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Mali : Vers le chaos au lendemain des résultats définitifs des législatives ?

Alors que le calme règne dans la capitale bamakoise, certaines villes comme Sikasso, Kati, Bougouni sont montés au créneau pour contester les résultats définitifs des élections législatives de mars-avril dernier. La contestation des résultats est réelle.

 

La Cour Constitutionnel du Mali a rendu son arrêt définitif des élections législatives 2020 dont les premier et deuxième tours se sont déroulés respectivement le 29 mars et le 19 avril.

Pour le second tour, sur les 6691305 inscrits selon la Cour Constitutionnelle, 2358909 ont voté avec 120843, 51989 bulletins nuls, 2186077 suffrages exprimés soit un taux national de 35,25%.

Les résultats définitifs donnés par ladite cour a chamboulé la donne dans certaines circonscriptions élections du pays, y compris la capitale Bamako. Certaines listes de partis déclarés provisoirement vainqueurs par le ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation ont été recalées au profit des listes adverses. C’est le cas des listes YELEMA / PRVM-Fassoko en Commune I, URD / ADEMA-PASJ / ADP-Maliba en Commune V, et URD / LCD en Commune VI respectivement au profit des listesRPM/ADEMA-PASJ, RPM/APR, RPM/ADEMA-PASJ/PS.

Même scénario à Kati où la liste ASMA-CFP / UM-RDA / ADJS Horonya Ton/ PARENA/ PRVM-Fasoko perd devant l’alliance RPM/ URD/ ADEMA-PASJ, à Sikasso où l’alliance ADEMA-PASJ / ASMA-CFP/ ADP-Maliba/ FCD dégringole devant son adversaire RPM/ CODEM/ URD, et à Bougouni où l’alliance CDS-Mogotiguiya/ ADEMA-PASJ/ CODEM dame le pion à la liste RPM/ URD/ MPM. D’autres listes n’ont pas non plus échappé à la cuire de la Cour Constitutionnelle.

Ces bouleversements sont dus aux requêtes jugées recevables par la Cour, qui ont porté essentiellement sur le remplacement illégal des présidents et agents électoraux dans certaines circonscriptions électorales.

Aussitôt les résultats donnés, la fièvre est montée d’un cran dans certaines villes de l’intérieur du pays, notamment Kati, Sikasso, Bougouni, etc. Ces localités contestent l’arrêt de la Cour qu’elles jugent tricheur au profit du parti au pouvoir, le RPM.

Dans une vidéo qui fait le tour de la toile, les jeunes de la ville de Kati sous la conduite de Adama  Ben Diarra, porte-parole du Collectif des Jeunes de Kati contre la Corruption (CJKC), rappellent que « le dernier mot revient au Peuple Souverain ! », d’où des menaces à la « désobéissance Civile pour libérer la Patrie ! », car « qui vient par Manassa, partira par Manassa ! ».

« Nous savons à qui nous nous adressons. On se prépare, car nous l’avons dit très longtemps que nous sommes des snippers. On prend le temps nécessaire qu’il faut pour viser bien l’ennemi et l’abattre d’un seul coup. Demain (1er mai 2020), Kati va donner le ton pour paralyser le pays. On n’est pas là pour sauver la tête d’un individu, on est là pour sauver la patrie. Nous ne pouvons pas accepter que notre victoire soit volée », a menacé Adama Ben Diara.

Le 13 avril dernier, le CJKC avait appelé à voter massivement à la liste ASMA-CFP / UM-RDA / ADJS Horonya Ton/ PARENA/ PRVM-Fasoko au détriment de l’alliance RPM/ URD/ ADEMA-PASJ, pour donner la victoire à leur camarade activiste Ibrahima Kébé. Citant George ORWELL ce jour-là, Ben Le Cerveau dira : «Un Peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice…».

A Sikasso ce matin 1er mai 2020 comme la veille, toutes les routes sont bloqués, des pneus sont brûlés. Des bâtiments publics et les domiciles de certains représentants de l’Etat menacés. A Bougouni, la colère est lisible, des manifestants ont bloqué la route Bougouni-Bamako.

Le Mali, un pays presque « grabataire » à cause de la crise sécuritaire, doit tout faire pour éviter de basculer dans une crise post-électorale. La contestation des résultats est réelle. Mais, les hommes du Général Salif Traoré ne vont pas laisser le pays brûler.

CYRIL

Icimali

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