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Le Delta du Niger : Où est l’Etat ?

Triste sort, spectacle désolant. La boucle du Niger est bouclée. Le delta central du Niger offre une triste désolation. Dans ces zones – là, ce que j’ai vu, c’est inquiétant. Les populations abandonnées à elles-mêmes ne savent plus où partir.

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C’est la débandade, l’exode vers les lieux plus sûrs tels ces hébreux fuyant l’Egypte. Quelle démission ! L’Etat n’existe pas, les symboles de l’Etat n’existent pas. Tout semble indiqué qu’on est dans une jungle où les plus forts font régner la terreur au point de vouloir manger les autres. Voici un voyage difficile mais j’ai compris qu’en de telles circonstances, il faut faire le caméléon, être avec eux pour les connaitre mieux. Chez nous ici, on parle de rentrée scolaire, on voit des enfants contents et fiers d’aller à l’école. Pas d’école là-bas, la rentrée scolaire, ce n’est pas leur problème. Tout juste des écoles coraniques où on entend les éternelles litanies des talibés prêts à être endoctrinés. Ah l’Etat, où est-il ? Pas d’administration parce que le commandant ne veut pas y aller. Pas de gardes, pas de gendarmes, pas de militaires parce qu’ils sont les première cibles de ces djihadistes invétérés. Pardon, de ces bandits armés. Le juge, il est absent parce qu’on n’a pas besoin de lui. Seule la charia y prévaut. Dans ces zones, j’ai entendu, j’ai vu, on ne jure que par le nom d’Amadou Koufa. Est-ce par conviction, allons y le savoir. Ces djihadistes même si certains religieux ne veulent pas de cette appellation, ces djihadistes pillent, traumatisent les populations. Mais souvent, ils se montrent très diplomates en sympathisant avec ces mêmes populations. De Tenenkou à Youwaro, de Koro aux encablures de Djenné, ces criminels ne se cachent même pas parce qu’ils se sentent forts. Les propos de ce vieux prêcheur dans un hameau de pêche  non loin de Youwarou sont très expressifs. Il en sort que les uns et les autres savent qui fait quoi mais personne n’ose dénoncer pour ne pas s’exposer à la vengeance de ces sbires. Pour le vieux somono, il lui a fallu envoyer ses enfants au sud parce que tous ceux qui parlent le bamanan sont considérés comme complices ou bien indicateurs de l’armée malienne. Ces djihadistes se comportent comme en territoire conquis. D’ailleurs pour eux, cela est irréversible parce que, aucune force ne pourra les déloger.

Il y a lieu d’interpeller les autorités parce ce qu’elles ont l’obligation de protéger les populations. Si cela doit durer dans le temps, ces gens-là vont fixer leurs racines et tout sera impossible. Il faut savoir agir quand il est temps car il y aura un temps où ce sera tard. Si on ne prend garde, les populations seront obligées de composer avec eux  parce qu’elles n’ont pas d’autres alternatives.

Il faut faire en sorte que les cris de ces populations ne  soient pas ceux d’un homme qui crie dans le désert.

M.M. Dembélé

 

Source: Ségou Tuyè

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