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SANCTIONS CEDEAO-UEMOA CONTRE LE MALI: Plus de 210 camions bloqués à la frontière ivoirienne

Une longue file de camions s’étire le long du goudron menant de la Côte d’Ivoire au Mali. Bloqués depuis deux semaines par les sanctions contre la junte au Mali, des dizaines de camionneurs rêvent de rentrer chez eux.  

 

Au poste de Tengrela, le panneau « République du Mali, Bamako 337 km » nargue ces chauffeurs qui transportent presque tous le clinker, un composant essentiel dans la fabrication du ciment.

Partis d’Abidjan ou de San Pedro, les deux grands ports ivoiriens où étaient chargées les marchandises, ils devaient rejoindre Bamako lorsque l’organisation régionale ouest-africaine CEDEAO a interdit l’approvisionnement du Mali, en dehors des produits de première nécessité.

« Nous sommes ici depuis douze jours, coincés ici. On ne fait rien, on attend juste de voir si les sanctions sont levées ou pas », soupire Racine Tall, une conductrice de 30 ans. Un premier comptage par les autorités avait recensé 210 camions bloqués à la frontière. Un nombre plus élevé aujourd’hui assure les chauffeurs.

Quelques coups de fil aux familles, beaucoup de tasses de thé et une attente interminable, les journées torrides et les nuits fraîches de l’hiver sahélien s’éloignent peu à peu. Le parking des poids lourds bloqué à la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Mali, le 23 janvier.

Tous ces hommes passent la journée, accrochés à leurs téléphones, afin de consulter les médias et les réseaux sociaux dans l’espoir d’apprendre la bonne nouvelle qui leur permettra de reprendre la route. « Tout ce que nous demandons, c’est de pouvoir rentrer chez nous », disent-ils à l’unisson. « Nous n’avons pas grand-chose à manger, il y a des moustiques et beaucoup ont eu le paludisme », explique Djibril Samaké, un chauffeur.

« Nous ne mangeons pas bien, nous n’avons pas d’eau potable et beaucoup sont tombés malades. On se soigne comme on peut, mais aucun médecin n’est venu nous rendre visite », confirme Adama Traoré.

Les chauffeurs s’arrangent dans la pharmacie par terre  

Faute de moyens suffisants pour se rendre dans une pharmacie, les camionneurs prétendent acheter leurs médicaments à la pharmacie de terrain, des comprimés vendus dans la rue, sans aucun contrôle et souvent périmés. La nourriture est apportée par des cuisiniers de Tengrela, la dernière ville ivoirienne à 10 kilomètres. « C’est préparer en ville et pris ici à moto, donc on paye le double », déplore Adama Traoré.

Pour l’heure, les salaires continuent de baisser, ce qui permet aux chauffeurs de tenir le coup. Fatalistes, ils sont nombreux à soutenir l’homme fort de la junte malienne.

« Vive Assimi Goïta », affiche fièrement l’un des camions sur son pare-brise. « J’espère qu’il y aura des négociations à la CEDEAO pour trouver une solution, qu’ils pourront revoir les sanctions parce que nous sommes tous des Africains, des voisins, des amis », plaide Racine Tall.

Parfois, les douaniers laissent passer l’un d’eux en moto-taxi pour se rendre dans le premier village malien afin d’encaisser de l’argent par virement téléphonique. Certains, cependant, sont tombés en panne et ont abandonné leurs camions pour rejoindre leurs familles.

Adama Traoré les comprend : « les communications sont difficiles, le réseau n’est pas stable pour appeler les parents », explique-t-il. « C’est sûr que mes enfants me manquent », dit Racine Grand, un militaire ivoirien à Tougbo, non loin des frontières maliennes et burkinabés, le 22 janvier 2022.

Si la frontière est également fermée aux passagers depuis mars 2020 et le début de la pandémie de Covid-19, elle reste très facile à contourner. « De nombreuses motos évitent le poste de contrôle de la police en quittant la route à quelques centaines de mètres avant, pour passer par la brousse et ainsi entrer au Mali », a constaté l’AFP.

Ce dimanche midi, un camion rempli de bananes arrive au poste-frontière : il peut poursuivre sa route vers la capitale malienne, les denrées alimentaires étant exclues de l’embargo. Racine et les autres se préparent à attendre encore de nombreuses semaines.

Source : zimonews Fr2En2Fr 

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