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LA LIBYE VEUT RÉCUPÉRER LES 67 MILLIARDS DE DOLLARS PRÊTÉS PAR KADHAFI AUX PAYS AFRICAINS

Le chef du gouvernement d’union nationale libyen, Fayez al-Sarraj, souhaite renflouer les caisses de l’Etat libyen qui ne sont plus aussi remplies comme autant de l’ère Kadhafi.
Ainsi, des procédures sont engagées dans plusieurs pays africains pour récupérer les prêts accordés par l’ancien régime et les participations du fonds souverain libyens.

Il faut dire que la manne est colossale. En effet, selon les estimations, les sommes prêtées par Kadhafi et les prises de participations des fonds libyens dans des entreprises et projets en Afrique, l’Afrique du nord compris, sont évaluées à 67 milliards de dollars. Parmi les plus grands bénéficiaires de ces prêts et investissements figurent l’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Niger.

Pourquoi ce soudain intérêt pour récupérer ce pactole?. La première est logique. Tripoli n’a plus les ressources financières d’antan. La production pétrolière n’est plus ce qu’elle était et l’insécurité et le manque d’entretien des installations font que les recettes pétrolières demeurent faibles comparativement aux besoins d’un pays en reconstruction. Du coup, la Libye est dans une situation économique difficile.

Ensuite, il y a le gel des avoirs libyens par la communauté internationale peu encline à débloquer des fonds qui risquent d’alimenter la guerre entre les milices, poussant le rgime à se tourner vers les fonds prêtés ou investis en Afrique.

Par ailleurs, une course est lancée avec le gouvernement parallèle de Tobrouk qui a aussi engagé des procédures en direction de plusieurs pays africains pour récupérer l’argent prêté par le régime de l’ancien guide libyen Kadhafi.

Seulement, comme c’est le cas au niveau des pays occidentaux, il sera difficile de mettre la main sur tout ce pactole et ce pour plusieurs raisons. D’abord, al-Sarraj n’est pas le seul intéressé par ce pactole.

Ensuite, suite à la chute du régime libyen et la mort de Kadhafi en 2011, dans plusieurs pays africains, des sociétés à participation libyenne ont été soit liquidées, soit nationalisées.

En outre, dans certaines capitales africaines, certains dirigeants avancent ne pas être responsables des prêts contractés dans des conditions parfois opaques durant les années 1990 et 2000 entre leurs anciens régimes et celui de Kadhafi.
Face à cette situation, des procédures judiciaires sont engagées par le gouvernement al-Sarraj pour récupérer ces entreprises et rapatrier les revenus.

Face à cette situation, le gouvernement libyen se dit prêt à négocier avec les pays africains pour des rééchelonnements et même  à faire des concessions sur les intérêts sur les prêts.

Reste que, dans le contexte actuel, il est très peu probable que cette volonté de récupérer cette manne puisse aboutir dans l’immédiat tant que les rivaux libyens –Fayez al-Sarraj et Haftar- ne mettent pas un terme à leur différend.

Le 05/05/2018 Par Karim Zeidane

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