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Plateforme AN TE ABANA : Déclaration relative au déroulement du 1er tour de l’élection présidentielle du 29 juillet 2018 et à la proclamation des résultats provisoires

Toujours fidèle à l’engagement patriotique de sa vocation du 18 juin 2017 et sa devise de veille citoyenne, c’est avec une attention toute particulière que la Plateforme AN TE ABANA suit le déroulement des scrutins de 2018 qui, comme chacun en a conscience, s’avèrent des évènements d’une importance cruciale pour l’approfondissement et l’enracinement de la démocratie dans notre pays.

C’est au regard de ce contexte que la Plateforme An Te Abana a organisé le samedi 07 juillet 2018 à l’hôtel Onomo, une conférence-débat intitulée : ” Le processus électoral au Mali : nouvelle loi électorale et participation citoyenne à l’élection présidentielle”.

Deux documents élaborés par ses experts, ont servi de supports pédagogiques à cette conférence-débat :

– La version consolidée de la loi électorale, disponible au moins 01 mois avant celle récemment publiée par le Journal Officiel ;

– Le cahier du participant décrivant les opérations électorales, ainsi que les conditions nécessaires pour des élections transparentes, sincères et paisibles en 2018.

Des copies de ces documents ont été offertes aux participants à la conférence-débat ainsi qu’au ministre de l’Administration territoriale et à des institutions internationales.

D’autre part, les points focaux de la Plateforme ont pu suivre sur le terrain le déroulement du scrutin du 29 juillet 2018.

C’est vous dire combien la Plateforme AN TE ABANA a souci d’une bonne organisation des élections de 2018, et s’y est investie.

Cependant, la Plateforme est au regret de constater, après la tenue du 1er tour de la présidentielle, que le déroulement de cet important scrutin a été émaillé de nombreuses irrégularités dont une bonne part généralement liée à des manquements à la législation électorale, impliquant l’administration d’Etat.

A commencer par la controverse sur les anomalies supposées du fichier électoral dont les zones d’ombre persistent.

A titre illustratif également, l’administration a violé elle-même l’Instruction ministérielle du 21 mai 2018 relative à la gestion des cartes d’électeur : cette instruction interdit la remise des cartes d’électeur d’autrui sans présentation de procuration en bonne et due forme.

Or, nos points focaux nous ont rapporté, ainsi que l’ont dénoncé d’autres ONG nationales et des partenaires internationaux, que des milliers de cartes d’électeur, par colis, ont été remis à des électeurs sans procuration et sur autorisation des présidents de commission de distribution désignés par l’administration.

Par ailleurs, l’Instruction illégale du 26 juillet sur le vote par procuration qui ne sera abrogé que le 28 juillet sans effet réel sur le terrain, a permis un usage abusif frauduleux de ce mode de votation. En particulier, le même électeur a pu voter avec plus de deux procurations dans des bureaux de vote différents. C’est pour cela que nous exigeons du gouvernement de publier la liste des procurations délivrées avant l’élection et la liste des bureaux où elles ont été utilisées.

De surcroit, il faut rappeler que rares ont été les bureaux de vote où ont été affichées comme l’exige la loi électorale, les listes électorales une semaine en avance le jour du scrutin. Ce qui n’a manifestement pas permis à l’électeur d’identifier à temps, les autres électeurs de son bureau de vote pour établir le cas échéant au nom de l’un d’entre eux, une procuration de vote.

Il est établi qu’au cours du scrutin du 29 juillet 2018, la procuration de vote a été un vecteur essentiel du bourrage d’urnes. Ce phénomène de bourrage d’urnes est également constaté notamment dans des localités du nord où malgré la non fonctionnalité de nombreux bureaux de vote, des scores importants, voire manifestement frauduleux, sont enregistrés au profit de certains candidats comme ce fut le cas entres autres à Ber, Salem et Ghourma Rhaous, dans la région de Tombouctou, ainsi qu’à Kidal et Menaka,

La demande de localisation précise et exhaustive des bureaux de vote où le vote n’a pu se tenir, est jusque-là demeurée, on ne sait pour quelle raison, sans réponse de la part du gouvernement.

Autres graves irrégularités enregistrées dans les grandes villes, en particulier à Bamako : les achats de conscience et des cartes d’électeurs observés, dans l’après-midi du jour du scrutin, dans plusieurs quartiers tels qu’à Missira et Quinzambougou, au vu et au su des forces de l’ordre.

Quant au traitement des résultats, nous notons qu’il a fallu à la commission de centralisation du district de Bamako, deux nuits et deux jours et demi, pour publier les résultats des six communes. Néanmoins, c’est seulement en deux jours que la commission nationale de centralisation a bouclé la centralisation et le traitement des résultats de tous les 49 cercles du Mali.

Ce chapelet d’irrégularités égrenées, qui sont de nature à entacher la sincérité des résultats du premier tour de la présidentielle, est loin d’être exhaustif.

C’est la preuve que la gouvernance actuelle du pays, que nous avions dénoncée lors du projet de révision constitutionnelle, demeure dans l’incapacité de créer la confiance entre les Maliens et les institutions de leur pays y compris en matière électorale.

Les résultats provisoires qui ont été publiés avant hier soir, donnent Ibrahim Boubacar KEITA en tête, avec 41,42%, suivi par Soumaila CISSE, avec 17,80%, et Aliou DIALLO, avec 7,95%.

Le moins que l’on puisse dire est que ces résultats sont manifestement loin de refléter la réalité de urnes.

Aussi, la Plateforme AN TE ABANA est-elle disposée, pour préserver la fragile paix sociale, à soutenir le reste du processus électoral

dans les conditions ci-après :

  1. Que le gouvernement publie la localisation précise des bureaux de vote où le scrutin n’a pu se tenir ;
  2. Que le gouvernement publie la liste des procurations délivrées et les bureaux de vote où elles ont été utilisées ;
  3. Que le gouvernement publie les résultats bureau de vote par bureau de vote ;
  4. Que le gouvernement s’engage à ne pas faire campagne pour le Président-candidat avec les moyens de l’Etat.
  5. Comme on le constate bien, ces demandes s’inscrivent tout simplement dans notre souci légitime d’obtenir des élections transparentes, crédibles, sincères et paisibles.

C’est ce qui est exigé par notre Constitution du 25 février 1992

 

 

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