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Mobilisation du M5-RFP : le mot d’ordre largement suivi !

Le M5-RFP a réitéré son appel à la désobéissance civile jusqu’à la démission du chef d’État malien, Ibrahim Boubacar Kéïta. C’était lors d’un meeting organisé le mardi 11 août 2020 au Boulevard de l’indépendance.

Sous une pluie fine, les militants du M5-RFP ont envahi le monument de l’indépendance, au cœur de Bamako, juste à côté de l’Institut français du Mali. Ils ont répondu à l’appel du comité stratégique de leur mouvement pour demander le départ du chef d’État Ibrahim Boubacar Kéita à qui ils reprochent la mauvaise gouvernance.

Prévu pour 14 h, c’est finalement à 16 h 23 que le premier intervenant de ce meeting, Dr Choguel Kokalla Maïga, prendra la parole. Malgré ce retard de deux heures, la détermination était vive de la part des militants de ce mouvement hétéroclite.

Drapé dans son boubou blanc et portant un bonnet noir, Dr Choguel Kokalla Maiga commence par annoncer la libération très prochaine de leurs militants arrêtés. S’exprimant d’abord dans la langue officielle du pays, le français, l’ancien patron de l’AMRTP a brossé le tableau reluisant de la lutte du M5. Il cite entre autres, la baisse du prix des intrants agricoles, le dénouement de la crise scolaire, etc.

Le président du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) précise par la suite que cette lutte se poursuivra jusqu’à la démission du président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta. En langue Bamanankan, le président par intérim du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) fait savoir que le régime en place corrompt les juges afin de les remonter contre les militants du M5-RFP, notamment à travers l’adoption d’un décret prenant en compte les doléances de ce corps, a-t-il indiqué.

Ibrahim Ikassa Maïga, en costume comme à l’accoutumée, s’attèle à la relecture de la Déclaration du comité stratégique du mouvement. Il indique qu’en raison de l’importance des informations à livrer, la Déclaration sera d’abord lue en français avant d’être retranscrite en langue bamanankan.

Dans sa lecture, on peut retenir un exposé sur les problèmes dont souffre le Mali. Parmi ces problèmes, on retient essentiellement ceux du secteur éducatif, sécuritaire, économique, etc. La mauvaise gouvernance est la caractéristique principale de ce régime en place, a-t-il fait savoir. Les « actes de répression politique et judiciaire, le bricolage institutionnel », constituent les actes que pose le régime en place, fait comprendre le M5 dans sa Déclaration. M. Maïga estime que c’est une insulte pour le peuple malien de dire que des leaders du M5, engagés pour l’instauration d’un régime démocratique, souhaitent implanter un régime théocratique au Mali.

« Bientôt, c’est quand ? » C’est avec cette question que le M5 a déploré la disparition prolongée de Soumaïla Cissé. À travers sa Déclaration, le M5 invite les nouveaux ministres de la Justice et de la Sécurité et de la Protection civile à se racheter de « leurs échecs passés » auprès du peuple malien. Parlant volontairement au ralenti, M. Maïga réitère la demande du M5 : « la démission pure et simple du président de la République ». Sans cela, a-t-il précisé, la désobéissance civile se poursuivra, en tout cas jusqu’à l’atteinte de l’objectif recherché.

Se confiant à la presse avant le démarrage des activités de ce meeting du M5, Dr Aboubacar Sidiki Fomba, laisse comprendre : « IBK n’est plus aux commandes de l’État, puisque c’est quelqu’un d’autre qui dirige à sa place ». Il poursuivait en faisant comprendre que l’actuel chef d’État n’est aujourd’hui que le délégué de la France auprès du peuple malien. À ses dires, les Maliens se leurrent. Car si IBK reste au pouvoir, la situation ne fera qu’empirer en 2023 et le départ d’IBK risque de devenir un véritable problème, estime-t-il.

Selon Dr Fomba, cette lutte du M5-RFP vise le changement du système de gouvernance installé au Mali depuis des années. Pour atteindre cet objectif, il indique qu’il ne s’agit nullement d’une « course de vitesse », mais d’aller lentement et sûrement. C’est pourquoi il invite tous ceux qui ne sont pas prêts à éviter de se mêler de ladite lutte. Dr Fomba reste convaincu que la décolonisation véritable de l’Afrique commencera par le Mali.

Notons que le mot d’ordre du mouvement a été suivi dans plusieurs régions du Mali ainsi que des Maliens de la diaspora. Le M5-RFP France a marché de la place de la Bastille à la place de la République pour demander la démission d’IBK et son régime.

F. Togola

 

Source: fasomali

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