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Lanceni Balla Keita parle à son grand-frère IBK sous surveillance des militaires

Bonjour mon cher grand frère Ladji Bourama ! C’est ton jeune frère Lanceni Balla KEITA. Comment vas-tu après ton retour des Emirats pour une question de santé ? Si tu es en bonne santé, c’est déjà bien, car la santé avant tout, a-t-on l’habitude de dire. Je te rappelle que le fait d’échapper à la prison et à la mort est déjà un fait très précieux, que chacun de nous recherche à tout moment.

Mon cher grand frère, je te rappelais chaque fois, que sous le roi Damonzon de Ségou qui a accédé au trône de Ségou en 1808 après le décès de son père Monzon Diarra, disait pendant son règne  qu’un roitelet  pouvait ne pas venir tôt à Ségou, mais, tous y viendraient de gré ou de force un jour ou un autre. Au moment où j’écrivais à mon cousin ATT à Dakar, je vous avais alerté sur cette pratique de Damonzon en politique. J’espère que tu te rappelles encore de ces écrits qui, en principe, devraient sonner dans tes oreilles à chaque levée du soleil.

Mon cher frère, c’était tout simplement pour te mettre en garde contre la situation que tu vis maintenant. Elle ne devrait pas t’arriver, tellement tu as été mis en garde.

Je t’ai même écrit pour te dire que si tu n’arrivais pas à prendre les affaires de la République à bras-le-corps, qu’il fallait démissionner dès à présent pour garder votre loyauté envers le peuple malien meurtri suite aux évènements d’avril 2012 au nord de notre pays. Nous savions que les mêmes causes produisaient les mêmes effets. Mais malheureusement, je n’ai pas été écouté, car ton accès a été fortifié par ceux-là même qui n’ont pas participé à la lutte politique pour l’avènement de ton parti politique aux affaires, ceux-là même sont devenus des chiens de garde très méchants contre tous.

Mon cher frère, c’est de cette manière que tu es demeuré dans une forteresse pour éviter tout contact avec le monde,  même tes ministres et Premiers ministre. C’est à partir de cette posture que la gestion de l’Etat t’a échappée et le peuple a été ensuite déçu, y compris nos sages au Mandé.

Certains m’ont dit que ta façon de quitter le pouvoir ressemble à celui de Kalifa Keïta, un des descendants de nôtre ancêtre lointain, fondateur de l’empire du Mali en 1236. En effet, ce Kalifa, à cause de son insouciance et de son incapacité à réaliser les rêves des populations, a été rejoint au palais royal par les mêmes populations mandingues pour l’abattre à froid. Son règne  n’a duré que deux ans, de 1274 à 1275.

Tu as failli avoir le même sort que notre ascendant Kalifa Keïta ; car le jour où on t’arrêtait dans ton palais de Sébénicoro, j’ai vu les jeunes fougueux se mélanger aux militaires venus t’arrêter. C’est l’image de l’arrestation de Kalifa qui m’est venue à l’idée. Pour toi aussi, cher frère, c’était la fin d’une vie royale, dans un pays où rien n’allait. Je m’en veux pour preuve, tu n’étais pas au même niveau que ton peuple, contrairement à ce que Portalis, le père du Code civil français, préconisait pour bien diriger un peuple.

Même la déclaration de ton patrimoine au peuple n’a pas été faite dans la transparence. Ta considération envers ton peuple a été la portion la plus congrue pendant ta gouvernance. J’ai vu dans ce comportement l’image d’un homme dont l’ambition était vaille que vaille traverser le  fleuve, une fois arriver sur ses lieux, souhaiter que la pirogue se casse en deux, et pour la suite que chacun se débrouille.

Mon cher frère, il n’est pas inutile de te rappeler de quoi le Mali était malade sous ta gouvernance :

– Tu as eu la même feuille de route sans évolution positive en sept ans de gouvernance ;

– l’école malienne a été prise entre le marteau de l’article 39 et l’enclume du Covid-19, nous faisant perdre une année scolaire avant de revenir à la raison, mais il était trop tard ;

– tu as accepté la partition du Mali avec la signature de l’Accord d’Alger de 2015. Malgré nos mises en garde, tu as osé et même demandé à ton ministre de parapher ledit accord sur place, sans aucune autre considération ;

– après, kôrô Salif Keïta, le rossignol de notre Mandé, nous a fait savoir que tu es Français et qu’à ce titre, tu défendais plus les intérêts de la France que ceux de ta patrie d’origine, les Maliens ne le savaient pas avant l’élection présidentielle de 2013.

