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« Les grands fromagers » : un roman sur les malheurs des femmes rurales

Dans Les grands fromagers, l’écrivaine Djénéba Fotigui Traoré raconte l’histoire de Dabassia, une belle fille pleine de vie, qui ne laisse aucun homme indiffèrent. Elle est promise à un bel avenir. Mais sa vie bascule quand on la donne en mariage à un vieil homme riche mais égoïste.

Les grands fromagers (Éditions La Sahélienne, 2020) est un de ces livres qu’on ne veut plus déposer quand on le commence, tant on veut connaitre la suite. Par ce second roman, passionnant et très accessible, Djénéba Fotigui Traoré confirme sa stature d’écrivaine de premier plan : elle qui avait gagné le Prix du premier roman de la rentrée littéraire 2017 avec L’orgueil du désert (La Sahélienne, 2016).

Dabassia, l’héroïne des Grands fromagers, est une belle  fille pleine de vie, qui ne laisse aucun homme indiffèrent. Elle est promise à un bel avenir. Mais sa vie bascule quand on la donne en mariage à un vieil homme riche mais égoïste, qui l’accuse injustement de ne pas être vierge et la divorce le lendemain du mariage.

Comme si le déshonneur causé par la répudiation ne suffisait pas, Dabassia tombe enceinte d’un enfant à la paternité problématique. Elle est gravement malade suite à un accouchement difficile et elle doit s’enfuir vers la ville en espérant y trouver la santé et une meilleure vie. Arrivée en ville, Dabassia doit survivre en faisant des ménages chez les riches qui prennent du plaisir à exploiter son malheur.

Une critique sociale sans complaisance

A travers l’histoire de Dabassia, Djénéba Fotigui Traoré, diplômée en lettres et professeure à l’Institut de formation des maîtres (IFM), amorce une critique sévère de la société malienne. Ce roman aurait pu aussi bien être un essai sur les injustices que subissent les femmes, surtout celles qui ne sont pas instruites, à cause des coutumes rétrogrades qui continuent à considérer la femme comme la propriété de l’homme.

On sent que l’auteure, en féministe qui s’assume, est révoltée par les infortunes que rencontrent les femmes et les jeunes filles qu’elle décrit dans ce livre. On le voit par exemple quand la vieille Nayan  perd tous ses huit enfants à cause des maladies, quand elle perd un de ses seins à cause d’un cancer et qu’elle échappe de justesse au lynchage des gens de son village qui l’accusent d’avoir sacrifié ses enfants et son sein pour devenir la chef des sorcières.

Djénéba Fotigui Traoré est donc de cette catégorie d’écrivains engagés qui utilisent la littérature comme une arme de combat pour les causes qui leur sont chères, comme Ibrahima Ly ou Mariama  Bâ.

Une tragédie sans issue

On est révolté par la façon dont l’histoire se termine. Ce n’est pas ici le lieu de révéler la fin de l’histoire, nous allons laisser les lecteurs la découvrir tout seuls. Mais le moins que l’on puisse dire est que le destin de l’héroïne Dabassia est tragique.

On aurait aimé qu’il y ait des lueurs d’espoir, que Dabassia, après ses mésaventures du village et ses misères de la ville, finisse par s’en sortir par le concours des circonstances. Mais ça ne se passe pas comme ça. La fin est trop sombre. C’est peut-être parce que Djénéba Fotigui Traoré a voulu faire une description réaliste de la réalité sociale.

Le message est donc clair : notre société ne donne pas aux gens qui n’ont pas fait d’études, et surtout aux femmes, les moyens de s’en sortir. Nous avons donc besoin de plus de justice, d’empathie et de solidarité envers les plus faibles.

Source: benbere
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