Le dimanche 30 mars dernier, une grande majorité des musulmans du Mali a célébré l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du ramadan 2025. Une fête, oui mais pour cette année, elle est très timide. Que s’est-il passé ?
D’habitude, à la veille de l’Aïd el-Fitr, dénommée “Fête des bœufs”, Bamako devenait rouge de sang de bœufs égorgés par-ci et par-là. Dans les rues, depuis la veille, on pouvait voir des bovidés un peu partout. Les chefs de familles se cotisaient pour acheter un bœuf et se partageaient la viande.
Dans la ville, c’était des embouteillages et l’ambiance dans les marchés. Depuis la semaine de la fête, gare à celui dont le chemin passait par le centre-ville. Le marché était inondé avec des vendeurs ambulants, à charrettes et autres. Le centre-ville devenait ainsi impraticable pendant au moins une semaine par des vendeurs de vêtements, chaussures et autres accessoires pour adultes et enfants.
C’est vrai, qu’on doit attendre le petit soir pour savoir si la fête est le lendemain ou pas. Car on doit observer la lune au crépuscule pour être fixés. C’est l’apparition de la nouvelle lune qui le plus souvent n’est pas très visible ou même pas visible, qui doit annoncer la fête. Pour le Mali, non. Depuis la veille, dans la matinée, l’abatage en grand nombre des bœufs faisait garder tout espoir que la fête est pour demain.
Et le jour de la fête, la gaieté fait trame de la ville. Chacun dans son “31”, ses plus beaux habits. C’est la fête chez tout le monde. La musique des jeunes dans les quartiers. Des bruits à faire fuir un sourd. Deux jours minimum, c’était la joie. Chants et danses dans les rues. Mais cette année, tout s’est passé si timidement, qu’on doit s’interroger : qu’est-ce qui ne va pas ? Et surtout le silence là-dessus.
Koureichy Cissé