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Irrigation de proximité : Des micro-barrages pour booster la production agricole

Ces ouvrages ont été réalisés par le partenaire allemand dans certaines localités des Régions de Bougouni, Sikasso et Koutiala pour le bonheur des populations bénéficiaires.

Le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar, accompagné d’une forte délégation, composée notamment du coordinateur de l’équipe de l’ingénieur conseil IPRO-IRRIGAR, Arie Van Kooten, du directeur national du génie rural, Aghatam Ag Alhassane, a effectué une visite de terrain du 7 au 9 décembre 2019 dans les Régions de Bougouni, Sikasso et Koutiala.
L’objectif de cette visite de trois jours était la remise officielle des micro-barrages hydro-agricoles réalisés dans le cadre du Programme national d’irrigation de proximité (PNIP). En effet, IPRO-IRRIGAR est un programme qui vise à renforcer la sécurité alimentaire et l’état nutritionnel des populations par l’accroissement, la diversification de la production agricole, l’amélioration et l’accessibilité aux produits issus de l’irrigation de proximité.
Pour ce faire, la délégation s’est rendue successivement à Dialakoro (Commune rurale de Kéléya, Cercle de Bougouni), Lofigué et M’Pegnesso (Cercle de Kadiolo), tous situés dans les Régions de Bougouni et Sikasso. Ensuite, elle s’est rendue à Koumbri et Nampossela (Cercle de Koutiala, Région de Koutiala), où elle a procédé comme dans les localités précédentes à l’inauguration des micro-barrages réalisés par le programme IPRO-IRRIGAR.
Il faut rappeler que le coût de réalisation des ouvrages agricoles a été partagé entre le financement des partenaires notamment allemand, le gouvernement et la participation villageoise en deux volets, d’une part la participation financière de 750.000 Fcfa par village et d’autre part la participation physique en termes d’apport de la main d’œuvre aux travaux d’aménagement.
La délégation s’est rendue au village de Dialakoro, Commune rurale de Kéléya, Cercle de Bougouni, où elle a visité le site du barrage hydro-agricole de Dialakoro. Cet ouvrage a pour objectif d’assurer d’une part la liaison Dialakoro-Famana et d’autre part d’assurer le stockage du plan d’eau pour les besoins agricoles et l’abreuvement des animaux. Le coût total des travaux est de 50.294.240 Fcfa financé par la BMZ et l’Union européenne à travers KFW.

Après cette étape, la délégation a marqué un arrêt dans l’enceinte de la direction régionale du Génie rural de Sikasso. Ici, le directeur régional Mohamed El Béchir Sokona, a expliqué les expérimentations pratiques effectuées sur la parcelle de démonstration de 0,50 hectare conçue pour faciliter la bonne lecture de l’irrigation de proximité d’une part, et d’autre part initier, préparer et faciliter l’insertion des jeunes diplômés à travers 5 techniques de distribution de l’eau ou d’arrosage. Il a, aussi, ajouté qu’actuellement, 27 jeunes diplômés sans emploi, dont 7 de la direction régionale de l’Agriculture font leur stage de qualification à travers les techniques modernes de l’irrigation (conception et réalisation).
Après cette escale technique, la délégation ministérielle s’est rendue sur les sites des barrages hydro-agricoles de Lofigué et de M’Pegnesso (Commune rurale de Kadiolo, Région de Sikasso). À Lofigué, la superficie exploitable du barrage hydro-agricole est de 302 hectares, pour 253 bénéficiaires (exploitations agricoles familiales). Le coût total des travaux est de 565.841.000 de Fcfa financés par l’UE, l’Allemagne et le Mali. De là, la délégation ministérielle a poursuivi son périple dans le village de M’Pegnesso, Commune rurale de Dioumaténé, Cercle de Sikasso. La superficie exploitable du bas-fond est de 94 hectares, les bénéficiaires sont au nombre de 220 exploitations agricoles familiales. Le coût total est de 55.826.940 de Fcfa.
Après les Régions de Bougouni et de Sikasso, elle s’est rendue, le lundi dernier, sur les sites du mico-barrage hydro-agricole de Koumbri et de Nampossela (Cercle de Koutiala). Le village de Koumbri, Commune rurale de Yognogo, cercle de Koutiala. Le bas-fond comme les autres est destiné aux activités de maraîchage de contre saison, de riziculture pluviale, à la recharge de la nappe phréatique et à l’abreuvement des animaux. Le coût total est de 96.144.241 de Fcfa financé par l’USAID à travers la KFW. Le village de Nampossela (Commune rurale de Sincina, Cercle de Koutiala) dispose d’un bas-fond de 20 hectares, financé à hauteur de 101.775.238 de Fcfa.
Il faut souligner que le ministre a procédé dans les localités visitées à la remise officielle des ouvrages aux bénéficiaires. Ainsi, la représentante de l’Association des femmes de Nampossela, Djénéba Dembélé, s’est réjouie de l’acquisition de ce barrage. Elle a soutenu que le barrage permettra aux exploitants, surtout les femmes de produire pendant l’hivernage et pendant la contre-saison les produits maraîchers. « Nous serons à mesure de faire face à beaucoup de nos dépenses familiales », a-t-elle renchéri avant de remercier chaleureusement le programme et le chef du département pour la réalisation de cet important ouvrage.

Le directeur national adjoint du Génie rural, Moussa Ben Issack, Diallo, a expliqué que le programme a réalisé 46 ouvrages hydro-agricoles qui ont été réceptionnés définitivement. Grâce à ces ouvrages, la disponibilité de l’eau d’irrigation devient permanente et les populations bénéficiaires peuvent produire de façon sécurisée aussi bien pendant l’hivernage qu’en contre saison jusqu’à 2 à 3 cycles de productions. Sur ces ouvrages, l’empoissonnement des alevins est effectué afin d’assurer la pisciculture. Cette activité permet de valoriser davantage ces aménagements hydro-agricoles. Le poisson étant une denrée riche en protéine, il entre dans l’alimentation des ménages comme un apport de nutrition bien équilibrée pour les ménages ruraux, a développé le directeur national adjoint du Génie rural. Au-delà de ces systèmes d’aménagements, il a été réalisés des ouvrages qui ont deux vocations, à savoir la retenue de l’eau, mais aussi le désenclavement du village bénéficiaire avec plusieurs autres villages voisins pour faciliter leurs accès aux marchés. Le programme a réalisé aussi des magasins de conservation pour permettre une meilleure conservation et commercialisation des produits.
Le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar s’est dit satisfait des résultats du programme IPRO-IRRIGAR qu’il a qualifiés de projet de société qui permet d’apporter l’eau aux populations et aux collectivités. Il a souligné que la Région de Sikasso « dispose de 300.000 hectares aménageables sur lesquels ont été aménagés 34.000. À travers ce projet de solidarité, on peut amener l’eau au niveau des collectivités et désormais prouver qu’on peut produire du riz en dehors des zones qui sont sur les grands cours d’eau. Il a exhorté les bénéficiaires à prendre soin de ces joyaux et à assurer leur entretien à temps.

Envoyé spécial
Yacouba TRAORÉ

Source: Journal l ‘Essor-Mali

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