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Mot de la semaine : Chute

Après une riche et longue carrière politique, IBK, l’un des derniers dinosaures du mouvement démocratique malien a chuté le mardi 18 Août 2020.

Il a été arrêté par des hommes lourdement armés à sa résidence ainsi que son Premier ministre Boubou Cissé. Conduits dans la plus grande garnison militaire, qui est Kati, ils sont désormais entre les mains des mutins qui ont fini par mettre en place le Comité National pour le Salut du Peuple, CNSP. Ce Comité composé d’officiers, de sous-officiers et d’hommes de rang, s’est engagé à assurer la continuité de l’Etat et à définir avec l’ensemble des forces vives de la Nation les contours d’une transition, au terme de laquelle des élections libres, transparentes et crédibles seront organisées pour doter le Mali d’institutions fortes et véritablement légitimes. Comment celui qui se croyait intouchable a-t-il pu être cueilli à froid sans aucune résistance ? Le régime IBK était-il si faible au point de ne pas avoir de soutien au sein de son camp ?

Conseiller diplomatique à la Présidence, Ambassadeur du Mali en Côte d’Ivoire, Ministre des Affaires étrangères et Premier Ministre pendant six ans sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré. Président de l’Assemblée Nationale et simple député sous Amadou Tounan Touré jusqu’au poste le plus élevé de la République, à savoir la présidence, IBK a véritablement été honoré par le Mali et son vaillant peuple. Au lieu d’être à la hauteur de cet honneur et de cette marque d’estime, il a plutôt été la plus grande déception. IBK a livré le Mali aux pilleurs, aux corrompus et aux ennemis de la République. Sa gestion du pouvoir passe pour l’une des gestions les plus catastrophiques de tous les Présidents qui se sont succédé au pouvoir. La gabegie, le népotisme, le clientélisme, la gestion clanique voire familiale, tout y passe. En seulement deux ans de gouvernance, l’homme providentiel que les maliens dans leur grande majorité avaient plébiscité en 2013, était tout simplement devenu leur bourreau. IBK a très vite fait désenchanter ses nombreux partisans, son régime a battu tous les records dans le sens négatif du terme. Les scandales et les crises à répétition étaient devenus la marque déposée de son pouvoir. Comment IBK qui était considéré comme un homme de rigueur et de poigne a pu se laisser tomber dans le piège familial ou clanique ?

Karim Keita, le fils, a largement contribué à fragiliser le père. Il était considéré comme le vice-président de la République et était mêlé même à des petits marchés de dix millions. Katio, selon ses intimes, faisait et défaisait tout au sein du pouvoir et même de la République. Il fait nommer des premiers ministres, des ministres et des directeurs des services. Ses caprices étaient des ordres au sein de l’administration, car soutenu aveuglement par son papa de Président de la République. Elu député, il occupe, sans discontinuer, le poste de Président de la Commission Défense de l’Assemblée Nationale, alors même qu’il n’a aucune notion en matière de défense et de sécurité. Le tout puissant président de la Commission Défense fait également nommer aux hautes fonctions militaires des amis et autres zélateurs. Il était impliqué dans tous les marchés d’armements et autres équipements militaires. Karim Keita a été l’enfant terrible de la République et endosse désormais une grande part de responsabilité dans la chute du régime de son père. IBK entré en politique par la grande porte y est sortie par la fenêtre.

Source : Infosept

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