a conduit finalement à ce “Coup de force” (Ndlr : entre guillemets) auquel l’opinion nationale et internationale a assisté le 18 août.

Quelle autre solution préconiserez-vous pour sortir de cette crise ?

La solution que je préconise est d’aller rapidement à la normalisation d’où la mise en place d’une équipe transitoire car le pays fait face à une série de sanctions économiques, commerciales, mais aussi sur le plan coopération sous régional, régional et international…

Quelle architecture proposerez-vous pour la transition ?

Je pense que la future Transition doit être inclusive. Elle doit être restreinte et dirigée par un civil.

Un comité de suivi doit aussi être mis en place comme ce fût le cas en 1991.

Pouvez-vous nous faire le portrait-robot du président de la Transition ?

Le futur président de cette Transition doit être une personne neutre aux capacités avérées tant sur le plan national qu’international et jouissant d’un certain nombre de valeurs morales dont la mission sera de réconcilier les Maliens et de jeter les bases d’un nouveau départ pour le Mali.

Quelle durée proposerez-vous pour la Transition ?

Je pense qu’on doit sortir du fétichisme de la date ! Pour moi, cette situation à laquelle nous faisons face ne doit pas se résoudre dans la précipitation et ne doit pas s’éterniser non plus! Il faut que les Maliens se retrouvent, parlent et conviennent d’une échéance à la hauteur de la portée des défis.

Selon vous, quelles doivent être les priorités ?

Il est difficile de dire actuellement au Mali ce qui est prioritaire, ce qui ne l’est pas! Mais je pense que l’urgence est la stabilisation du pays et cela passe par la mise en place d’une équipe capable de s’atteler au travail de sécurisation de l’ensemble du territoire, de réconciliation des Maliens, à offrir des services sociaux de base et d’organiser des élections générales car il appartiendra aux futures autorités élues de jeter les bases d’un développement et de justice économique et social…

Que pensez-vous des sanctions de la Cédéao ?

Je dirai que c’est dommage pour ces sanctions que la Cédéao a imposées au Mali car pour un pays déjà fragilisé par l’insécurité grandissante due à la présence terroriste, nous sommes un pays en guerre et nous n’avons pas besoins d’être encore plus éprouvés !

Ces sanctions essentiellement d’ordre économique et sur le plan de la coopération touchent plus les civils et les rendent vulnérables dans leur lutte pour la survie…Donc j’appelle les chefs d’Etat de la Cédéao à suspendre ses sanctions car le Mali a plus besoin d’aide que d’étranglement…

Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit des militaires du Cnsp ?

L’appel que je lance à l’endroit des militaires c’est de faire tout, je dis absolument tout, pour qu’ensemble nous puissions faire de cette Transition une réussite sans exclusive, dans l’unité et la fraternité car au Mali nous sommes un et indivisible, comme le rappelle notre devise.

Je salue leur courage et leur détermination et réitère mon vœu à la construction d’une armée républicaine au service des Maliens pour ramener la sécurité et l’intégrité territoriale. À ce sujet, la libération de l’Honorable Soumaïla Cissé serait un signal fort, ainsi qu’un grand soulagement pour tout le pays.

Votre mot de la fin ?

Je lance un appel à tous les Maliens de l’intérieur et de la diaspora à unir leur force pour sortir le Mali de cette situation. J’ai foi en l’avenir !

Un avenir harmonieux avec les fils du pays retrouvés main dans la main, prêts à se lancer dans l’édification d’une nation multiculturelle en marche vers le progrès économique, social et culturel.

Oui, c’est possible si tous ensemble nous mettons notre chère patrie le Mali au-dessus de tout !

Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA

Aujourd’hui-Mali

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