Je comprends maintenant pourquoi même pendant les moments chauds au nord, où nos braves FAMa avaient des difficultés pour combattre les ennemis du Mali, tu avais fait garder secrètement les clés de quelques hélicoptères qui pouvaient encore voler et donner l’avantage aux FAMa dans la mission de récupération du territoire national pour les Maliens.

Nous, tes frères, avons tous eu honte de tout cela maintenant, car tu n’as pas voulu nous écouter.

Le plus grave a été la manifestation du concept de « ma famille d’abord » dans ta gouvernance. C’est ce principe qui a « foutu ta gouvernance en l’air », entrainant du coup la déception du peuple malien.

Et pourtant ton frère et ami Mahmoud Dicko a toujours pris sur ton temps pour non seulement te conseiller, mais te mettre également sur le bon chemin de la gouvernance d’un pays en crise sécuritaire.

Malheureusement, tu ne l’as pas écouté. En plus, tu l’as driblé des deux pieds jusqu’à ce que le front anti-IBK se soit constitué à Nioro du Sahel, chez le Chérif Bouillé, le seul marabout au Mali, descendant du prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui), possédant par conséquent la baraka. J’ai compris à partir de cet instant que ton deuxième mandat sera un de trop pour toi et le Mali.   Ta désignation comme le grand gagnant du scrutin d’août 2018 a été par la volonté de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga et des observateurs internationaux qui disent ‘’Tiou’’ et ‘’Tia’’ à la fois dans leur rapport sur les élections. Pour en savoir plus sur le sort de ce deuxième mandat, j’ai sondé le petit Diola Bakayoko, une étoile montante en géomancie au Mandé, mais habitant à Siby. Ce dernier m’a dit ceci : « Sois soucieux pour le deuxième mandat de notre frère. Il ne le terminera pas. S’il le termine, je bannis ma profession à jamais, je dirai que la géomancie n’est plus une réalité ». J’ai beaucoup douté de sa prophétie, mais voilà que deux ans après, la prophétie de petit Dio de Siby s’est réalisée.

Je me suis dit que si ce départ libérait le Mali et les Maliens, que le bon Dieu nous donnera quelqu’un de meilleur qui se souci du Mali, car tout ce que Dieu fait est bon.

Le petit Dio m’a également révélé que lors de la présence d’IBK à la cérémonie de campagne électorale, le vendredi 20 juillet 2018 à Siby, sa Chéchia rouge, signe de pouvoir, est tombée par terre sur les lieux de cérémonie. Pour le petit Dio, il ne devrait plus porter cette chéchia. Il  y a un protocole bien défini pour de pareilles situations au Mandé. Il ne le savait pas et ses hôtes ont eu du scrupule pour l’informer, car il se disait trop pressé et qu’il devait respecter son programme.

Mon cher frère, c’est un cahier que j’ouvre désormais pour faire le bilan de ta gouvernance, mais une seule lettre ne suffit pas pour ce faire. Je prendrai le temps qu’il faut pour ce faire.

Vu ton état de santé fragile et tes pleurs très lourdes en ce moment, je termine la présente en espérant que tu me liras avec beaucoup d’attention et de discernement. Malgré ma mise en garde bien avant  malheureusement ta gouvernance est arrivée sur les terres de Damonzon en août 2018, après celle d’ATT en avril 2012.

Le roi Damonzon avait raison que l’histoire de sa gouvernance soit relatée et enseignée aux  générations futures de dirigeants maliens.

Mon cher grand frère, bon repos à

Ségou sur île de Damonzon !

Lanceni Balla KEITA

Ancien Ministre

Ancien Député National

Ancien Député Panafricain en Afrique du Sud

Source : Alerte 24

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