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Affaire Pierre Buyoya : où est la vérité ?

Rattrapé et condamné à perpétuité par la justice de son pays, le diplomate africain, le Major Pierre Buyoya, ancien président du Burundi se défend d’être victime d’un règlement de compte politique et promet de faire appel.

Trois mois 11 jours auront suffi : le 1er Président démocratiquement élu, et encore, hutu, d’être exécuté sauvagement sous ordre de Pierre Buyoya en 1993. La Cour suprême du Burundi a condamné avant-hier mardi 20 octobre 2020, l’ancien président Pierre Buyoya, représentant spécial de l’UA pour le Mali et le Sahel ainsi que 18 autres personnes proches de lui, à la perpétuité, pour l’assassinat du président Melchior Ndadaye.

Premier président démocratiquement élu du Burundi et premier hutu à accéder au pouvoir, Melchior Ndadaye a été assassiné en octobre 1993 lors d’un coup d’État militaire qui allait entraîner le pays dans une guerre civile opposant l’armée, dominée par la minorité tutsi, à des groupes rebelles hutu. Elle fera 300 000 morts jusqu’en 2006.
M. Ndadaye avait succédé à M. Buyoya, porté par l’armée au pouvoir en 1987 et qui redeviendra président, à la faveur d’un nouveau coup d’État, entre 1996 et 2003, avant de remettre le pouvoir à Domitien Ndayizeye, un hutu, en vertu d’un accord de paix signé en 2000 à Arusha (Tanzanie).

27 ans après les faits, la justice burundaise a déterré le dossier et statué sur l’assassinat du président Melchior Ndadaye. Le Verdict vient de tomber lundi dernier.
L’ancien président du Burundi, le Major Pierre Buyoya actuellement haut représentant de l’Union africaine dans notre pays et au Sahel (MISAHEL) a été jugé et condamné lundi 19 octobre à perpétuité pour l’assassinat du 1er Président démocratiquement élu Melchior Ndadaye.
Pierre Buyoya a été condamné pour « attentat contre le chef de l’État, attentat contre l’autorité de l’État et attentat tendant à porter le massacre et dévastation », selon le texte qui ne comporte que le dispositif (déclaration de culpabilité et peine) de la décision rendue par la Cour suprême.
Le nom de Pierre Buyoya avait déjà été cité en lien avec cet assassinat, sans que le début d’une preuve soit apporté.
Dix-huit hauts responsables militaires et civils proches de l’ancien chef de l’État ont été condamnés à la même peine, trois autres à 20 ans de prison pour « complicité » des mêmes crimes et un seul, l’ancien Premier ministre de transition, Antoine Nduwayo, a été acquitté.
Seuls cinq accusés, quatre hauts gradés tutsi à la retraite et un général de police en activité, Ildephonse Mushwabure, étaient présents au procès.

Dans un communiqué diffusé ce mercredi 21 octobre, l’intéressé Pierre Buyoya en poste dans notre pays depuis 2013 rejette le verdict du procès concernant l’assassinat de Melchior Ndadaye. Pour lui, il s’agit d’un procès purement politique qui viole l’Accord d’Arusha et le droit de tout citoyen à un procès équitable. Il promet de faire appel devant les juridictions nationales et internationales.
Selon M. Buyoya, le procès a été mené « en violation des accords d’Arusha » et n’a été ni « juste », ni « équitable», les droits de la défense ayant selon eux été bafoués.

Comme pour faire pression sur « opinion internationale, le Burundi a commémoré ce mercredi 21 octobre 2020 le 27ème anniversaire de l’assassinat en 1993 du Président Melchior Ndadaye perpétré par des malfaiteurs, dont son prédécesseur Pierre Buyoya. Les cérémonies débutent par une messe de requiem célébrée en présence du Couple présidentiel à la Paroisse Saint-Michel.

Source : INFO-MATIN

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