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Guimbala Kéïta promoteur du «Bla Bla» de Badalabougou : «La fermeture des restaurants et boîtes de nuit est une vraie catastrophe»

Guimbala Kéita est le promoteur du restaurant et night club «Bla Bla» de Badalabougou. Il pense que la fermeture des restaurants et des boîtes de nuit est une vraie catastrophe et sollicite l’aide des autorités. Il évalue ses pertes à 30 millions de FCFA et affirme n’avoir plus le moyen de faire face à la situation.

Nouvelle Libération : Quelle est votre réaction face à la fermeture des restaurants et des boîtes de nuit ?

Guimbala Kéïta : C’est d’abord une situation que l’on déplore tous. C’est dû à un virus. Comme on dit : la santé avant tout. Mais hormis cela, c’est une catastrophe de l’autre côté. C’est une vraie catastrophe. D’abord, la fermeture des restaurants et des boîtes de nuit a été brusque et brutale.

Nous n’avons pas été prévenus. On a fermé du jour au lendemain. On a fermé vers le 17 avril. C’est-à-dire bien avant l’instauration du couvre-feu. Les restaurants et les boîtes de nuit emploient à peu près une quarantaine d’employés ; si bien que l’entreprise se retrouve en chômage technique avec des familles à nourrir. Ce qui n’est pas facile du tout.

Quelles sont les conséquences de la fermeture des restaurants et des boîtes de nuit ?

Guimbala Kéita : Les conséquences, ce sont d’abord le personnel. Toutes les personnes qui travaillent dans l’entreprise ont une bouche à nourrir. Même celui qui suit le promoteur n’est pas épargné. C’est très compliqué. Nous sommes à un mois d’arrêt de travail. Aujourd’hui, tous nos revenus et entrées d’argent sont à terre. Nous sommes ici sans rien savoir.

On ne sait même pas comme ça va se passer demain. Parce qu’à ce rythme, il ne sera pas facile de rouvrir encore. Et puis, nous avons des charges fixes que nous sommes obligés de payer. Il s’agit en l’occurrence du loyer, de l’énergie et de l’eau. Tout cela n’est pas facile à gérer.

Est-ce que vous arrivez à payer vos employés ?

Guimbala Kéïta : Ah non ! Je n’arrive plus. Je suis dans le social. Quand ça ne va pas chez quelqu’un, j’essaie de faire un geste comme je peux. Heureusement que j’ai une équipe trop solidaire. Ils ont vu la situation et ont accepté d’aller en chômage technique. Maintenant quand la reprise se fera, on reviendra dans les normes.

À combien est-ce que vous évaluez les pertes liées à cette situation ?

Guimbala Kéïta : Les pertes sont énormes de la fermeture à maintenant. Nous avons perdu aujourd’hui 100% de notre chiffre d’affaires, évalué mensuellement à plus de 30 millions de FCFA (restaurant plus boîte de nuit). Imaginez un peu ! De 30 millions à zéro franc. (Il observe un long silence puis continue. Son regard vide laissait transparaître tout son désarroi). Ce n’est pas facile.

Vous semblez être abattu, mais qu’attendez-vous des pouvoirs publics ?

Guimbala Kéïta : On veut que l’Etat nous vienne en aide, en nous aidant financièrement. (Il perd son souffle et ne peut plus contenir sa colère). Il faut que les gouvernants essaient de voir comment ils peuvent aider un peu les uns et les autres, même s’il faut faire au cas par cas. Il s’agit d’essayer de voir comment on peut les aider financièrement avec de l’argent frais ou même les aider auprès d’une banque. Il faut trouver un moyen d’aide obligatoire. Sinon ce n’est pas bon.

Mais est-ce que vous demandez concrètement un dédommagement ?

Guimbala Kéïta : Si ! Dans le cadre des mesures d’aides économiques annoncées par le chef de l’Etat dans son adresse à la Nation, le patronat nous a envoyé des questionnaires que nous avons remplis. C’était des questions du genre : combien nous gagnons avant la fermeture ? Comment est-ce que nous évaluons nos pertes ? Il y avait des questions au sujet du chômage et qu’est-ce qu’on propose pour qu’on nous vienne en aide. Ces questions ont été répondues et envoyées au Patronat. Et on attend. Je suppose que c’est le patronat qui va piloter le dossier.

En tous les cas, on a répondu aux questions et envoyé le questionnaire et on attend. Espérant que cela aboutisse à quelque chose. Ce n’est pas bon si on n’a pas une aide financière.

Quel est votre cri du cœur ?

Guimbala Kéïta : J’aimerais d’abord qu’on puisse s’en sortir de cette affaire. Je souhaite prompt rétablissement aux malades et paix à l’âme des disparus. Cela dit, le secteur de l’hôtellerie et de la restauration crée énormément d’emplois au Mali. Il y a beaucoup de personnes qui sont déjà démunies à travers cette crise.

Si nous, demain, on n’arrive pas à se relever c’est une crise encore qui sera encore pire que la crise sanitaire. Parce que des personnes affamées peuvent commettre beaucoup de dérives. Un chef de famille qui n’arrive pas à nourrir ses enfants est capable de tout faire. Que Dieu nous en garde !

C’est pourquoi je souhaite que l’Etat puisse voir au cas par cas, venir en aide au secteur, pour qu’on ne puisse pas sombrer définitivement. Parce que si les choses continuent à ce rythme, nous ne pouvons pas tenir. S’il faut continuer à faire face aux charges fixes, nous ne pourrons pas. Nous n’avons plus de ressources.

Nous sommes en train de jongler comme on peut. Mais vraiment, ce n’est pas facile. C’est vraiment cela mon cri du cœur à l’endroit des autorités. Il faut qu’elles essayent de voir comment elles peuvent nous aider.

J’appelle de tous mes vœux la reprise des activités pour que l’on puisse travailler. Sinon, c’est une catastrophe. Je suis là à tourner en rond à ne rien faire. C’est une catastrophe et ça rend fou.

Abdoul Madjid Sanogo

Nouvelle Libération

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