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Mise en détention de Mahamadou Camara : IBK en colère parce que son dispositif pour 2023 est contrarié.

Monsieur le Directeur de la publication, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’excellent article écrit par Ahmad Ould Bilé publié dans votre édition n° 3073 sous le titre de : « AFFAIRE DE L’AVION PRÉSIDENTIEL ET DES ÉQUIPEMENTS MILITAIRES  : QUAND IBK OUVRE LA BOÎTE DE PANDORECONTRE LUI-MÊME « .

 

En effet, dans cet article fort argumenté, l’auteur semble avoir observé quelques précautions, soit que certaines données d’appréciation lui échappent, soit qu’il se met à l’abri de certaines réactions barbaristes prévisibles du régime IBK de plus en plus acculé et qui est maintenant comme un lion blessé. Sinon, comment comprendre qu’un président de la République, qui est le garant de la justice et le président du Conseil Supérieur de la Magistrature, en vienne à  se mettre en colère de façon si démesurée que les deux centrales syndicales de la Magistrature dans notre pays se sentent obligées de se mettre ensemble pour voler au secours du Procureur Mamoudou Kassogué chargé du Pôle Économique et Financier ? C’est que l’affaire, qui est déjà très grave, est en train en plus de  prendre des proportions inquiétantes. Les magistrats, consciencieux et professionnels, ont vite compris que le président de la République est incontestablement mû par une volonté farouche de torpiller les prérogatives des magistrats, une sorte de coup de boutoir qui a déjà réussi une première fois à faire classer sans suite la rocambolesque affaire de l’avion présidentiel et des équipements militaires. On en reparlera.

Ahmad Ould Bilé a bien cerné l’affaire et il faut le saluer d’avoir, comme on dit, levé le lièvre. Maintenant, chaque citoyen doit prendre l’affaire au sérieux. Pour ma part, je vais d’abord insister sur la révélation de Dr. Choguel K.  Maïga quant au pacte perfide  conclu discrètement entre les rebelles du MNLA et IBK. Tout est dans cela; un autre ancien ministre, Lancéni Balla Keïta, a mis en évidence beaucoup de dessous de ce complot avec une chronologie difficile à contester.

En clair, tous les soubresauts que nous vivons actuellement, depuis 2013, qui taraudent les Maliens et qui les endeuillent sans cesse (détournements de colossales sommes d’argent au détriment des forces de défense, blindés cartons pour l’armée nationale, enrichissement effréné d’une petite élite, etc.) ont un seul objectif : affaiblir le Mali pour favoriser son amputation programmée de Kidal. Rien d’autre. C’est à la lumière de cette crapulerie d’État qu’il faut élucider l’ire du Président en raison de l’arrestation de son protégé Mahamadou Camara.

Qui est Mahamadou Camara? C’est un journaliste, fondateur d’un journal en ligne qui passait pour professionnel. Il est connu pour sa bonne diction du français, notamment lors des débats sur Africable, ce qui plaît à IBK, homme africain plus soucieux que Senghor de la beauté de la langue française. Et le voilà bombardé directeur de cabinet du Président de la République du Mali en 2013, avec rang de ministre quand bien même le décret de sa nomination ne mentionne pas qu’il a rang et prérogatives de ministre. Ensuite, il sera nommé ministre de l’Économie numérique  et de la Communication.  Là commence le tournant dangereux pour lui. IBK l’intègre dans son dispositif du Mali 2023, c’est-à-dire à l’évolution politique du pays quand il doit passer la main et lorsqu’il aura livré Kidal aux indépendantistes, après le référendum constitutionnel prévu entre fin 2021 et courant 2022.

Cette perspective fait que le président de la République aide Mahamadou Camara à  conquérir, s’il ne le lui a pas livré tout simplement, le marché de la rénovation du palais de Koulouba. Beaucoup de Maliens se sont interrogés sur les raisons du saut du jeune ministre dans l’entrepreneuriat. Cette nouvelle position sur l’échiquier économique a ses motivations secrètes. Et voilà Camara devenu, en peu de temps, magnat de la communication, ce qui l’avantagea à innover le marché de la presse, de l’affichage, de la publicité, de l’événementiel  et bien d’autres. Pour IBK, le terrain était suffisamment déblayé pour son fils Karim Keïta pour être le nouveau président de la République du Mali rénovée, un futur Mali reconstitué comme les bataillons de l’armée nationale reconstituée, mais malheureusement un Mali amputé de Kidal. Et patatras! Mamoudou Kassogué vient mettre sous les verrous le communicateur patenté pour ce futur immédiat! Qui ne s’énervera à la place d’IBK ? Demeurons vigilants, maliennes et maliens

Tourading Sissoko

LE COMBAT

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